Dans une dizaine de jours prennent fin les vacances parlementaires au terme desquelles les députés nationaux et les sénateurs vont renouer avec la session ordinaire qui s’annonce palpitante du fait de l’abondance et de la délicatesse des dossiers attendus à l’ordre du jour.

Le dossier Bundu dia Kongo, avec les incidents le Luozi sera inévitablement relancé dès la prochaine rentrée parlementaire, l’affaire est en train de prendre une tournure telle que les institutions de la République doivent y pencher en toute priorité Plus particulièrement le Parlement : Assemblée nationale et Sénat. Il y a déjà le projet de loi sur l’amnistie, le dossier de la magistrature et le cas de Jean-Pierre Bemba. Et revoilà le cas Bundu dia Kongo. Des dossiers brûlants qui se sont fait inscrire d’eux-mêmes à l’ordre du jour de la prochaine rentrée parlementaire. Une sessions qui s’annonce pas de tout repos.
La rencontre entre le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Denis Kalume et quelques ambassadeurs des pays amis sur l’évolution de la situation au Bas Congo, fait réfléchir. Les entretiens ont tourné autour des incidents de Luozi, soulignant ainsi toute la gravité de la situation et la nécessité de gérer rapidement ce cas. Car en fait, cette multiplication des foyers de tension. n’est pas du tout de nature à sécuriser les populations congolaises et à rassurer nos partenaires extérieurs.
Le gouvernement est d’ailleurs vivement interpellé pour réagir en conséquence et prendre des mesures qui s’imposent. à court et à long termes. Mais une fois de plus, force nous est de souligner que ces cas ne peuvent être traités isolément. Autant l’on a proposé, en ce qui concerne la situation à l’Est du pays, aux lendemains de la Conférence de Goma, que les institutions nationales s’approprient les résolutions de ces assises, autant l’Assemblée nationale et le Sénat devront en faire de même pour l’Affaire Bundu dia Kongo.
Certes, il ne s’agit point d’un nouveau dossier. Il y a de cela un an des incidents analogues s’étaient produits à Matadi. chef-lieu de la province du Bas-Congo. L’Assemblée nationale a initié une enquête et une commission ad hoc a été mise sur pied. Avec les événements de Luozi. raison de plus valable de rendre public les résultats de la première enquête et réagir avec célérité sur le second cas pour faire la part de responsabilité. Question de prendre des sanctions contre ceux qui ont enfreint les lois de la République. Car au-delà, toutes les sectes religieuses sont concernées.
Des dossiers brûlants
En fait, l’examen et l’analyse du « Dossier Bundu dia Kongo » a des répercussions et des conséquences politiques. La question fondamentale est celle de savoir si la liberté de culte peut amener à défier l’Etat. Si la réponse est négative, il revient aux institutions nationales, les trois pouvoirs traditionnellement reconnus de prendre toutes les mesures et les dispositions qui s’imposent afin d’éviter l’effet de contagion. Aussi, quelle que soit la gravité de ce cas, ces morts d’hommes que l’on déplore, les institutions nationales, à savoir le Pouvoir législatif, Exécutif et les Cours et Tribunaux doivent agir en toute sérénité pour faire appliquer les textes et dire le droit sans excès de zèle. Pour éviter de faire des émules.
Le plus important est de rétablir l’autorité de l’Etat. Mais également de protéger les populations face à des élans extrémistes dont le comportement constitue un danger pour les institutions nationales et la sécurité du pays.
En fait, le « Dossier Bundu dia Kongo » avec le incidents de Luozi interpelle aussi au plus haut point le Parlement. Cette représentation nationale vit des réalités au niveau des circonscriptions électorales et peut apporter des propositions de solutions adéquates. En prenant exemple la situation toujours préoccupante à l’Est du pays les élus des provinces concernées ont cerné les problèmes et qu’ ils sont condamnés à amener le Parlement à agir en conséquence. A s’approprier ce dossier pour ne plus le laisser à l’appréciation de quelques personnalités qui, malgré leur bonne volonté, accusent des limites. D’où cette insécurité permanente à l’Est du pays.
Le cas Bundu dia Kongo devrait bénéficier du même traitement pour éviter de tomber dans les erreurs commises dans la gestion du dossier de l’Est du pays. Tant au Kivu qu’en Ituri. Il faut sortir de cette spirale « tribute et régionale » qui bloque de plus en plus le bon fonctionnement des institutions. Dépasser le stade des « Tables rondes » pour éviter de susciter des passions tribales, des élans sécessionnistes et tourner en rond.
L’on doit absolument retenir qu’il y aura des conséquences politiques qui influeront sur les institutions tant nationales que provinciales. Ainsi, la prochaine session parlementaire s’annonce fertile en rebondissements.
Souffrez que nous rappelions que sont inscrits à l’ordre du jour le « points chauds » portant sur l’Amnistie, la Magistrature et le cas Jean-Pierre Bemba. Dans le premier cas. les débats tourneront autour de l’effectivité de cette amnistie et qu’elles sont les personnes qui en seront les bénéficiaires.
Les dernières nominations dans la Magistrature soulèvent déjà plusieurs interrogations. Elles portent justement sur l’indépendance de la magistrature et quelle sera la configuration du Conseil supérieur de la Magistrature. Enfin. le cas Jean-Pierre Bemba aura des effets d’entraînement sur l’Opposition politique, principalement sur l’élection ou la désignation du futur porte-parole de l’Opposition. Tous ces cas ramassés, auront incontestablement des conséquences politiques. Il convient de ne négliger aucun aspect du problème et de ne pas être emporté par un « certain enthousiasme politique » se fondant sur des calculs politiciens. Après le Gouvernement qui est vivement interpellé. le Parlement devra relever le défi de la haute responsabilité politique.
(Ern.)
Le Potentiel
Last edited: 04/03/2008 17:29:59