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Bonjour | 17/05/2008 7:27 | English Make DC Home page | RSS feed

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Face au dollar et aux autres devises étrangères, le Franc congolais est en dépréciation continue. J-Cl. Masanga, gouverneur de la Banque centrale du Congo en explique les soubassements. Est-ce que la Banque cen­trale va lancer à la fin de ce premier trimestre 2008 les billets de 1000 francs ?

Il est vrai que la Banque centrale avait annoncé qu’elle allait lan­cer les billets de banque à valeur faciale élevée. Mais pour que ces coupures soient accueillies par la population, il faut qu’on les lance dans un contexte de stabilité macro-économique. Or, de fin décembre à janvier et à février, nous avons constaté un dérapage qui s’est traduit par l’augmentation des prix et la dépréciation du franc congolais. Dans un con­texte comme celui-là, il faut d’abord stabiliser les prix, stabi­liser la monnaie avant de songer à lancer des coupures de valeur faciale élevée. Donc la réponse est que la Banque centrale ne lancera pas de nouvelles coupu­res dans un contexte d’instabi­lité.

D’où provient l’instabilité? Du gouvernement ou de la Banque centrale ?

Nos deux institutions sont respon­sables du dérapage. Sur le plan budgétaire, il y a eu des dépen­ses sécuritaires qui n’étaient pas dans le budget, qui ont fait que le gouvernement était obligé d’y faire face. Il y a eu également pas mal de catastrophes auxquel­les le gouvernement a dû faire face pour assister la population. De son côté, la Banque centrale a dû injecter de l’argent dans l’économie. Elle en a injecté trop. Donc, les deux, prises ensemble, ont occasionné le dérapage. Mais il y a également d’autres facteurs qui sont à la base de la hausse des prix.

Actuellement il y a un engorgement au niveau du port de Matadi et de la frontière à Kasumbalesa au Katanga. Au niveau de Matadi, il y a plus de 7000 à 8000 conteneurs qui doi­vent être évacués, ça crée des problèmes pour enlever ces con­teneurs et les dédouaner. Par conséquent, les opérateurs éco­nomiques, qui attendent leurs marchandises et à qui on fait payer les marchandises parce qu’elles restent au port, répercu­tent également aussi le coût ex­cédentaire sur les biens qu’ils sont en train de vendre.

En janvier dernier, la Banque centrale avait augmenté les taux d’intérêt. Cela pouvait inciter les opérateurs écono­miques à déposer le franc con­golais dans les banques, ainsi diminuer l’offre des francs congolais sur le marché. On continue encore à voir un taux légèrement au dessus du taux de janvier. Quand peut-­on atteindre la stabilité du franc congolais ?

Je vais d’abord rectifier un tout petit peu. Fin décembre, nous avions un taux de change de 500 francs congolais pour un dollar américain. Ce taux est passé en l’espace de l5 jours, donc au 15 janvier, à 560 francs congolais pour un dollar ; et aujourd’hui février, nous parlons d’un taux à 550 francs pour un dollar. En ce qui concerne le taux d’inflation, nous avons terminé l’année avec un peu moins de 10%. En fin jan­vier, de 10% de taux d’inflation, nous sommes passés à 16%. Et aujourd’hui, nous sommes à un taux d’inflation de 15%.

Cela démontre que les mesures qui ont été prises par la Banque centrale pour augmenter le taux d’intérêt et pour retirer une partie de cet excédent de liquidité en francs congolais ont porté leurs effets. Nous avons retiré 30 milliards de francs congolais du marché. C’est un montant important qui nous a amené à une stabilité qui est encore précaire aujourd’hui. Et nous pensons que, d’ici un mois, nous verrons les effets, puisque du coté du gouverne­ment, les mesures budgétaires ont également été prises. D’ici fin mars, nous pourrons voir les effets positifs sur les indicateurs macro-économiques.

On attend les milliards d’in­vestissements chinois cette année. Quel impact sur la sta­bilité monétaire et les prix sur le marché ?

L’impact le plus important, c’est un grand coup de pouce à notre économie. Les 8 milliards qui ont été annoncés à maintes reprises ne vont pas rester en RDC. Parce qu’il y aura des achats d’équipements, de paiements d’équipements qui vont se faire et seront importés de l’extérieur. Donc, une partie de cet argent va rester à l’extérieur. Nous allons garder l’autre partie. Et l’im­pact de cet argent sur le plan de la stabilité monétaire, nous pensons que nous, Banque centrale, nous allons avoir un travail de régulation de l’excédent de liqui­dité en franc congolais qui sera généré par l’apport de cet argent extérieur et, de ce fait, il y aura un raffermissement du franc con­golais par rapport à la devise étrangère.

(Ern.)

Radio okapi/Le Potentiel

Last edited: 29/02/2008 15:26:06

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