Révisitation des contrats miniers la présentation des moyens de défenses expire aujourd’hui jeudi 28 février 2008 !
Kinshasa, 01/03/2008 / Politique
Les entreprises minières, indexées par la commission de révisitation des contrats et conventions miniers, ont jusqu’aujourd’hui jeudi 28 février 2008 pour présenter leurs moyens de défense devant un jury spécial créé au sein du ministère des Mines.
Les entreprises minières, indexées par la commission de ré visitation des contrats et conventions minières, ont jusqu’ aujourd’hui jeudi pour présenter leurs moyens de défense devant un jury spécial créé au sein du ministère des Mines. La révélation est du directeur de cabinet du ministre des Mines. Après la commission, c’est à un jury que devront se frotter les entreprises du secteur des mines. La saga continue !
Intervenant sur une radio locale, le directeur de cabinet du ministre des Mines, Martin Kabwelulu, avait fait savoir que les entreprises minières, indexées dans le rapport non encore divulgué de la commission de révisitation des contrats et conventions signées par les entreprises publiques et d’économie mixte avaient jusqu’aujourd’hui jeudi pour présenter leur moyen de défense.
A qui ? Certainement, devant le jury annoncé déjà depuis l’Afrique du Sud par le vice-ministre des Mines intervenant alors à la conférence minière d’Indaba.
Alexis Mikandji, directeur de cabinet du ministre des Mines, a repris l’essentiel des griefs portés à charge d’un premier échantillon de 63 contrats et conventions minières passées en revue par la commission ad hoc, instituée depuis mai 2007 par le gouvernement du Premier ministre, Antoine Gizenga. Les faits imputés aux entreprises passées et revue par la commission a-t-il rappelé, ont renvoyé notamment à la non présentation au préalable d’une étude de faisabilité au non paiement des droits superficiaires dus à l’Etat, via le Cadastre minier. A d’autres, il a été reproché le non paiement des impôts et taxes.
Si pour le directeur de cabinet du ministère des Mines, la démarche du gouvernement, en traitant cas par cas le dossier à soumettre à la sanction du gouvernement, est dicté par le souci de transparence d’un processus voulu remettre l’Etat dans ses droits dans le secteur minier, des interrogations persistent encore quant à l’objectivité d’une telle procédure. Dès l’instant, aucune précision n’a été donnée sur les personnes devant qui les entreprises devaient présenter leurs éléments de défense.
L’ incertitude
Après autant de tergiversations d’un processus qui, apparemment est encore loin de relever ses secrets les plus profonds sur quoi quel argument le gouvernement, notamment le ministère des Mines, pour prouver non seulement sa volonté, mais surtout sa capacité à mener jusqu’à terme un processus où s’entremêlent des intérêts parfois divergents.
Après le cri d’alarme tiré par Le Potentiel dans l’une de ses éditions, tout se passe comme si le gouvernement voulait demeurer maître d’un processus dont il croit être le seul géniteur donc, le seul à décider de son issue. Plus le processus de révisitation s’étire en longueur, plus s’accumulent des ambiguïtés et des incohérences dans la démarche du gouvernement. Car, comment comprendre que des entreprises déclarées hier opérées de manière irrégulière soient aujourd’hui blanchies avant même que n’ait été rendu publique la décision du gouvernement. C’est le cas de Boss Mining, accusé en octobre 2007 par le Parquet général de la République de détenir de manière irrégu1ière des titres miniers, mais lavée de tout soupçon par le directeur de cabinet des Mines alors que le ministère avait gardé le silence quand l’affaire avait surgi en son temps. Tout cela prouve que l’objectivité n’est pas encore au rendez-vous dans le travail que même la commission de révisitation des contrats et conventions minières.
Comme réclamé par différentes organisations de la Société civile, la crédibilité du travail mené par la commission reste encore subordonnée à la publication du rapport final de la commission et à la mise en place des procédures claires et objectif dans le travail de toilettage de ce rapport si il en est encore ainsi.
En confiant, tel qu’il semble en être le cas à la suite des propos du directeur de cabinet du ministre des Mines la relecture des contrats et conventions minières un jury spécial pour dernière appréciation, c’est une belle manière pour le gouvernement d’accroître le doute sur sa réelle volonté d’assainir le secteur minier congolais pour en faire un levier de développement.
Coalition pour la transparence
De Berlin, en passant par Bruxelles, Kinshasa, Londres, Lubumbashi, Montréal, Ottawa et Washington, une coalition d’organisations non gouvernementales a lancé un appel international réclamant la publication dans les plus brefs délais du rapport final de la commission ministérielle chargée de la révisitation des contrats miniers.
Cette commission créée par arrêté ministériel le 20 avril 2007, avait pour mandat « d’examiner les contrats de partenariat et leur impact sur le redressement desdites entreprises elle développement national, de proposer, s’il échet, des modalités de leur révision en vue de corriger ainsi les déséquilibres constatés et les vices y n’attachés ».
Les travaux de la commission, débutés à la mi-juin et prévus pour une durée de trois mois, se sont prolongés jusqu’à la fin octobre. Tout porte à croire, selon les documents et les informations circulant à Kinshasa et largement rapportés dans les médias internationaux, que les membres de la commission ont terminé l’examen technique et juridique d’une soixantaine de contrats miniers et ont arrêté leurs observations et recommandations. Cette fuite, motivée selon certaines sources, par des pressions des toutes sortes sur les commissaires pour faire modifier certains éléments du rapport a eu des effets immédiats recul des valeurs boursières de certaines entreprises et enquête policière. Une conduite plus diligente et plus diligente du processus de « révisitation » aurait sans doute pu éviter le flottement.
Il est donc impératif aujourd’hui que le gouvernement rende public le rapport complet afin de mettre un terme à l’incertitude et à la suspicion qui entachent le secteur minier, et permettre aux acteurs concernés de réagir au grand jour. Bien mené, l’exercice pourrait inaugurer une nouvelle 1ère de transparence et d’équité dans les négociations entourant l’affectation des contrats, en cours actuellement ou à venir. Car, à condition d’être bien mené, le processus de ré visitation des contrats miniers à l’avantage de l’économie congolaise, au développement national et de jeter les bases de la lutte contre la corruption dans la gestion des ressources nationales pour le bien-être de toute la population.
(Milor)
FaustinK./Le Potentiel
Last edited: 01/03/2008 11:00:34