Après la Monuc, c’est le tour du Parlement européen de tenir un langage ferme aux signataires de l’Acte d’engagement à la Paix de Goma pour non- respect de texte auquel les concernés ont pourtant souscrit.

Après la Monuc, c’est le tour du Parlement européen de tenir un langage ferme aux signataires de l’Acte d’engagement de Goma pour non-respect du texte signé solennellement le 23 Janvier 2008. Le Parlement européen, cité par l’AFP a adopté une résolution condamnant fermement les massacres et crimes contre l’humanité perpétrés depuis plusieurs années au Nord-Kivu, a-t-on appris lundi, le 25 février 2008 à Bruxelles. Le Parlement européen appelle toutes les autorités nationales et internationales compétentes à poursuivre et à juger « systématiquement » les auteurs de ces crimes.
Il demande au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre « d’urgence » toutes les mesures susceptibles d’empêcher les attaques contre les populations civiles, déplorant l’insuffisance des moyens de la Monuc et son incapacité d’éviter les massacres et les atteintes aux droits de l’homme au Nord-Kivu.
Dans le même ordre d’idées, le Parlement européen a lancé un appel pressant aux autorités rwandaises pour qu’elles s’impliquent « concrètement » dans la recherche de la paix au Nord-Kivu. Il a également invité l’Union européenne (UE) à débloquer des fonds d’urgence pour une aide humanitaire aux populations civiles de cette province de l’Est de la RDC. A titre de rappel, le Nord-Kivu est le théâtre d’affrontements entre les FARDC et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) dirigé par le général déchu Laurent N’Kunda.
Réaction de la Monuc
Il y a une semaine, la Monuc avait dénoncé des violations des droits de l’homme commises par plusieurs parties signataires de l’Acte d’engagement de Goma, dont les éléments de la 2eme brigade intégrée des FARDC, les Maï-Maï des Patriotes résistants congolais (PARECO) et les insurgés du CNDP. Ces derniers, selon la Monuc, auraient tué au moins trente civils à Kalonge et dans les villages aux alentours entre le 16 et le 20 janvier 2008, à titre de représailles contre la population qui s’était réfugié dans une zone contrôlée par le PARECO.
En réaction à cette affirmation, le CNDP avait « décidé de suspendre son engagement pris à Goma et aura exigé l’ouverture d’une enquête impartiale pour rétablir la vérité ». La décision du Parlement européen vient appuyer la préoccupation de la Monuc qui a rappelé « à toutes les parties que de tels actes qui vont à l’encontre de la lettre et de l’esprit de l’Acte d’engagement, risquent de compromette la situation sécuritaire précaire au Nord-Kivu.
Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Alan Doss a évoqué le mercredi 20 février dernier à l’occasion du 30ème anniversaire du Rotary international, « les efforts de la Monuc consacrés à la recherche de la paix, lors de la conférence de Goma laquelle était complémentaire de mesures antérieures, telles que le communiqué conjoint de Nairobi ».
Le chef de la Monuc qui a salué l’intérêt manifesté par son institution et la communauté internationale au sujet de la table ronde sur la réforme du secteur de la sécurité, a conclu en ces termes à propos de la mise en application des engagements et des accords signés : « Ce n’est pas l’accord qui compte, mais c’est ce qui suit ».
Eyenga Sana/Le Potentiel
Last edited: 28/02/2008 15:40:05