En un siècle, les femmes ont conquis l’égalité juridique et légis­lative dans la plupart des pays du monde. Reste à conquérir l’éga­lité dans les faits. La journée in­ternationale de la femme, officiali­sée en 1977 par les Nations Unies, est là pour nous rappeler ces victoires mais aussi pour nous inviter à réfléchir sur la condition de la femme dans le monde entier. C’est l’occasion idéale de dresser le bilan des progrès ac­complis en vue de promouvoir l’égalité des femmes. C’est aussi l’occasion d’identifier les difficultés que les femmes doivent sur­monter dans la société et de se pencher sur les moyens à pren­dre pour améliorer la condition fé­minine.

D’où est venue l’idée du 8 mars

Comme toutes les dates symboliques, la journée interna­tionale de la femme n’a pas ses origines dans un seul fait histori­que. Elle symbolise, d’une part, les fruits d’un large processus de lutte, de revendications et de débats et, d’autre part, les par­cours silencieux des millions de femmes dans le monde entier.

La référence historique prin­cipale de la femme remonte aux grèves ouvrières déclenchées en 1857 et 1911 à New York alors que les travailleuses du textile protes­taient contre leurs piètres condi­tions de travail. Un événement, en particulier, aurait marqué forte­ment les manifestations : le 25 mars 1911, un groupe de travailleu­ses qui manifestait dans une usine de textile à New York, trouve la mort lors d’un incendie. Elles n’ont pas pu échapper à temps. Les portes étaient fermées pour que les travailleurs ne sortent pas avant la fin de la journée de tra­vail.

Une autre référence histori­que importante, c’est la 2ème Confé­rence internationale des femmes socialistes, en 1910, à Copenha­gue, au Danemark. Le leader so­cialiste allemande, Clara Zetkin, a proposé la création d’une journée internationale de la femme, afin de reconnaître les luttes me­nées par les femmes partout dans le monde. Une autre référence intri­gante concerne la liaison entre la date du 8 mars et la participation des femmes ouvrières à la Révolution Russe. Le 23 février 1917, date du calendrier russe, ou le 8 mars dans le calendrier grégorien, des femmes travailleuses sont sor­ties dans les rues pour déclencher une grève générale que, plus tard, sera insérer dans des actions ré­volutionnaires qui ont inauguré la Révolution Russe.

En 1977, soit deux ans après l’Année internationale de la femme, les Nations Unies ont adopté une résolution invitant les pays à consacrer une journée à la célébration des droits des fem­mes et de la paix internationale. Le 8 mars est ainsi devenu cette journée de reconnaissance dans de nombreux pays.

Quelques dates

- 1910 : C’est à Copenhague, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, que l’idée d’une ”Journée internationale des Femmes“ est décidée, sur une proposition de Clara Zetkin, repré­sentante du Parti socialiste d’Allemagne.

- mars 1911 : Un million de fem­mes manifestent en Europe.
- 8 mars 1913: Des femmes rus­ses organisent des rassemble­ments clandestins.
- 8 mars 1914: Les femmes ré­clament le droit de vote en Alle­magne.
- 8 mars 1915: A Oslo, des fem­mes défendent leurs droits et ré­clament la paix.
- 8 mars 1917: Début de la ”Ré­volution de février” en Russie.

A Saint-Petersbourg, des ouvrières manifestent pour réclamer du pain et le retour de leurs maris partis au front.

- 8 mars 1921 : Lénine décrète le 8 mars journée des femmes.
- 1924: La journée est célébrée en Chine.
- 1946: La journée est célébrée dans les pays de l’Est.
- 8 mars 1947: Léon Blum salue la place importante des femmes dans la Résistance.
- 8 mars 1977: Les Nations unies officialisent la Journée Internatio­nale des Femmes.
- 8 mars 1982 : Statut officiel de la Journée en France.

Les Nations Unies et les droits de la femme

A commencer par la Décla­ration universelle des droits de l’homme (1948), les gouverne­ments ont reconnu les droits de la femme dans plusieurs traités internationaux, comme le Pacte international relatif aux droits ci­vils et politiques (1966), le Pacte international relatif aux droits éco­nomiques, sociaux et culturels (1966), la Convention sur l’élimi­nation de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979), la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979), les conventions de l’Organisation internationale du travail et de l’Unesco visant à mettre un terme à la discrimination sexuelle et à garantir à la femme un accès à la terre, à l’eau, à l’instruction et à l’emploi, et les stratégies prospectives pour la promotion de la femme de Nairobi (1985), qui reconnaissent les liens importants entre le rôle de la femme dans le développement et la protection de l’environnement, et qui édicte des mesures pour accentuer la parti­cipation de la femme à la gestion nationale des écosystèmes et à la lutte contre la dégradation environnementale.

L’ONU a déclaré 1975 “Année internationale de la femme” et tenue à cette occasion la pre­mière conférence mondiale sur les femmes à Mexico. Deux autres conférences de l’ONU ont eu lieu par la suite, à Copenhague (1980) et Nairobi (1985). En 1993 s’ouvre une ère nouvelle lorsque les délé­gués de la Conférence internatio­nale sur les droits de l’homme à Vienne déclarent que les droits de la femme font partie des “droits de l’homme “. En 1995, à la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes, les gouvernements adoptent la ”plate-forme d’action de Bei­jing” pour la promotion des droits de la femme. L’ONU tiendra une conférence Beijing + 5 en juin 2.000 pour faire le point et établir de nouvelles stratégies.

Des organismes de soutien aux droits des femmes

L’ONU a fondé plusieurs or­ganismes pour faire avancer les droits de la femme dans toutes les sociétés. La Commission de la condi­tion de la femme (CCF) (anglais) a été un des premiers organes créés par le Conseil économique et social des Nations Unies, en 1946. La CCF surveille les progrès effectués par les femmes dans leur marche vers l’égalité partout dans le monde et formule des re­commandations pour faire valoir les droits des femmes dans les secteurs politique, social et éco­nomique. La Commission se réu­nit chaque année pendant au moins huit jours, généralement en mars.

Le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) (anglais) a pour mission d’encourager l’autonomisation économique et politique des fem­mes dans les pays en voie de développement. Il incite tous les éléments du réseau de l’ONU à tenir compte des besoins et des préoccupations des femmes dans­ leurs programmes nationaux, ré­gionaux et internationaux.

L’Institut international de re­cherche et de formation pour la pro­motion de la femme (INSTRAW) (anglais), fondé en 1976, a pour mandat de faire avancer la recher­che en matière de politique et d’établir des programmes de for­mation pour promouvoir l’égalité des femmes à l’échelle internatio­nale. Etabli à Santo Domingo de­puis 1983, l’instraw est un des rares bureaux de l’ONU dont le siège se trouve dans un pays en voie de développement.

Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a été créé à la suite de l’adoption par l’Assemblée géné­rale, en décembre 1979, de la Convention sur l’élimination de tou­tes les formes de discrimination à l’égard des femmes, dans le but de surveiller l’application de la Con­vention. C’est un des six organes de défense des droits reconnus par traité des Nations Unies. Son bras administratif est la Division de la promotion de la femme (an­glais) à New York.

République démocratique du Congo

En République démocratique du Congo, la journée internatio­nale de la femme sera célébrée sous le thème “ Investir dans la paix et la justice pour la protec­tion et l’autonomisation de la jeune fille “. Outre les activités qui seront menées par les Ong à travers toute la république, il sied de souligner que l’impulsion devrait venir du ministère de tutelle à savoir, Genre, femme et famille “.

(Th)

CL./Uhuru