La dernière mission du Fonds monétaire international (FMI) qui vient de quitter Kinshasa a évalué les répercussion sur le programme défavorable des prix et de taux de change imputables aux dérapages budgétaires qui, contrairement à l’a priori négatif des experts du FMI, se justifient par les impondérables et autres imprévus budgétaires.
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A en croire le gouverneur de la Banque Centrale du Congo, M. Jean Claude Masangu Mulongo, dans son interview livrée à la Radio Okapi, il y a eu effectivement beaucoup plus de dépenses enregistrées sur le plan budgétaire. Cependant, il y a lieu de reconnaître que ce sont des dépenses de souveraineté parce qu’elles ont été opérées pour couvrir des questions importantes de sécurité nationale.
Le gouvernement ne pouvait pas ne pas intervenir financièrement pour régler des situations sécuritaires d’urgence mettant en cause l’intégrité territoriale et même la vie de la population.
Dans le même ordre d’idées, il y a aussi lieu d’admettre les dépenses consacrées aux urgences des catastrophes naturelles dont les tremblements de terre du Sud Kivu. Ceux-ci caractérisés par plusieurs répliques ont contribué à grever le budget.
S’il faut admettre qu’il y a eu trop d’injection d’argent dans l’économie, comme l’a reconnu le gouverneur Masangu dans son interview accordée à un journaliste de radio Okapi, il n’empêche de noter que d’autres facteurs ont servi puissamment d’éléments déclencheurs à la hausse des prix tels que le renchérissement du prix de pétrole sur le plan international et au plan nationale l’engorgement au port de Matadi où l’on dénombre plus de 7.500 conteneurs à évacuer pour lesquels leurs propriétaires paient, à compte-goutte, les frais inhérents au dépôt. Et pour se faire justice, notamment pour tout le retard accumulé dans l’acquisition de leurs marchandises ainsi bloquées, ces opérateurs économiques répercutent le coût excédentaire à la vente.
Préparer les prochaines rencontres bilatérales
Cependant, dans ses conclusions, la mission du Fmi conduite par M. Brian Ames a reconnu qu’il y a un bémol qui présage des corrections à l’avenir. Elle reconnaît que la mise en œuvre du programme de référence jusqu’à la fin 2007 a donné des résultats positifs quoi que mitigés par le fait que les grands objectifs macroéconomiques du programme, notamment en matière de croissance et d’inflation, aient été atteints pour l’ensemble de l’année.
Et ce en dépit du fait que d’importants indicateurs monétaires et budgétaires n’ont pas été respectés à fin décembre 2007 du fait de dépassements des dépenses publiques.
Toutefois, la mission a relevé un indice favorable qui se résume au fait que les pressions sur les taux de change et sur l’inflation issues des récents dérapages budgétaires semblent s’être modérées suite aux mesures correctives adoptées par les autorités. Et que la banque centrale a resserré la politique monétaire au début janvier, prévenant ainsi d’autres pressions sur les taux de change et l’inflation. Dorénavant, une politique monétaire prudente et une stricte discipline budgétaire devraient asseoir la stabilité macroéconomique, et répondre ainsi aux aspirations de la population congolaise.
Obtenir la croissance dans un cadre macroéconomique
Et en fin de compte, l’équipe d’experts du Fmi s’est entendue avec les autorités sur un ensemble de politiques macroéconomiques et de réformes structurelles pour 2008 qui, si elles sont mises en oeuvre, devraient contribuer à promouvoir la croissance dans un cadre macroéconomique stable. Ils ont également évalué les retombées macroéconomiques et financières probables de grands projets d’exploitation minière et d’infrastructure sociale sur le point d’être achevés tout en demandant certains éclaircissements nécessaires.
Au-delà de ce bémol, des préoccupations subsistent, par ailleurs, quant à la gestion des finances publiques et à la composition des dépenses. Elles se résument, de manière plus précise, sur la masse salariale qui risque d’exclure des dépenses prioritaires en biens et services et des investissements financiers sur des ressources intérieures.
Quant aux discussions sur un programme triennal pouvant être appuyé par un accord financier au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (Fprc), elles se poursuivront durant les réunions de printemps du Fmi et de la Banque mondiale en avril 2008, comme annoncé.
En attendant ce rendez-vous du second semestre de l’année 2008, le gouvernement s’est fixé des assignations macroéconomiques pour la fin mars et fin juin. Elles seront accompagnées de mesures structurelles, notamment pour renforcer la gestion des finances publiques lesquelles feront l’objet d’un suivi par les services du Fmi.
(Ern.)
H. Ambalu et CI. Nyembwe/Uhuru
Last edited: 29/02/2008 15:38:02