Février 2007, février 2008, voilà une année, jour pour jour que le gouvernement Gizenga, le tout premier de la 3ème République après les élections générales, est en fonction après avoir été investi par l’Assemblée nationale. Aussitôt installé, ce gouvernement a fait l’objet de plusieurs critiques. Certains ont même chanté son requiem, avant de le voir en action, à cause notamment de nombreux défis à relever dans un pays en pleine crise due aux guerres internes récurrentes, à la destruction des principales infrastructures, à son isolement diplomatique et à son caractère « budgétivore », parce qu’éléphantesque avec 60 membres en son sein, et surtout à la culture des antivaleurs.

D’autres par contre, les attentistes, ont demandé qu’on lui donne du temps, à la faveur de l’esprit de changement qui anime les Congolais et de l’aura du Premier ministre considéré comme un homme sage, mûr et apôtre des vertus.

Toutes ces qualités, ont-ils pensé, constituaient des atouts pour attirer la confiance des Congolais et des étrangers. Douze mois après, l’on peut retenir avant toute chose que le gouvernement a doté la République Démocratique du Congo d’un budget de 2,5 milliards de dollars américains en 2007, dont 1,6 milliard en ressources propres.    Mais faute d’un programme formel avec les principaux bailleurs de fonds, dont les institutions de Bretton Woods, les appuis budgétaires attendus ont tardé à venir. Ce qui n’a pas facilité la tâche du gouvernement sur lequel reposaient les espoirs de plus de 60 millions des Congolais.

Toutefois avec la détermination de réussir, le Premier ministre s’est senti obligé de travailler avec les maigres ressources internes et appeler ses compatriotes à des sacrifices. Les résultats sont tombés dans l’escarcelle, à savoir la stabilité monétaire et le cadrage macroéconomique, la stabilité des biens et des services, la couverture du taux de change, la constitution des excédents budgétaires, la reprise de la coopération internationale, le paiement du premier palier de Mbudi au huissier de l’administration publique, le paiement de la bourse aux finalistes de l’enseignement supérieur, la résorption du déficit monétaire et l’octroi d’un fonds aux médias et autres artistes comme aide indirecte.

Désormais, les Congolais peuvent avoir confiance en leur gouvernement qui est présent et partout. On le voit intervenir chaque fois qu’il y a des remous sociaux et aux endroits où se produisent les catastrophes naturelles du genre du déraillement du train à Mweka, au Kasaï Occidental, du crash de l’Antonov à Kinshasa/Kingasani, des inondations à Kinshasa et à Kikwit et du séisme à Bukavu. Ajouter à cela, les premiers secours aux refoulés d’Angola réfugiés à Kahemba et aux déplacés des guerres à l’Est du pays.

Par ailleurs, le gouvernement a apporté un nouveau type de gestion de la respublica, à la lumière du recrutement des mandataires publics et des interpellations des ministres par le Parlement.

Le Premier ministre, lui-même, n’esquive aucune attaque que ce soit au Parlement ou ailleurs, où il répond coup sur coup, chiffres à l’appui. Sa politique veut qu’on produise plus pour donner plus, car l’on ne peut donner que ce qu’on a produit.

Il reconnaît certes qu’il y a des montagnes à surmonter, celles érigées par le système 1+4 qui a laissé à l’Etat des engagements non honorés, une dette de plus de 50 millions USD, une inflation de 26%, des arriérés de salaires et de cotisations auprès des institutions internationales.

Aujourd’hui, malgré quelques avatars, notamment dans le secteur de la sécurité et de la monnaie avec le dernier dérapage du franc congolais face à la devise étrangère, on enregistre des avancées concrètes, notamment le retour de la République Démocratique du Congo sur la scène internationale et l’annulation en perspective de la dette extérieure dans le cadre du point d’achèvement à l’initiative PPTE ; Le gouvernement a même atteint dans la mobilisation des recettes, un record inédit de 2001 à 2007, les recettes internes ont augmenté chaque année en moyenne de 140 millions USD tandis que de 2007 à 2008, Antoine Gizenga a quadruplé ce chiffre pour atteindre 600 millions USD.

C’est ce qui a poussé le gouvernement à améliorer son budget 2008, en mettant le cap à 3,3 milliards, dont 64% de ressources internes et 36% de ressources externes, réalisant ainsi une progression par rapport au budget 2007 qui se chiffrait à 2,5 milliards USD. C’est l’amorce d’une véritable révolution budgétaire, doublée d’une bonne gouvernance. C’est également un signal que le gouvernement vient de prendre conscience de ses responsabilités.

Il a martelé le lit d’une nouvelle ère. Pour être complet au dossier budget 2007, il y a lieu de rappeler que des crédits importants ont été réservés à l’exécution des 5 chantiers du Chef de l’Etat.

A savoir, 192 milliards de francs congolais pour le volet éducation, 150,7 milliards FC pour les infrastructures et 51,5 milliards pour la santé. Le faible crédit disponibilisé pour le volet emploi sera compensé par la création d’emplois lors de la matérialisation des projets du gouvernement et ceux des investisseurs étrangers, principalement les Chinois, les Coréens, les Portugais, les Brésiliens, les Canadiens et les Sud-africains qui se bousculent déjà au portillon.

Voila donc passée la phase de conception. De 60 membres, le gouvernement a été réduit à 45 ministres et vice-ministres avec pour objectif de donner du baume à l’équipe et un nouveau souffle pour résorber les faiblesses de l’équipe.

Avec un cadrage macroéconomique maîtrisé, la reprise formelle d’un programme avec les partenaires traditionnels, la venue dans les prochains jours des capitaux étrangers, l’ouverture des entreprises aux capitaux privés et surtout avec la volonté politique, il y a lieu de croire à un avenir meilleur.

La nouvelle année qui s’ouvre sera peut-être la plus décisive avec les projets qui seront mis en œuvre.

Les optimistes auront alors raison sur les pessimistes et les Congolais pourront s’inscrire dans la ligne droite du changement qui nécessite l’implication de tous. Et ce sera peut être là la sortie du tunnel.

Acp