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Le coup de filet réalisé par les services secrets américains à Bangkok va indubitablement conduire des ex-chefs rebelles RD. congolais devant les juges en Thaïlande et aux Etats-Unis. Pour un gros Poisson, il est plutôt balaise. La spectaculaire arrestation intervenue à Bangkok, oeuvre des services américains, va certainement accélérer les choses et faire bouger la justice internationale. Victor Anatolyevitch Bout, indéniablement un des plus grands trafiquants d’armes du monde, a été arrêté mercredi 6 mars à Bangkok, en Thailande, à la suite d’un piège  lui tendu par des policiers américains de l’Agence anti-drogue – DEA –, qui se seraient fait passer pour des hauts responsables de la guérilla colombienne.

Bout a été cueilli dans sa chambre de l’hôtel Sofitel Silom, après plusieurs mois de surveillance, lors d’une opération conjointe de la police thaïlandaise et de la police anti-narcotique américaine. Il s’apprêtait, en effet, à vendre, pour plus de USD 5 millions, des armes aux FARC, mouvement rebelle colombien considéré par les Etats-Unis comme une organisation terroriste.

C’est donc une figure plutôt emblématique du marché de la mort dont Hollywood avait déjà adapté la vie au cinéma avec le film Le seigneur de la guerre interprété par Nicolas Cage. Frappé pourtant par les Nations unies d’une interdiction de voyager, Bout disposait d’une flotte d’une cinquantaine de petits avions et sillonnait la planète impunément. Il s’est donné pour spécialité de vendre des armes dans les pays frappés par des embargos de l’ONU.

L’on indique qu’avec son arrestation, des ex-rebelles RD-congolais sont dorénavant dans les cordes. On cite entre autres son ami et partenaire d’affaires Bemba, Adolphe Onusumba Yemba, dont le présumé associé africain de Bout, l’incontournable Indo­Kényan Sanjivan Ruprah, avait épousé une des sœurs aujourd’hui décédée, donc son beau-frère, celui-là même qui gérerait ses affaires en RD-Congo.

Dégâts collatéraux attendus

Victor Anatolyevitch Bout a des connexions avec des ex-chefs rebelles RD-congolais avec qui il a, pendant les années de rébellion travaillé étroitement. La plupart ne vont pas échapper. Ils sont dans la nasse... dans les cordes.

La chaîne de télévision française, France 24, a, mercredi 6 mars, diffusé en boucle des images sur lesquelles on pouvait l’apercevoir dans les maquis RD-congolais aux côtés des chefs de guerre de l’Est où il échangeait les armes contre les ressources telles que l’or, le coltan, le bois, le diamant, etc.

Mais, c’est vers le Nord du pays, dans les maquis de JP Bemba que Bout installe pratiquement ses pénates pour s’accrocher à une rébellion qui avait fini d’avoir toutes les allures d’un vaste commerce illicite.

Le chairman du MLC, aujourd’hui contraint à l’exil à Faro, au Portugal, qui avait réussi à cloisonner son mouvement entre les branches politiques et militaires, s’était adjuré tout ce qui est finance et affaires pour établir des partenariats, notamment avec l’ancien militaire russe et agent du KGB, services des renseignements russes.

Les sources indiquent que ces relations ont survécu à la rébellion, puisque les deux hommes ont poursuivi leurs affaires. On rapporte, en effet, que les armes de Bemba saisies à Gbadolite et Gemena – achetées après le Dialogue intercongolais et au moment où Bemba était déjà vice-président de la République – étaient l’oeuvre de Bout.

C’est le même Bout qui aurait servi d’intermédiaire entre Bemba et l’ancien président libérien, Charles Taylor, pour l’acquisition du jet qui a fait couler l’encre et la salive. L’on rappelle que l’aéronef avait quitté Lagos, au Nigeria, avant d’aller droit chez le parrain Yoweri Kaguta Museveni.

Africa News a même fait l’objet des poursuites judiciaires du MLC pour avoir diffusé ces informations. Les faits lui donnent raison aujourd’hui. Des sources confirment que Bout aurait vendu toute sa flotte à la COZA, compagnie aérienne basée en Ouganda et appartenant à Bemba, dont la gestion serait assurée par Jean-Pierre Singo, son homme de mains.

C’est toujours Victor Bout qui aurait vendu à Bemba son hélicoptère détruit en mars 2007 lors des combats qui avaient opposé sa milice aux FARDC à Kinshasa.

Bout, ajoute-t-on, travaille également en partenariat avec l’ex-chef du RCD-Goma, ex­-ministre de la Défense et député national, dont le présumé associé africain de Bout, l’incontournable Indo-Kényan Sanjivan Ruprah, avait épousé une des sœurs aujourd’hui décédée-, donc son beau-frère, celui-là même qui gèrerait ses affaires en RD-Congo.

Un article paru dans Le Monde du 26 mars 2002, faisait déjà état de l’implication active de Bout et de son ami Sanjivan Ruprah, en complicité avec le RCD dirigé par Onusumba dans La contrebande des minerais RD­ congolais et la contre façon des francs congolais.

Sombre avenir pour les leaders RD-congolais ?

Autant de connexions donc qui suscitent de graves interrogations sur les suites et les conséquences de ce nouveau coup de filet sur la classe politique RD-congolaise.

On indique, en effet que tous les anciens partenaires du trafiquant d’armes pourront être cités à comparaître dans les procès qui vont avoir lieu d’abord à Bangkok, ensuite aux Etats-Unis.

Paul Kagame très actif dans le réseau, est-il également concerné ? Bien malin qui saurait y répondre.

Les Russes, eux, réclament aussi l’extradition de Bout. Sérieux points d’interrogation particulièrement sur le sort de Jean-Pierre Bemba, qui, déjà indexé par la CPI dans l’affaire de son mercenariat à Bangui, devoir en découdre avec la plus grande puissance du monde.

Le chairman du MLC, qui arpente les couloirs du Parlement européen et des places politiques et diplomatiques occidentales – il a séjourné à Bruxelles le week­end dernier – pour son propre lobbying doit certainement voir anéantis ses efforts de revenir à la surface.

A Kinshasa, l’opposition, qui s’apprête à ouvrir officiellement la course au poste de porte-parole, ne manquera certainement pas d’intégrer cette nouvelle donne dans ses réflexions.

Il serait ainsi question d’examiner cette nouvelle et double dimension d’une question à la fois morale et politiquement stratégique pour savoir s’il faut fonder sa confiance à des personnages dont l’image controversée ne manquera pas de d’éteindre sur le reste de la troupe.

(Milor)

Kisungu Kas/AfricaNews

Last edited: 15/03/2008 12:09:21

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