Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 07/09/2008 1:58 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
Plus que quelques heures pour que prennent fin les vacances parlementaires et que soient relancées les séances cette fois de la session ordinaire de mars des deux Chambres du Parlement avec des prévisibles dossiers brûlots qui vont exiger le plus fin doigté des présidents des dites chambres. L’article 115 de la constitution fixe la première session ordi­naire du 15 mars au 15 juin, c’est donc pour très bientôt que  s’ouvre la double session par­lementaire. L’Assemblée nationale et le Sénat. D’où la séance de travail que les pré­sidents des deux chambres, en chair et en os, ont eue mardi dernier au Palais du peu­ple en vue d’harmoniser le ca­lendrier des travaux et, surtout, apaiser une rentrée qui s’an­nonce chaude en raison du caractère sensible des arriérés législatifs, mais aussi de nou­veaux dossiers qui s’ajoutent à ceux, demeurés brûlants, de l’année dernière.

Bundu dia Kongo et Ne Muanda Nsemi

Actualité oblige, le dos­sier Bdk pourrait requérir un traitement en urgence parce qu’il va falloir répondre à deux questions de fond. La première sur la nature du mouvement; la seconde sur la qualité de député national de Ne Muanda Effectivement, Bdk refuse jusque-là de se détermi­ner. Il se veut à la fois une or­ganisation religieuse et une or­ganisation politique. Or, l’article 1er de la Constitution con­sacre la laïcité de la RDC et la loi n°04/002 du 15 mars 2004 toute assimilation des partis politiques à des organisations religieuses. De ce point de vue déjà, Bdk n’est pas une orga­nisation politique. A l’alinéa  de son article 5, cette loi dis­pose que « Dans leurs créations, organisation et fonctionne­ment, les partis politiques veillent à leur caractère natio­nal et ne peuvent ni s’identifier à une famille, à un clan, à une tribu, à une ethnie, à une pro­vince, à un sous-ensemble du pays, à une race, à une religion, à une langue, à un sexe à une quelconque origine ni instituer toutes discriminations fondées sur les éléments ci-dessus ».

Donc, Bdk a tout d’une organisation religieuse. Seule­ment voilà il fonctionne en plus en violation de la Consti­tution des lois qu’il entretient au travers de ses « Makesa » quelque chose de semblable à des formations militaires, pa­ramilitaires ou des milices pri­vées » ou à « une jeunesse armée ». (article 190).

En ce qui le concerne, Ne Muanda Nsemi s’est volon­tairement défait de sa nationa­lité congolaise pour en avoir ap­pelé à la balkanisation du  pays. Dans son interview Rfi, répon­dant à la question de savoir s’il revendiquait l’indépendance du Bas-Congo, il s’est clairement prononcé pour un Etat fédéré réunissant les Bakongo de la RDC, de l’Angola, du Congo-Brazzaville et du Gabon ! Ce qui a pour conséquence logi­que de lui faire perdre la natio­nalité congolaise et son mandat de député national !

Loi sur l’Amnistie

Actualité oblige également, le cas Nkunda  pourrait requérir le même trai­tement en urgence. Signataire, par le Cndp interposé, de l’Acte d’Engagement issu de la Con­férence de Goma, le général démissionnaire attend de la partie institutionnelle (Gouver­nement et Parlement) l’édiction de la loi sur l’amnistie. Pour rappel, le Gouvernement a eu 5 engagements avec les grou­pes armés congolais dont le premier consiste à présenter au Parlement le projet de loi dont question ;

Dans une interview à Rfi avant-hier, il dit n’avoir jamais été accusé de crimes de guerre. « Je n’ai jamais commis un crime de guerre, donc je suis confortable dans cette amnis­tie. Ils ont parlé d’un mouve­ment insurrectionnel, c’est cela l’infraction », a-t-il déclaré, ajou­tant au sujet du mandat lancé contre lui à la suite des événements de Bukavu en 2004 qu’il n’a pas été renouvelé » et que « il est nul et sans effet » !

Il n’empêche qu’au-delà des considérations d’ordre politico-juridico-judiciaire, il y a la tragédie humaine occasionnée au Kivu par ceux autour de qui gravitait Nkunda et ceux qui gravitent autour de lui. Selon les ong humanitaires internationa­les, la guerre du 2 août 1998 avec ses « dérivés » ont fait près de 5.600.000 morts pour causes directes ou indirectes. Un vrai génocide quand on ap­plique le principe établi par Ryszard Kapuscinski dans son ouvrage « Un siècle de bar­bare ». Ce chercheur dit du génocide qu’il... est un acte criminel prémédité, systémati­quement organisé et mis en oeuvre, avec pour objectif l’ex­termination des communautés choisies selon des critères de nationalité, de race ou de reli­gion ». Au Parlement, des voix pourraient se lever pour condi­tionner l’amnistie à laquelle pré­tend Laurent Nkunda.

Décentralisation et Magistrature

En ce qui concerne les Lois sur la Décentralisation et sur le Conseil supérieur de la magistrature, il est important de rappeler que «la première est déjà malmenée par l’action ju­diciaire ouverte à charge de la loi budgétaire pour l’exercice 2008 tandis que la seconde énerve le corps judiciaire à la suite des nominations et mises à la retraite opérée au sein de la magistrature. L’auteur de la demande d’abrogation totale de la loi budgétaire pour « inconstitutionnalité » est l’honora­ble sénateur Vincent de Paul Lunda Bululu. Pourtant, la loi sur la Décentralisation sur laquelle devra s’appuyer la loi budgétaire est encore sous examen au Par­lement. On s’attend à un débat intellectuel fort éloigné des pré­occupations premières du ci­toyen.

Quant à la loi sur le Csm, elle est également sous examen au Parlement. Elle fait cepen­dant parler d’elle depuis la pro­mulgation des ordonnances pré­sidentielles du 9 février 2008. Le débat, tout aussi intellectuel, portera sur la fonctionnalité du Csm sans les lois organiques portant organisation et fonction­nement de la Cour constitution­nelle, de la Cour de cassation et du Conseil d’Etat.

En effet, à l’article 152 relatif à la composition du Csm, la Constitution prévoit parmi les vingt membres de cet organe le Président de la Cour constitu­tionnelle, le Procureur général près la Cour constitutionnelle, le Premier Président de la Cour de cassation, le Procureur gé­néral près la Cour de cassation, le Premier Président du Conseil d’Etat et Procureur général près le Conseil d’Etat. Or, ces magistrats n’existent pas étant donné que les ordres au sein desquels ils sont censés évoluer n’existent pas non plus! Le Parlement devra s’at­tendre à des Cicéron, Demos­thène, Isocrate, Eschine et autres Antiphon pour soutenir ou non la thèse de la violation de la Constitution par le président de la République.

Sort des rapports des missions d’enquêtes

On se souviendra qu’au cours de l’année 2007 - la pre­mière de son fonctionnement- le Parlement a initié une bonne dizaine d’enquêtes dont, parmi les plus connues, celles relatives à Kahemba au Bandundu, à Katanda et au crash de Kingasani. Fait curieux: même quand il a été question d’en débattre à huis clos, cer­tains rapports sont demeurés « muets »! Le cas du rapport Bdk est des plus édifiants puis­qu’il a fallu les derniers événe­ments au Bas-Congo pour qu’on entende Ne Muanda Nsemi évo­quer la recommandation parle­mentaire d’une table ronde sur le Bas-Congo !

A l’occasion de la ses­sion qui s’ouvre demain, il est déjà sûr et certain que les dé­putés nationaux ou les séna­teurs vont réclamer des éclair­cissements sur les raisons pour lesquelles ces rapports des mis­sions sont couverts d’une grosse chape de silence. Pre­mière patate chaude.

Quid du moratoire sur la double nationalité

On se souviendra aussi que la motion sur la double na­tionalité a été la première à « saluer » la session extraor­dinaire consacrée à l’installa­tion de l’Assemblée nationale en janvier 2007. Du nom du député national Mlc José Makila  -élu sur ces entrefai­tes gouverneur de la province de l’Equateur - cette motion avait failli faire de la chambre basse un mort-né quand on s’était rendu compte que les honorables visés étaient aussi bien à l’Amp et à l’Un que chez les Indépendants. Trois mois leur avaient été donnés pour se conformer à la loi. On en est maintenant au 14ème ! Avec la session de de­main, cette autre patate chaude pourrait revenir sur la table.

(Th)

OmerNsongo die Lema/L’Avenir

Last edited: 13/03/2008 16:27:43

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067