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Contrairement à ses dernières attentes, le gouvernement a été recalé dans ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). Par conséquent, le Point d’achèvement à l’Initiative d’annulation de la dette en faveur des pays pauvre très endettés. Prochain round RDC – FMI : avril 2008 Arrivée à Kinshasa le 17 février 2008 pour la dernière évaluation aux négociations devant amener à la conclusion, entre la RDC et le Fonds monétaire international, d’un nouveau programme trien­nal, la délégation du département Afrique du FMI a bouclé sa mis­sion d’une Semaine. Ce, par un point de presse animé mardi 26 février, en sa représentation, cin­quième niveau de 1’immeuble abritant l’Hôtel des monnaies.

Ce que l’on craignait de­puis quelques temps s’est pro­duit. Il n’y aura pas de « Dossier RDC » au prochain Conseil d’administration du Fmi, prévu en mars prochain. Donc, pas de pro­gramme triennal avec le Fmi au titre de la Facilité pour la réduc­tion de la pauvreté et pour la croissance. Ce qui renvoie auto­matiquement à plus tard en tout cas pas avant fin 2008 la pos­sibilité pour la RDC d’atteindre le point d’achèvement à l’initia­tive d’annulation de la dette en faveur des pays pauvres très endettés. PPTE. Ce sont environ 10 milliards Usd d’économie de dette, du fait de non remboursement qui échappent à la Rdc.

L’on se souviendra que le gouvernement s’était fixé comme l’une de ses priorités, cette année, la conclusion d’un nouveau programme triennal avec le Fmi au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Par con­séquent, s’aménager une large marge de manœuvre pour attein­dre, avant fin 2008, le point d’achèvement à l’initiative d’annulation de dette en faveur des pays pauvres très endettés (Ppte).

En séjour à Kinshasa, la délégation des experts du dépar­tement Afrique du Fmi, conduite par Brian W. Ames, vient de ren­voyer aux calendes grecques le vœu, pourtant accrochant ex­primé par le gouvernement, et réitéré à maintes reprises par certains de ses membres regrou­pés au sein de la Commission de suivi des programmes conclus avec les institutions financières internationales (Cispi). Le gou­vernement vient donc d’être re­calé de la  session de mars 2008.

Le suspense est levé

L’on a assez entretenu le suspense autour des chances  d’un programme triennal. Et ce, après la fin brutale du Pro­gramme économique du gouver­nement exécuté entre avril 2002 et mars 2006.

Contrairement à son opti­misme, le gouvernement dé­chante aujourd’hui la RDC ne sera pas à l’ordre du jour du pro­chain Conseil d’administration du Fmi. prévu en mars 2008. L’Exécutif doit encore faire preuve de sa capacité à supporter poids et contraintes des réformes en cours d’exécution. Les dérapa­ges constatés en novembre et décembre 2007, et qui se sont répercutés dans des proportions inquiétantes en début janvier 2008, ont eu raison de la volonté du gouvernement de conclure le plus rapidement possible un nou­veau programme avec le FMI.

Prochain round: avril 2008

La Cispi en avait fait sa priorité. Mais, ni de la Banque centrale du Congo, après maints ajustements de sa politique mo­nétaire, ni le gouvernement en réajustant ses finances publiques, n’ont pu renverser les mauvai­ses tendances de la situation éco­nomique, monétaire et financière du pays. Avec un déficit cumulé en début janvier 2008 de près de 50 milliards de francs Congo­lais, l’on devait inévitablement s’attendre au pire. Le scénario que l’on redoutait s’est donc pro­duit.

La confirmation a été donné mardi dernier à Kinshasa par Brian Ames lors d’un point de presse animé à la représentation du FMI en RDC. « Concernant la conclusion d’un nouveau programme triennal, les négo­ciations devront continuer en avril prochain lors des pro­chaines assemblées annuelles du Fmi et de la Banque mon­diale à Washington », a dit l’ex­pert du Fmi. Plus explicite, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, présent à ce rendez-­vous avec la presse, n’a pas caché l’échec des concertations menées jusqu’ici avec le FMI laissant toutefois une marge de manœuvre au gouvernement de pouvoir se racheter dans trois mois. Soit d’ici juin 2008, tout en relevant cependant des préala­bles: une parfaite coordination entre les impératifs de la politi­que monétaire et budgétaire.

L’ombre chinoise

De son côté pour ce qui se rapporte à la politique moné­taire le gouvernement s’est racheté. Il a rappelé toutes les mesures prises depuis quelques temps en vue de ramener l’ac­calmie sur le marché de change et maîtriser, jusque-là, l’inflation.

Au demeurant, c’est vers le gouvernement que l’on se tourne. C’est de là que naissent les faisceaux de déséquilibre qui se propagent à grande vitesse sur l’ensemble du cadre macro-éco­nomique ;

Autant dire que, c’est en manipulant avec doigté et dexté­rité ses finances publiques que le gouvernement se prévaudra des chances d’entamer en toute quiétude les prochaines négociations avec le FMI. Car, à enten­dre Brian Ames, rien n’est en­core perdu.

Toutefois, sans le dire ouvertement, Brian Ames a laissé entendre dans ses explications le scepticisme encore intact du Fmi sur les accords liant la RDC à la Chine. Quelles en seront les im­plications sur le cadre macro­économique? Quel est le pro­cessus de désendettement en­clenché par le fait de la partici­pation de la RDC à l’initiative PPTE? Autant de questions autour desquelles le FMI est resté sans réponse. Ce qui sans doute motiverait encore ses ré­serves à s’engager formellement avec la RDC dans un nouveau programme triennal.

Même s’il a avoué avoir été saisi par le gouvernement congolais pour des conseils au sujet de probables implications  
des prêts chinois sur l’équilibre du cadre macro-économique. Le FMI par son envoyé spécial de la RDC est resté évasif sur la ques­tion. « Le débat a porté sur les grandes lignes les déta- ils manquent encore à ce sujet », a-t-il répondu à la question de la presse pour connaître le point de vue de son institution sur les ac­cords liant la RDC à la Chine.

Comme pour dire que le gouvernement n’a pas con­vaincu. Il a, pour ce faire, un sur­sis d’un mois pour réunir les élé­ments matériels de sa défense. Tout se passe comme si la con­clusion d’un nouveau pro­gramme reste suspendu à la « question chinoise ». Car, pour le FMI, il est tout à fait paradoxal que la RDC prétende à l’effa­cement de sa dette extérieure au travers de l’initiative Ppte, et de récréer en même temps un nou­veau cycle d’endettement en multipliant les accords de prêt avec la Chine.

C’est autour de ces ques­tions et bien d’autres d’ailleurs que graviteront les discussions avec le FMI en avril prochain lors de ses assemblées de Washington. Toujours est-il que supposée hypothétique en début de cette année, l’atteinte du point d’achèvement à l’initiative Ppte paraît dès lors impossible pour l’année 2008. Tout se joue dé­sormais sur la conclusion d’un nouveau programme triennal, seule soupape de sécurité pour rouvrir le chemin à l’effacement d’environ 10 milliards Usd de dette bi et multilatérale de la RDC envers ses divers partenaires.

(Ern.)

Le Potentiel

Last edited: 28/02/2008 15:29:18

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