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A l’approche de la première date butoir du premier anniversaire de son mandat à la tête du ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, Mme Marie-Ange Lukiana relance une vaste campagne de sensibilisation des partenaires du secteur du commerce en RDC La ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, Mme Marie-Ange Lukiana, déploie depuis le début de la semaine une intense activité de sensibilisation de tous les partenaires du secteur du commerce pour les mobiliser autour de l’assainissement effectif des paramètres permettant l’assainissement de ce secteur. La ministre ne se lasse pas à démontrer aux interlocuteurs qu’elle rencontre l’intérêt qu’il y a au bout du compte de cet assainissement qui demeure la voie incontournable de la meilleure rentabilisation dudit secteur au profit de toutes les parties intéressées, les travailleurs comme les employeurs et, en définitive, l’Etat en terme de perception de recettes fiscales.

La manifeste préoccupation de la ministre Lukiana est de revaloriser le travail dans le secteur du commerce en y rétablissant le climat de confiance entre employeurs et travailleurs. C’est même le cheval de bataille de la seconde étape de son programme d’action auquel Mme Lukiana veut imprimer un nouveau souffle au moment de passer bientôt le cap de sa deuxième année à la tête du ministère. La constance dans cette action est remarquable dans la mesure où ce fut déjà au lendemain de sa nomination que la ministre Lukiana avait entrepris les contacts avec les partenaires du même secteur du commerce dominé à Kinshasa par des entrepreneurs étrangers généralement reconnus pour mauvais traitements de leurs travailleurs congolais.

Occasion fortuite du cas de Femco

La première démarche de la ministre avait suscité beaucoup d’espoir dans la classe ouvrière congolaise se disant comme réveillée de sa torpeur par l’autorité gouvernementale du monde du travail. De bonnes perspectives avaient été entrevues pour la redéfinition de nouveaux rapports entre employeurs et travailleurs, notamment du secteur du commerce où sourdait déjà une ébullition de revendications sociales. La ministre s’était alors déployé à calmer les frénésies de la tempête qui s’était annoncée. En relançant elle-même le dossier aujourd’hui, la ministre démontre sa détermination à aller au fond du problème pour ne pas laisser croire que le temps de répit qu’elle avait accordée allait perdurer.

Une occasion fortuite a servi au déclenchement de l’actuelle campagne de sensibilisation : l’ouverture à l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) d’un séminaire de formation sur le thème « Concevoir des programmes de formation par compétence ». C’est le 25 février qu’une délégation du Centre international de formation basé à Turin en Italie, organe de l’Organisation international du Travail (OIT), a, en effet, concrétisé le programme dudit séminaire.

La ministre Lukiana qui a présidé la cérémonie d’ouverture du séminaire a prononcé un discours significatifs dans lequel elle a réaffirmé sa détermination à œuvrer pour l’assainissement du monde du travail congolais, et par ricochet du secteur du commerce le plus gagné par l’informel tout en constituant la part majoritaire du monde du travail en RDC. Mme Lukiana qualifiera du reste ledit séminaire de « rendez-vous d’espoir pour l’amélioration de l’employabilité dans notre cher pays, vecteur important de lutte contre le chômage et le sous-développement qui tenaillent encore nos populations et ses dirigeants élus ».

Le credo de Lukiana a une fois de plus été proclamé sous les envolées de la suite son discours. « L’Emploi, déclarera Mme Lukiana, est l’un des cinq chantiers qui fondent la gouvernance de la Nation, pour ces cinq ans qui sont ceux des premiers pas démocratiques et donc appelés à impulser la réhabilitation de la dignité du peuple congolais. Or il n’y a pas de dignité d’une personne humaine sans emploi décent. De même qu’il n’y a pas d’emploi décent et durable sans compétence qui s’acquiert par la formation ».

Et voilà qu’au sortir de la cérémonie la ministre est assaillie presque par des manifestants. Renseignement pris, il s’avèrera qu’il s’est agi des travailleurs d’une entreprise de fabrication des cosmétiques très en vogue à Kinshasa, la Femco ( Fabrication d’emballage et fonctionnement). La meute de ces travailleurs ayant abandonné les ateliers situés à deux pas de l’INPP venaient d’initier une grève sauvage et tenaient à crier leur colère contre les injustices qu’ils subissent de la part de leur employeur pour que la ministre les entende bien.

Evidemment la ministre ne pouvait rester sourde à de tels cris, mais tenant à l’apaisement de climat en toutes circonstances, elle s’adressera aux manifestants pour les inviter au calme en promettant de revenir spécialement vérifier la situation 48 heures après, question de bien programmer cette action.

Défilé de délégations du secteur du commerce

Rentrée à son cabinet dans cette ambiance, la ministre entamera le même jour une série de consultations des acteurs du secteur du commerce dans le cadre de l’action de sensibilisation engagée. Ce sera le remarquable défilé de délégations d’opérateurs du secteur du commerce. La ministre recevra en premier lieu des membres de la communauté chinoise opérant dans le secteur commercial. Ensuite ont suivi ceux de la communauté ouest-africaine fourmillant de vendeurs d’articles et produits divers du marché congolais. Aux uns et aux autres, la ministre a rappelé les obligations que la législation congolaise leur impose en matière d’utilisation de la main-d’œuvre locale.

La même démarche a été poursuivie auprès des propriétaires des petites et moyennes entreprises dont la délégation fut conduite par le président de la Fédération nationale des petites et moyennes entreprises du Congo. M. Mbuku Mbumba. La communauté congolaise opérant dans le secteur de la commercialisation des produits pharmaceutiques notamment a été conduite par un de ses membres influents en la personne de M. Matamba Nyindu.

Tous ces interlocuteurs de la ministre se sont fait expliquer les desiderata de la ministre apparue leur conseillère préoccupée à les aider dans la bonne exploitation de leurs affaires commerciales. Au sortir des audiences, chaque chef de délégation exprimait une satisfaction non voilée d’avoir reçu de la ministre les judicieuses recommandations du gouvernement visant à assainir le secteur de l’emploi et la production attendue.

C’est par la voie du dialogue que la ministre entend parvenir à la restauration de la confiance entre partenaires du secteur du commerce pour les disposer à notamment fixer des salaires décents aux travailleurs qui à leur tour sont invités à mieux produire pour que toutes les parties trouvent leur compte. Mme Lukiana insistait chaque fois qu’il s’agissait des préalables incontournables à l’assainissement réel du secteur de l’Emploi. Le cas de l’effervescence signalée à l’entreprise Femco viendra servir d’exemple on eût dit providentiel pour prouver la pertinence de la démarche poursuivie par la ministre.

 Chose promise, chose due ! La ministre Lukiana s’est rendue mercredi à la rencontre des responsables et des travailleurs de l’entreprise Femco pour décanter le conflit social qui y viciait la situation. Dès l’arrivée de la ministre accompagnée d’une forte délégation de membres de son cabinet, notamment ceux concernés par l’Emploi, les travailleurs ont manifesté des signes de jubilation pour accueillir leur grand hôte gouvernemental. Mais protocole oblige, c’est le trio de principaux responsables de l’entreprise qui salueront la ministre débarquant de sa voiture. Ledit trio comprend le n°1, un sujet indien en la personne de M. Assan, le D.G. un Congolais du nom de Alhafu et le directeur des ressources humaines, M. Kankienge, sénateur de son Etat en tant qu’élu pour le compte de la province du Kasaï Oriental. Des aimables mots de bienvenue ont été adressés à la ministre avant de faire visiter à celle-ci et la délégation qui l’accompagnait les impressionnants ateliers de Femco ne méritant plus notoirement d’être ravalée au rang de petite et moyenne entreprise, mais bien d’une digne entreprise industrielle.

La visite a malheureusement révélé de scandaleuses conditions de travail pour la multitude d’employés de Femco, quelque 600 personnes ne comprenant que quelque 28 engagés et la grande majorité admise au statut de journaliers payés au solde de 600F.C. de prestation journalière. L’outil même de travail ainsi que les installations ne prédisposent pas aux conditions adéquates de travail. Dès le premier abord on est scandalisé par cette situation du reste dénoncée à cor et à cri par les travailleurs eux-mêmes. Chaque fois que la ministre passait devant les différents ateliers, les travailleurs criaient leur révolte pour les conditions inappropriées dans lesquels l’employeur les contraint à travailler.

Visiblement la ministre évitant de jeter l’huile au feu recherchait à concilier les vues des parties. Elle répétera aux travailleurs de s’acquitter consciencieusement de leurs tâches, tandis qu’elle, à son niveau, allait entamer les discussions avec l’employeur pour l’amener à corriger les manquements vis-à-vis du personnel et sous le coup desquels il tombait au regard des prescrits de la législation congolaise.

Code de travail à l’employeur et cachet spécial aux travailleurs !

Effectivement après la visite, la ministre a présidé dans les installations de Femco où ne sont pas placés les bureaux de la direction une longue séance de travail avec l’équipe du trio à la tête de l’entreprise, séance à laquelle furent associés deux travailleurs, faute de délégation syndicale non existante au sein de l’entreprise. A l’issue de la rencontre sera révélé l’objet des contacts pris. La concertation avait tourné autour des premiers engagements convenus pour décanter la situation délétère qui prévaut à Femco. La ministre a décidé la création d’une commission ad hoc en vue d’étudier les points de tiraillements entre travailleurs et employeur, à savoir : initier des pourparlers pour procéder à la régularisation de la situation des travailleurs avec acte d’engagement conforme à la législation du travail, fixation de meilleurs salaires, élection dans les meilleurs délais d’une délégation syndicale habilitée à la défense des intérêts des travailleurs auprès de l’employeur, et au finish refus d’introduction d’une Ong chargée de gérer la situation sociale des travailleurs comme l’employeurs tenait à l’envisager.

En attendant le démarrage des concertations de la commission ad hoc comprenant évidemment toutes les parties concernées, la ministre a tenu à marquer son passage à la société Femco dont le public ne reconnaît que les produits cosmétiques qui y sont fabriqués sans en savoir plus sur les conditions de cette production. La ministre Lukiana toujours conciliatrice a prodigué des conseils pratiques aux interlocuteurs qui l’ont accueillie.

Pour matérialiser le sens de la démarche de la ministre, elle remettra solennellement au Directeur général de Femco un exemplaire du Code du Travail pour que les gestionnaires de la société s’imprègnent suffisamment des prescrits de la législation congolaise sur la matière. La ministre réservera, par contre, le cachet spécial de son passage aux travailleurs en leur remettant des polos frappés des écriteaux de la fête du Travail de même qu’une enveloppe contenant de quoi payer un petit rafraîchissement à chaque travailleur. Et la ministre d’ironiser « plus que la solde journalière que paye l’entreprise ! » Le geste a été accueilli avec des ovations par les travailleurs reconnaissants.

Ce premier pas de la campagne de sensibilisation engagée annonce les couleurs de la suite qui verra certainement la ministre Lukiana affronter des milieux qui décèlent sans doute de nombreux autres scandales de négligence de la législation congolaise sur l’Emploi. Rien ne l’arrêtera, tellement elle est déterminée à changer ce qui ne va pas et donner une tant soit peu lueur d’espoir d’un travail digne et rémunérateur à la grande masse congolaise suffoquant soit sous le chômage, soit sous le travail avilissant, soit sous un emploi précaire et de désespoir.

Daniel Nzuzi/MMC

Last edited: 01/03/2008 10:58:56

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