Le ministre d’Etat à l’Intérieur a reçu jeudi 28 février dans son cabinet de travail le leader de Bundu dia Kongo, le député Ne Muanda Nsemi qu’accompagnait pour la circonstance un autre député, Jean-Claude Mvuemba. Aux deux personnalités du Bas-Congo, il a rappelé la détermination du gouvernement de tout mettre en œuvre pour garantir le maintien de l’ordre public dans leur province.

Le gouvernement semble désormais passer à la vitesse supérieure dans le Bas Congo. En effet, après l’envoi des renforts en vue de mettre fin à la situation prévalant dans cette province, le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Sécurité et Décentralisation, Denis Kalume, a reçu hier dans son cabinet de travail le leader de Bundu dia Kongo, l’honorable Ne Muanda Nsemi.
Le patron de l’Intérieur a mis l’honorable Ne Muanda Nsemi devant ses responsabilités en lui rappelant la détermination du Gouvernement de rétablir l’autorité de l’Etat dans cette partie de la République quoi qu’il en coûte. Il a saisi cette opportunité pour remettre au leader de cette secte politico-religieuse une Constitution de la République et un règlement sur le fonctionnement des partis politiques. Le ministre a fait savoir à ses hôtes que la force est à la loi.
En réponse à l’audience du ministre d’Etat, le leader de Bundu dia Kongo a soutenu qu’il fait les frais de la jalousie des autres leaders Ne Kongo qui ont du mal à supporter sa popularité.
Inquiétude toujours croissante Kimpese
Tout a commencé le matin du samedi 16 février 2008 quand des tracts xénophobes contre les non originaires ont été affichés sur les lieux publics, y compris sur les murs du bâtiment administratif de la cité de Kimpese. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans toute la cité, en semant ainsi la panique dans les familles des non originaires de Kimpese. Les menaces de mort ont gagné le site de l’usine de la Cinat étant donné que trois cadres de la Cinat non originaires du Bas-congo ont été nommément cités dans le tract comme premiers candidats au départ forcé.
Les supputations sur les auteurs probables de ces écrits allaient dans tous les sens: des anciens travailleurs Cinat révoqués, au Bundu dia Kongo, en passant par les travailleurs Cinat originaires aigris et/ou tribalistes.
Deux travailleurs non originaires qui auraient critiqué le comportement incivique des BDK ont signé leur arrêt de mort : des fouilles systématiques ont été effectuées par les « Makesa » entendez milice de Bdk) dans le bus de transport des travailleurs à la recherche des deux téméraires sous l’oeil indifférent ou apeuré des autorités de la cité de Kimpese. Raison pour laquelle le chef de cité de Kimpese aurait conseillé aux deux infortunés de quitter Kimpese pour éviter le pire et ils auraient été évacués discrètement et nuitamment sur Mbanza-Ngungu pour Kinshasa où ils sont réfugiés aujourd’hui contre leur gré.
Plus grave, en date du 26 février 2008, le commandant des « Makesa » de Kimpese, un certain Landu (ancien travailleur de la Cinat), s’est permis de faire une incursion dans l’enceinte de l’usine, toujours à la recherche des deux non originaires; il est allé jusqu’à la poudrière (magasin des explosifs de la Cinat), poste de travail des deux incriminés, situé a ± 1km de l’usine sans autorisation. Il est revenu à l’usine parler avec un responsable et est ressorti calmement pour rentrer à la cité sans être inquiété sous l’œil indifférent du commandant de la garde industrielle de la Cinat, du commandant du détachement police nationale/Cinatet de l’autorité du siège de l’usine.
L’attitude de toutes ces autorités paraît suspecte au regard de la gravité des faits et frise l’inconscience, l’irresponsabilité ou la complicité.
Avec les dernières mesures du gouvernement et le bal des autorités politico-administratives et judiciaires à Kimpese, les non originaires se trouvent rassurés.
Rétablir l’autorité de l’Etat
Trop, c’est trop. Ce qui se passe actuellement au Bas-Congo, a dépassé les bornes et risque d’inspirer d’autres agitateurs. Il appartient donc au gouvernement, aux antipodes de tout verbiage creux, de saisir le taureau par les cornes, en mettant les auteurs hors d’état de nuire.
En effet, si Goma est à mille milles de Kinshasa, tel n’est pas le cas pour Kimpese ou même Matadi.
Certains opportunistes risquent d’envoyer des troupes au Bas-Congo et faire la jonction avec les agitateurs de Bundu Dia Kongo afin de faire mouvement ensemble vers Kinshasa.
Diriger, dit-on, c’est prévoir. Ce n’est pas quand les carottes seront cuites qu’il faudra parer au plus pressé. C’est maintenant qu’il faut agir par anticipation.
(Ern.)
Le Palmarès
Last edited: 01/03/2008 15:48:15