Avec Vincent Michéa, il n’y a pas d’abstraction, pire il y a reproduction. Gustave Akakpo : « Mes tableaux ne sont pas des caricatures. Je pars du cliché, de l’anecdote ».
Depuis le mois de février, deux peintres et un photographe sont à l’affiche à la Halle de la Gombe (Centre culturel français « Ccf »). Il s’agit de Vincent Michéa, de Gustave Akakpo et Sammy Baloji (Le photographe). Dans cette livraison, Digitalcongo.net jette un regard sur les deux peintres.
Vincent Michéa
« La main ,la musique et l’image. Il a fallu les peintures de Vincent Michéa pour que j’entende enfin la peinture. Et pourtant la peinture depuis un siècle court après la musique dans l’impossible captage spirituel des rythmes et des mélodies amélodiques: je n’entendais rien, je regardais les abstractions fascinantes sans jamais ne rien entendre (...).
Avec Vincent Michéa, il n’y a pas d’abstraction, pire il y a reproduction, semble-t-il, exacte d’un graphisme de disque, de pochette de disque. Mais il y a ce que je n’avais jamais entendu en regardant une image: Plus que le son, l’univers du son qui mélange mélodies, brouhaha, corps, parfums mêlés de transpiration. On parlera d’évocation, de nostalgie. Peut-être mais certainement pas que de cela.(...)
On ne se pose pas la même question. On regarde fasciné, les oreilles ouvertes et les sons arrivent sans autres mélodies précises. Je cherche à reprendre mes esprits en me disant que je suis pire qu’un cerveau mou, avec mon réflexe pavlovien. Rien n’y fait, l’image a envahi mes oreilles. (...) ».
Gustave Akakpo
« Mes tableaux ne sont pas des caricatures. Je pars du cliché, de l’anecdote. Puis je brode une histoire qui déborde le cadre, parce que la vie ne peut se résumer à un cliché. J’écris sur mes toiles. Non pas des histoires qui fixent le regard, mais une invitation à aller voir ailleurs. Dans l’idéal, j’aimerais que le spectateur écrive sur mes toiles, comme pour se les réapproprier (pour lui ou pour les autres ?) ».
On peut, à propos de mes oeuvres, parler d’art narratif non pas que j’y raconte des histoires, contrairement à la BD, mais j’ai plutôt le souci de provoquer la parole. Art populaire aussi, parce qu’il s’inspire du quotidien, parce qu’il interpelle aussi sans détours.
Venez découvrir le travail plastique de Gustave Akakpo, auteur et plasticien togolais dans différents espaces culturels de la ville. Des lectures (textes de jeunes auteurs congolais) seront proposées le temps d’un soir Détails de la programmation paraître.
(Milor)Jean-Paul Pivin (La revue noire, Paris, Mars 2005 in Journ’Halle) / Boni Tsala / MMC
Last edited: 08/03/2008 14:30:21