Malgré de petits incidents qui s’apparentent plus au banditisme, comme l’a dit M. Alan Doss, chef de la Monuc au cours d’un point de presse, le processus de paix est mis à mal par des groupes armés qui se livrent à des escarmouches au Nord -Kivu en s’attaquant parfois aux FARDC.

Selon la radio onusienne, des tirs ont été entendus dans les villages de Kaseghe, Lukuka, Matende et Makofi, à 2 kilomètres de Kibakwa, hier jeudi 13 mars. Il s’agit, selon la même source, des affrontements qui opposaient les éléments de la 15ème brigade des FARDC basés à Kaseghe aux Maï-Maï du Pareco.
D’après les témoignages d’un commandant Pareco de Kaseghe, les tirs ont repris lorsqu’une partie d’éléments de la 15ème brigade intégrée des FARDC voulaient désarmer de force un groupe du Pareco retranché à Kaseghe en territoire de Masisi. Pendant l’opération, les soldats des FARDC ont arrêté une dizaine de Maï-Maï. Les éléments du Pareco ont fui vers d’autres positions pour échapper à ces arrestations.
Ce mouvement de repli du Pareco a provoqué la panique au sein des habitants de ces localités. Ces derniers ont cru à une attaque, a précisé le commandant du Pareco. Les écoles ont été fermées, toutes les activités paralysées et les habitants ont immédiatement quitté leurs champs.
La Monuc enquête
La veille, les FDLR de Rudi avaient pris le contrôle du village de Kibakwa et auraient tout pillé sur leur passage. Ils ont emporté du bétail et d’autres biens avant de se retirer à Kanyati. Le bilan était de 7 morts, selon l’AFP, qui cite le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole militaire de la Monuc. « Sept personnes ont été tuées et six blessés par balles dans la nuit du 11 au 12 mars à Kibabi », un village situé à une cinquantaine de km de Goma, a-t-il déclaré. Avant d’ajouter qu’il y a des enfants parmi les victimes précisant que des témoignages d’habitants attribuaient cette tuerie à des miliciens locaux « Maï-Maï des Pareco » (Patriotes résistants congolais).
« Les Casques bleus de la base mobile de Rubaya (à quelques kilomètres de Kibaki) ont entendu des tirs dans la nuit. Ils se sont rendus en patrouille dans le village dès le 12 mars au matin. Ils ont vu les corps des morts et les blessés », a encore expliqué le porte-parole militaire de la Monuc. Par ailleurs, le chef de groupement de Kibabi, M. Ngedo Muhabura, joint au téléphone par l’AFP, a confirmé que le bilan était d’au moins sept morts, mais qu’il pourrait être plus élevé. Il y a huit personnes qui sont portées disparues dans le village. On ne sait pas si elles ont fui où si elles ont été tuées », a-t-il expliqué, précisant que les recherches se poursuivaient autour du village, dont certains habitants ont fui après l’attaque.
« Ce sont des combattants des Pareco qui ont tué la population de Kibabi. C’était dans la nuit. Nous ignorons pourquoi ils ont fait ça. Mais souvent, ils accusent la population d’être de connivence avec le CNDP », le Congrès national de la défense du peuple du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda, selon M. Muhabura. Joint par l’AFP, le porte-parole des Pareco, Sendugu Museveni, a nié l’implication de son mouvement dans ce massacre : « Le Pareco n’a rien à voir avec ça. Nous ne contrôlons pas cette zone de Kibabi, qui est sous le contrôle du CNDP », a-t-il affirmé. Entre-temps, la Monuc a annoncé l’ouverture d’une enquête.
Cette tuerie intervient moins de deux mois après le massacre d’au moins 30 civils dans des villages du Nord-Kivu situés dans le territoire de Masisi, non loin de Kibabi, qu’une enquête de la Monuc a attribué à des éléments du CNDP.
(Th)
Eyenga Sana/Le Potentiel
Last edited: 14/03/2008 16:32:14