Trois soldats congolais, deux miliciens locaux et un rebelle hutu rwandais ont été tués samedi dans une fusillade qui a éclaté entre milices à Kashebere, un village du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo.

L’Acte d’engagement signé tout récemment à Goma a encore du mal à prendre de l’envol. Une fois de plus, les derniers accrochages enregistrés dans la ville de Goma prouvent que l’acte posé par Goma par diverses parties en conflit n’était qu’un simple chapelet de bonnes intentions.
« Trois soldats congolais, deux miliciens locaux et un rebelle hutu rwandais ont été tués samedi dans une fusillade qui a éclaté entre milices à Kashebere, un village du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo », a rapporté hier en fin de journée AFP, citant des sources policières. « Il y a eu des combats violents à Kashebere entre FDLR (rebelles hutu rwandais) et (miliciens locaux Maï-Maï) Pareco samedi soir », a déclaré à l’AFP Gilbert Mulinda, commandant de la police à Masisi, territoire dans lequel se trouve Kashebere.
« Le bilan est de six morts, dont trois militaires de la 85ème brigade, 2 combattants de Pareco et un FDLR. Il y a aussi quatre blessés, deux FDLR et deux Pareco », a-t-il poursuivi. Il a expliqué qu’une fusillade avait éclaté dans le village après que la femme d’un major des Patriotes résistants congolais (Pareco) eut tenté de dérober une chèvre à des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui traversaient le village avec un petit troupeau.
« Un combattant FDLR a ouvert le feu sur un garde du corps de la femme du major de Pareco », ce qui a déclenché les échanges de tirs, a-t-il indiqué. Il a expliqué que des militaires de la 85ème brigade, basés dans le territoire voisin de Walikale, mais alors « de passage à Kashebere », avaient riposté aux tirs FDLR.
La situation était revenue à la normale lundi et la population, « qui avait fui le village », commençait « à revenir ». Par ailleurs, le commandant Mulinda a signalé que des accrochages armés avaient opposé ce week-end des éléments de Pareco à des combattants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda à Muheto et Kalonge, des villages du territoire de Masisi. Il a dit ignorer la cause de ces heurts et n’avoir aucun bilan.
Depuis début 2007, les accrochages se poursuivent au Nord-Kivu entre groupes armés, en violation des « actes d’engagement » (comptant un cessez-le-feu immédiat) signés le 23 janvier dans la capitale provinciale Goma par tous les belligérants congolais. Dimanche, une « étape importante » a pourtant été franchie pour la mise en oeuvre des « actes d’engagement » des groupes armés de deux Kivu en faveur de la paix, selon Apollinaire Malumalu, coordonnateur du programme Amani (paix en swahili) dans la région.
A l’issue de deux jours de réunion, les groupes armés ont désigné des candidats au sein de commissions qui doivent être prochainement installées pour veiller au respect du cessez-le-feu et gérer, notamment, le désengagement des troupes sur le terrain et leur démobilisation.
Le Potentiel
Last edited: 11/03/2008 16:34:26