La tension qui se cristallise encore dans la province du Bas-Congo avec les nouveaux affrontements signalés entre les éléments de la Police et ceux de la secte Bundu dia Kongo constitue un défi lancé à l’Etat et au pouvoir en place avec mauvais risque de regrettable contagion.
Le vase est-il en train de déborder ? Après l’incident de Lubumbashi qui a désacralisé l’autorité de l’Etat, voilà qu’un autre incident vient d’être enregistré dans la province du Bas-Congo. A en croire les premiers éléments d’information, les adeptes de Bundu dia Kongo viennent de défier l’Etat des affrontements ont eu lieu entre les éléments de la Police et les sympathisants de cette secte. Bilan provisoire: 6 morts dont 2 policiers. Attention à l’effet de contagion.
Des morts et des blessés de trop à Luozi, où la police est intervenue pour rétablir l’autorité de l’Etat. Depuis un temps, les territoires de Luozi et Seke Banza dans le Bas-Congo, sont quasiment administrées par les adeptes de Bundu dia Kongo. Des excès sont commis. Des reportages consacrés à ce sujet par la presse ont présenté au public le calvaire que subissent des compatriotes congolais devant la furie des adeptes de Bundu dia Kongo. Malgré les démentis du député Ne Mwanda Nsemi, la situation a dégénéré hier vendredi 29 février, occasionnant de nombreux morts : 6 dont 2 agents de la Police.
Et si l’autorité de l’Etat continue à être défiée, le pays risque de connaître un autre foyer de tension, après le Kivu. Cette situation ne peut perdurer. Car, une fois de plus, l’autorité de l’Etat sera désacralisée. Autant prendre des dispositions qui s’imposent pour éviter l’effet de contagion.
Rappel des faits
De nouvelles confrontations ont opposé hier vendredi les adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) aux éléments de la police dépêchés jeudi pour rétablir l’autorité de l’Etat.
Des coups de feu ont été entendus entre 11 h et 13 heures locales au quartier général de Bundu dia Kongo à Luozi. Selon le commissaire de district, il est difficile de dire exactement ce qui s’est passé.
Le bilan, provisoire selon les sources hospitalières, fait état de 6 personnes tuées et 7 autres blessées. Mais, il nous revient que des éléments de la Police qui ont été envoyés sur place, ont enregistré des pertes en vies humaines, dont deux policiers.
Les mêmes sources renseignent que la maison abritant le quartier général de Bundu dia kongo appelé « Zikwa » a été incendiée. Pour rappel, des premiers affrontements avaient éclaté après l’arrivée des éléments de la Police nationale congolaise jeudi, chargés de rétablir l’ordre devant les excès commis à l’endroit de la population autre que celle qui soutient Bundu dia Kongo. Un prête catholique a failli y laisser sa peau et un député national, pourtant originaire du Bas-Congo a été humilié dans ce même district par les adeptes de Bundu dia Kongo.
Appel au calme
Les évêques du Bas-Congo et Ne Mwanda Nsemi, chef spirituel du Bundu dia Kongo, appellent la population au calme. Le chef du BDK s’est engagé à répercuter cet appel jusqu’aux adeptes de son mouvement. C’est dans une déclaration commune datée du 26 février, que les évêques du Bas-Congo et Ne Mwanda Nsemi, chef spirituel du Bundu dia Kongo, ont lancé cette invitation au calme. Le chef du BDK s’est engagé à répercuter cet appel au calme auprès de ses adeptes. Reste à savoir si avec son point de presse du jeudi 28 février, il s’inscrit dans cette même logique de paix, de calme. Cherche-t-il de boucs-émissaires pour justifier l’attitude incompréhensible de ses adeptes qui lancent un défi à l’Etat ?
Monseigneur Philippe Dinzolele Nzambi, vicaire général a déclaré ceci: « Nous avons voulu rencontrer le chef spirituel du BDK, puisque tous ceux qui commettent ces actes de violences se réclament du BDK. Nous lui avons parlé de ce qui se passe sur le terrain. Et cet entretien a abouti à la signature d’une déclaration commune entre les évêques et l’honorable Ne Mwanda Nsemi. Ainsi, ce dernier s’est engagé à faire publier un feuillet pour que cette déclaration soit lue, vulgarisée auprès de ses partisans. Sortir de la violence, c’est vivre sa vie de croyant comme il se doit, et ne pas se mettre derrière quelque chose pour faire quelque chose d’autre. Parce que au nom de Dieu on peut faire n’importe quoi », a-t-il conclu.
Avec ce qui s’est passé vendredi, on demeure septique. Il revient à l’Etat d’imposer son autorité.
(Ern.)
Le Potentiel
Last edited: 01/03/2008 15:25:07