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Bonjour | 02/12/2008 0:49 | English Make DC Home page | RSS feed

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« J’ai suivi, grâce à mon mari, des formations notamment en gestion d’entreprise, en communication niveau 3, et en gestion des transports... » « ... Je suis, en outre, titulaire d’un diplôme d’aide soignante, d’auxiliaire en gériatrie et, en perspective, je vise celui d’infirmière… ».

Elle n’a jamais perdu de sa superbe : belle, gentille, mais surtout jolie, coquette et charmante. Betty Bis, chanteuse découverte et propulsée au devant de la scène par son mentor, Bozi Boziana dit Grand- Père, a aujourd’hui rangé au placard sa fougue de scène. Elle s’est fait, depuis, une nouvelle vie auprès de son mari. Interview exclusive, la première, depuis qu’elle a décroché le micro.

Voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Kindobika Betty. Le « Bis » qui se greffe à mon prénom, je le dois à mes fans qui, à la fin de mes prestations sur scène, criaient « Bis ». Le « Grand-Père » saisit l’occasion et colla « Bis » à mon prénom. Je suis mère de trois enfants et mariée à Monsieur Simon Mayelo.

À quand remontent vos débuts dans la musique ?

J’avais 15 ans quand j’entendis l’appel irrésistible de la musique. Je signai mes débuts dans les orchestres Gal Muchachino de Bumbu et Kotosakana de Ngiri-Ngiri. Ce dernier s’illustrait dans l’interprétation des chansons des artistes connus. « La Crèche » était notre fief pour nos productions. Plus tard, j’intégrai Anti-Choc de Grand-Père Bozi Boziana grâce à Bula Matari, un proche du Grand-Père. Je passai d’abord une audition, concluante du reste, puis j’obtins l’autorisation de mes parents. Car j’étais encore mineure à l’époque.

Vous n’étiez pas la seule fille dans l’Anti-choc…

Non. Il y avait déjà Schola. Avec elle, j’ai suivi une formation professionnelle et psychologique nécessaire pour faire face à toutes les sollicitations dangereuses pour ma carrière et compromettantes pour ma personnalité. Nous étions, pour ce faire, internées à Barumbu, chez Grand-Père. Nous étions ainsi coupées du reste du monde et de nos familles pendant 6 jours, durant 3 mois. En plus du travail, sur la voix, nous pratiquions du sport, afin d’acquérir les aptitudes nécessaires pour exécuter des chorégraphies scéniques et à une bonne tenue sur scène. Grand-Père était, à mon avis, le premier responsable artiste musicien congolais à organiser ce genre de formation. Son exigence de l’excellence oblige ! Je tiens, ici, à remercier son épouse pour tous ses conseils nous prodigués durant notre formation.

Danseuse, chanteuse, vous étiez une artiste sans toutefois écrire une seule composition à votre actif ?

J’avais composé trois chansons qui, malheureusement, ne sont jamais sorties.

Pourquoi avoir arrêté votre carrière musicale ?

C’est une décision personnelle motivée par l’entourage de Grand-Père. Pour tout dire, j’avais mal digéré la décision de Grand-Père de m’exclure de la tournée européenne de l’orchestre, alors que je m’étais investie totalement dans les préparatifs de ce voyage. J’ai préféré quitter l’orchestre et voyager en Europe, par mes propres moyens, à l’insu de mon patron. C’est ma famille qui l’en avait informé.

Bozi ne vous l’a jamais pardonnée…

Si, si. La preuve : il est venu à l’ouverture de ma boutique, alors qu’il avait du mal à répondre à mes coups de téléphone quelques mois auparavant. Depuis, le dialogue s’est installé. Nous nous téléphonons souvent. D’ailleurs, je suis prête à répondre à toutes ses demandes, mais bien sûr avec l’autorisation de mon mari. Je vous annonce d’ailleurs qu’un single de nous deux sort prochainement.

Quel a été l’apport de la musique dans votre vie ?

La musique m’a apporté beaucoup d’amour, de joie et de la notoriété. J’étais heureuse. Pour une fille de mon âge, c’était l’essentiel. Le matériel ne m’intéressait pas beaucoup. Heureuse, j’étais blindée face à toutes les avances des hommes…

Avec le recul, comment jugez-vous aujourd’hui la musique congolaise moderne ?

J’avoue qu’il n’ y a plus assez d’inspiration. L’art se perd au profit de l’argent. On parle plus de voitures, de maisons, d’habits … que de l’art.

Que devient Betty Bis après le micro ?

J’ai suivi, grâce à mon mari, des formations notamment en gestion d’entreprise, en communication niveau 3, et en gestion des transports. Je suis, en outre, titulaire d’un diplôme d’aide soignante, d’auxiliaire en gériatrie et, en perspective, je vise celui d’infirmière…Je compte ouvrir une polyclinique à Kinshasa. Née d’une famille de commerçants (réf. « Nganda Chez Ya Malou » à Yolo), j’avais, alors artiste musicienne, ouvert un débit de boissons à Bumbu, grâce à cette fibre d’affaires qui me réussit si bien. Je n’ai pas peur de me lancer dans des affaires.

Propos recueillis par Floribert Okitonjo Yimbi ( AEM via Ebène Magazine, éd, février 2008 ) / MMC

Last edited: 06/03/2008 09:59:36

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