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Le Premier ministre Antoine Gizenga vient d’accomplir un an à la Primature jour pour jour, dans un silence radio assourdissant ! N’a-t-il rien à dire sur les 12 mois de règne à la tête du gouvernement sur les attentes de la population sur tous les plans ? Le 22 février 2007, le Premier ministre Antoine Gizenga s’est présenté avec son équipe devant l’Assemblée nationale pour sol­liciter l’investiture de son gouver­nement. Il l’obtiendra 48 heures plus tard, soit le 24 février 2007.

C’était sur la base d’un pro­gramme ambitieux, étalé sur cinq ans, et évalué à plus de 14 mi­lliards Usd, que l’Assemblée na­tionale a donné son feu vert.

Voilà donc une année que le Premier ministre est aux commandes du premier gouverne­ment de la 3ème République. En acceptant cette charge, il s’est engagé devant le peuple à tout mettre en oeuvre pour bâtir un « pays plus beau qu’avant ».

Une année après cet évé­nement, l’on est en droit de s’in­terroger sur ce qu’a été l’action des gouvernements Gizenga pen­dant ces 365 jours. Le Premier ministre a-t-il tenu ses promes­ses? Continue-t-il à naviguer à vue alors que l’espoir de tout un peuple reposait sur ce premier gouvernement ? Y a-t-il eu des réussites? y a-t-il des échecs? Quelles sont les perspectives  d’avenir ?

En ce jour anniversaire, le Premier ministre devrait répon­dre à ces interrogations pertinen­tes. Faire un état de lieux sem­blable au discours de  « l’état de la Nation » comme l’avait fait le président de la République, le 6 décembre 2007, jour pour jour après son investiture le 6 décem­bre 2006. Pourquoi le Premier ministre ne s’est-il pas imposé cet exercice devenu classique dans des explications sur plusieurs pré­occupations de l’opinion publique.

Qu’en est-il du dernier raté du programme de son gouverne­ment avec les institutions de Bret­ton Woods? Ce qui amenuise les espoirs concernant l’atteinte du point  d’avènement dans le cadre du programme PPTE. Les dépassements budgétaires ont été à leur comble au dernier tri­mestre. Le franc congolais pi­que toujours du nez. Dans ce domaine précis, le gouverneur de la Banque nationale a eu le cou­rage de reconnaître les insuffi­sances du gouvernement et de l’institution monétaire. Mais si­lence du côté de la Primature.

L’insécurité demeure per­sistante aux frontières et partout dans le pays. Les mouvements rebelles naissent au jour le jour, bravant l’autorité de l’ Etat.

Pendant ce temps, le front social gronde, les grèves se succèdent, les prix s’emballent sur le marché. Les observateurs ne perçoivent pas de visibilité effec­tive du démarrage des cinq chan­tiers du gouvernement.

Le constat est que, une année après son investiture, 1e gouvernement même dans sa forme remaniée bat de l’aile. Bien plus, il tâtonne et semble ne pas être en mesure d’affron­ter les grands défis de la 3ème République, Pas de signaux forts incarnant l’autorité de l’Etat, sa volonté d’opérer réellement un vrai changement. L’immobilisme est manifeste. Comme le célè­bre Titanic, l’équipe de Gizenga semble se contenter de ce si­lence anormal, de cet immobi­lisme démobilisateur, poussant ainsi le navire à la dérive pen­dant que « son orchestre » con­tinue à jouer la valse, sans s’in­terroger sur le sort des passagers, c’est-à-dire le peuple congolais.

Mêmes causes, mêmes effets

En février 2007, le Pre­mier ministre reconnaissait, dans le contrat de gouvernance publié pour la période mars- décembre 2007, que « la, mauvaise gouvernance est à l’ origine de la crise actuelle en RDC ». Sans doute le chef du gouver­nement s’inspirait des pratiques hasardeuses au niveau des finan­ces publiques qui ont fait chavi­rer en mars 2006 le programme économique du gouvernement, mettant en péril les rapports en­tre le Fonds monétaire interna­tional et la RDC.

Sur ce même document, le Premier ministre faisait remar­quer que « la mauvaise gouvernance n’a en effet pas permis aux richesses du pays d’améliorer les conditions de vie du plus grand nombre; elle a entraîné ainsi la déconfiture de l’Etat, précipitant le pays dans la guerre ».

Dans la série des actions à engager à très court terme, le Premier ministre promettait de « renforcer la gouvernance démocratique, la participation des citoyens et l’accès à la jus­tice, de promouvoir les droits de l’homme, de renforcer la transparence. L’obligation de rendre des comptes et l’effica­cité des institutions publiques et d’améliorer la capacité de la Société civile à participer aux processus d’élaboration des politiques et aux débats ».

Pour y parvenir, le gouver­nement subdivisait les priorités dans le domaine de la gouvernance en sept catégories d’actions relatives respectivement à la réforme du secteur de la sécurité; la transparence, la gestion des ressources naturelles, la réforme de l’administration publique; la gouvernance locale; le climat d’investissement et la réforme des entreprises publiques.

Dans son entendement la réussite d’une telle épreuve était conditionnée à la reprise immé­diate de la coopération autour d’un accord formel avec le Fonds monétaire international, cette ins­titution à garantir, auprès d’autres  bailleurs de fonds, de la capacité de la RDC à demeurer sur la voie des réformes.

De la conclu­sion d’un second programme triennal avec le FMI, il en était question en 2007. Celle-ci a été finalement reportée en 2008, en attendant que le gouvernement mette de l’ordre dans ses finan­ces.

Il apparaît de plus en plus que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le premier programme économique du gou­vernement (31 mars 2006) a achoppé sur le désordre dans la gestion du compte du Trésor.

Cela a refait surface, de manière tout à fait éhontée et presque institutionnalisé. Toutes les pro­cédures prévues dans la chaîne de la dépense publique sont mi­ses au placard. La bonne gouvernance demeure un slogan creux, sinon une notion virtuelle.

Au point qu’avant Gizenga est bien égal à l’exercice qu’il vient d’accomplir. Sans tenir les promesses faites, notamment celle de restaurer l’autorité à l’Etat. Toutes ces contre-performances méritent bien une explication pour souligner la responsabilité politi­que du gouvernement. Hélas.

Le silence de Gizenga en ce premier anniversaire de son équipe inquiète, Pour nombre d’observateurs, le silence du Pre­mier ministre est le signe d’un aveu d’impuissance à changer le Congo, à transformer les menta­lités. Preuve patente d’un gou­vernement qui navigue à vue, ayant perdu tous ses repères et ne sachant plus s’arrimer aux axes tracés dans son programme du gouvernement.Inquiétude devant cet immobilisme coupable.

(Milor)

Le Potentiel

Last edited: 29/02/2008 16:05:10

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