Qu’ils évitent de nous servir de l’eau dans des verres sales, la parole de Dieu mélangée à une danse et une animation mondaines et obscènes.
A l’instar de leurs aînés et collègues profanes, les musiciens chrétiens sont rongés par des virus de la division qui fragilisent cette profession. A titre illustratif, une douche froide qu’une sœur en Christ mariée a infligée à sa consœur, il y a de cela quelques mois. Ayant appris qu’une de ses collègues se produisait à la Foire internationale de Kinshasa (Fikin), la sœur Marie Misamu qui se trouvait dans les parages a résolu de passer par la, en vue de la complimenter avec son groupe, et leur témoigner son amour.
Arrivée sur les lieux, la sœur Marie Misamu sera bien accueillie par le protocole. Peu après, elle sera invitée par les mélomanes à jouer une chanson en duo avec sa collègue pour la gloire du Seigneur. Ne redoutant de rien, la chantre du Seigneur monte sur le podium, en vue de répondre au desideratum des mélomanes. Mais quelle ne fut pas sa déception, sa forte déception, face au refus catégorique de cette dernière de jouer sur un même podium qu’elle. Blessée dans son amour propre, la pauvre sœur en Christ éclate en sanglots devant des milliers des mélomanes médusés et révoltés.
« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous purifiez le dehors de la coupe et du plat, alors qu’en dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance. Pharisien aveugle ! Purifiez premièrement ! l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne pur. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous ressemblez a des sépulcres blanchis qui paraissent beaux au dehors, et qui au dedans sont pleins d’ossements de morts et de toutes espèces d’impureté.Vous, de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais au-dedans vous êtes remplis d’hypocrisie et d’iniquité ». (Matthieu 23, 25-28).
Bien plus, lors de son passage dans une émission télévisée d’une chaîne privée locale, la star féminine de la chanson chrétienne, la soeur Marie Misamu, a fustigé la haine viscérale dont elle est objet de la part d’un groupe de ses collègues. Ces derniers, a-t-elle relevé, ne jurent que par sa chute. Ils lui jettent des peaux de banane et la diabolisent partout où ils passent. Pis encore, ils se débattent comme des diablotins à convaincre son producteur à résilier leur contrat de partenariat.
En outre, certains mélomanes ont déploré l’absence de la quasi-totalité des musiciens chrétiens (à l’exception de la soeur Marie Misamu) aux obsèques de Bialu Madilu Multi System. A en croire certains proches des musiciens chrétiens approchés par votre quotidien, cette absence se justifierait, entre autre, par le fait que les musiciens de l’autre rive, entendez les musiciens « profanes », ne s’étaient pas présentés au Centenaire protestant pour honorer la mémoire de feu Charles Mombaya. A l’exception de Fally lpupa.
A ce sujet, que nous dit la Bible :
« Soyez remplis d’amour fraternel, de compassion, d’humilité. Ne rendez pas le mal pour le mal, ni insulte pour insulte ; au contraire, bénissez, car c’est a cela que vous avez été appelés afin d’hériter la bénédiction ». (1 Pierre 3, 8-9).
Floraison intempestive des groupes musicaux
L’on assiste depuis plus de dix ans à une floraison intempestive des groupes musicaux chrétiens. Ceux-ci naissent comme des champignons dans la brousse, l’espace d’un matin. Ils disparaissent après, un deux ou trois album.
Pour certains, faute de manque de moyens financiers conséquents. Pour d’autres à cause des producteurs ou sponsors sérieux. Pour d’autres, encore, c’est l’inspiration qui fait défaut; en d’autres termes, l’absence d’auteurs compositeurs féconds, pourvus de plusieurs cartouches pour faire long feu.
Le Frère Taïs Nkelele n’a produit qu’un seul album « Rabbi olobi nini ? » avant de jeter l’éponge. Le Frère Robert Kombo n’a plus d’inspiration depuis qu’il a sorti l’album « Amen » dont la chanson « Bilaka » est devenue le générique du groupe théâtral « Evangéliste ». La Sœur, Henriette n’émet plus après sa chanson phare « Sekele ya motema », contenue dans l’album « Aponi ngai » et très adulée par Général Sony Kafuta Rockman, le pasteur responsable de l’Eglise Armée de I’Eternel. La Sœur Chantal Ngalula s’est endormie alors qu’elle a demandé aux mamans de se réveiller à travers sa chanson « Kosala ». Le Frère Eva Mbikayi a-t-il succombé à la suite des souffrances ! Sa chanson “Souffrance na boyi » contenue dans l’album portant le même nom est tombée dans les oubliettes.
Les Frères Andy bimi Ombale et David Ntumba du ministère du Combat spirituel du couple Olangi ne se font plus signaler sur le marché des disques ; le premier a produit l’album « Yahwe Nzakomba », et le second album « Bo kondima » et « Yaya na nga ». La Sœur Nana Lukezo s’en est allée avec sa « Référence », une chanson qui l’avait propulsée sur la scène musicale chrétienne congolaise. La chanson est reprise dans l’album « Jésus ma référence ».(Ndrl Ce n’est pas correct car la soeur Nana Lukezo s’est exprimé dans un autre album « Le chant de mon cœur ». Le Frère René Lokwa ne fait plus signe de vie; ses chansons « Bobele yo, Alleluia, Teya... » ne sont plus tellement d’actualité. L’album « Likambo ya ngolu » de l’évangéliste David Ike Baali n’a vécu que l’espace d’un matin. Tout comme « Soleil levant » du Frère Benjamin Mulamba avec la chanson phare « Vive le Roi ». Le Frère Thomas Lokofe n’a plus relevé la tête après l’album « Je lève mes yeux ». Un album qui a fait l’unanimité autour de ce chantre avec ses chansons telles que « Abattoir, Remis et Yahwe yoka losambo ». Cette dernière chanson est le générique de la Prière du soir de la Radiotélévision Sentinelle de l’Eglise « Cite Béthel » de l’Apôtre Emmanuel Mbiye.
Repenser la méthode de travail, un défi de la musique chrétienne
En tant que telle, la musique chrétienne recèle plusieurs lacunes sur le plan tant du fond, c’est-à-dire du contenu que de la forme. Du point de vue du contenu, il est reproché aux musiciens chrétiens de ne pas creuser en profondeur les thèmes de leurs chansons. Certains d’entre eux s’adonnent beaucoup plus à la partie instrumentale (la danse et l’animation), et d’autres aux remix. Le message demeure assez superficiel. Coup de chapeau aux frères Patrice Ngoy Musoko et Alain Moloto. Leurs chansons regorgent des messages assez profonds et qui appellent beaucoup à la méditation, à la réflexion.
Quant à la forme, les musiciens chrétiens sont appelés à innover. Ils ne doivent seulement se contenter de suivre leurs collègues de l’autre rive. Ils doivent apprendre à créer leur propre créneau, look, danse, animation..., tout en respectant leur statut de chrétien. Qu’ils évitent de nous servir de l’eau dans des verres sales, la parole de Dieu mélangée à une danse et une animation mondaines et obscènes. La leçon des églises traditionnelles, notamment catholique, kimbanguiste, musulmane, protestante... vaut toute sa pesanteur. Chaque église possède un style distinctif et particulier, de même qu’une ligne de conduite que suivent scrupuleusement les musiciens.
(Milor)Michel Lungudi Luka/Le Phare
Last edited: 03/03/2008 14:05:15