En mission officielle dans la capitale du cuivre, un ministre du gouvernement central a failli être lynché, dimanche 23 février 2008, par les partisans d’une « autorité » provinciale en désaccord avec la hiérarchie de son parti. Il est étonnant que l’incident, qui se passe comme un simple fait-divers ne soit pas considéré comme un acte de flagrance qui désacralise indubitablement l’autorité de l’Etat !

Edouard Kabukapua, ministre des Affaires foncières, a eu des sueurs froides le lundi 25 février, à son arrivée à Lubumbashi. A l’hôtel où il est descendu, le Park Hôtel précisément, des milliers de militants de l’Unafec - Kyungu wa Kumwanza, président de l’Assemblée provinciale du Katanga, tenaient à lui faire la peau.
Son malheur, c’est d’appartenir à l’Unafec- Kisimba Ngoy, jusque-là président national de ce parti, mais en conflit ouvert avec son ex-vice-président Kyungu wa Kumwanza. Pour les militants de Kyungu wa Kumwanza, ce poste leur revient. En séjournant à lubumbashi, le ministre se trouvait en zone adverse » devrait payer de son audace, subir les conséquences de cet affront. N’eut été l’intervention du gouverneur de la province du Katanga et des responsables de la Police, un malheur serait vite arrivé.
D’ailleurs, pour disperser la foule, les services de l’ordre et de sécurité ont dû faire usage de leurs armes. C’est dire que la tension était vive.
Une flagrance
Mais la question qui vient immédiatement à l’esprit est celle de savoir, que serait-il arrivé si le député et président national de l’Unafec. Me Kisimba Ngoy avait effectué en personne le déplacement ? Il y aurait eu mort d’hommes aux conséquences incalculables.
Cependant, la gravité de cet incident de Lubumbashi réside en ce fait qu’un ministre du gouvernement central en mission officielle vient d’échapper à un lynchage. Pire, le présumé commanditaire de ce « commando », pour une expédition punitive ne serait autre qu’une autorité politique régionale. Par surcroît, le président de l’Assemblée provinciale, le prolongement de l’Assemblée nationale, institution en charge de l’édiction des lois de la République. Une personne supposée être sage, pondérée, un modèle de société en possession de toutes ses facultés intellectuelles et morales.
Certes, les différends politiques sont légion. Il arrive souvent qu’au sein d’un même parti, des voix divergent, allant jusqu’à la scission. Mais, pousser jusqu’à porter atteinte à l’intégrité physique d’une personne, au plus haut point de la hiérarchie politique, un ministre du pouvoir central. C’est désacraliser ni plus ni moins l’autorité de l’Etat. Ce qui vient de se passer à Lubumbashi impose une réunion urgente de la part du gouvernement pour saisir immédiatement le président de la République en vue d’une réaction appropriée. Parallèlement, l’Assemblée nationale et le Sénat devraient aussi se saisir de ce cas, toutes affaires cessantes, pour se réunir en congrès dès la prochaine rentrée parlementaire en vue de proposer des sanctions au président de la république, seul constitutionnellement habilité, à se prononcer sur les violations commises au niveau des entités provinciales. Entre temps, les Cours et Tribunaux, saisis du différend Unafec, de siéger en matière de flagrance afin de dire la loi dans toute sa rigueur.
Effet boule de neige
La gravité de l’incident de Lubumbashi mérite une réaction immédiate et adéquate. Il ne s’agit nullement d’un autre fait divers que l’on classerait sans suite, comme d’autres cas précédents commis dans les mêmes circonstances de temps et de lieux, lesquels ont porté un coup dur au crédit et terni l’image de l’Etat. Le danger, dans la légèreté de la gestion de cet incident, c’est qu’il pourrait y avoir des effets boule de neige. En effet, il est inconcevable, au moment où tout le monde, y compris les partenaires extérieurs s’emploient à restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, en ciblant en ces instants précis le grand Kivu et l’Ituri, qu’au Katanga l’on se mette en exergue par des actes et un comportement qui frisent le sécessionnisme.
Le danger, une fois de plus, c’est quand on s’emploie à neutraliser les « forces négatives, les groupes armés et les milices » au Kivu et en Ituri, il se crée d’autres « milices » au Katanga à l’initiative d’une autorité établie. Tel comportement est préjudiciable au bon fonctionnement des institutions tant nationales que provinciales, et s’érige en obstacle en plein milieu du processus politique en République démocratique du Congo.
Voilà pourquoi le gouvernement de la République doit briser illico presto le silence et engager la procédure y afférente dans le but bien indiqué de faire respecter les institutions de la République. Car, presque aux mêmes instants, dans la province du Bas-Congo, la sonnette d’alarme vient d’être tirée.
L’autorité de l’Etat est bafouée par une secte religieuse qui outrepasse les limites de toute vocation spirituelle pour se substituer à l’Etat, si pas tout simplement en bande, rebelle ».
Les derniers témoignages en provenance de cette province sur des horreurs, des violences, des actes inciviques commis dans les districts de Luozi et de Seke-Banza par les adeptes de cette secte, placent le gouvernement central au pied du mur. Bien plus, en établissant un lien avec cet incident de Lubumbashi, ces faits, dirions-nous, consacrent progressivement la désacralisation de l’autorité de l’Etat. Péril est en la demeure.
Maître Edouard Kabukapua Batangila, membre influent du parti Unafec/ Kisimba et ministre des Affaires foncières, a été pris en otage par une foule compacte de militants de l’aile Kyungu à Lubumbashi où il était en mission de service.
La « capitale » de la province du Katanga a, en effet, vécu sous un choc terrible le lundi 25 février dernier, du fait que des femmes et des hommes vociférant des menaces se sont très tôt le matin déployés aux alentours de l’hôtel Park Hôtel où est descendu le ministre Kabukapua.
La raison de ce tohu-bohu dans cette partie de la ville cuprifère: agresser Kabukapua, membre de la cour de Kisimba Ngoy, ennemi déclaré du dissident de l’Unafec et actuel président de l’Assemblée provinciale du Katanga, Kyungu wa Kumwanza.
Des agents de la police dépêchés sur les lieux ont, vers 16 heures 30, tiré en l’air à l’arme automatique au niveau de la grande place de la Poste de Lubumbashi afin de disperser les émeutiers qui tenaient à tout prix à s’offrir la peau du membre du gouvernement, mais qui était un usurpateur pour eux.
En effet, les partisans de Kyungu qui estiment que la place occupée par Me Kabukapua au gouvernement devait revenir à l’un d’entre-deux avaient menacé de déloger celui-ci du Park Hôtel afin d’en faire ce qu’ils voulaient. Lançant ainsi un cinglant défi à la fois à l’autorité et aux forces de l’ordre. Le représentant du gouvernement du parti Unafec/Kisimba Ngoy a donc failli être sérieusement « secoué » par des inciviques contre lesquels cette formation politique dénonce les entraves dressées dans l’exercice normal des activités d’un ministre de la République et membre du gouvernement central dans une partie de la Rd Congo.
Les agents du ministère des Affaires foncières, travaillant à Lubumbashi, ont - tout comme les agents de l’ordre - porté secours au ministre en difficulté, alors qu’ils devaient plutôt avoir une séance de travail avec lui.
L’incident, dont la nouvelle a vite gagné la ville, a fait tâche d’huile d’autant plus que le lieu d’accueil du ministre est un endroit stratégique de Lubumbashi et est susceptible de vite attirer l’attention de la population.
Une population qui, dans sa majorité - selon des témoins oculaires - n’a pas apprécié l’acte posé par les pro-Kyungu.
Par ailleurs, certaines sources ont révélé que les supporters de Kyungu attendaient plutôt Honorius Kisimba Ngoy en personne. Et, ils auraient déjà fomenté un coup depuis le 23 février, dans le sens de le « corriger », lui qui aurait « confisqué » le pouvoir de leur leader.
Face à cette situation, qualifiée d’extrêmement dangereuse et anti démocratique par les « Kisimbistes », l’Unafec/ Kisimba - tout en condamnant l’attitude des autorités de la ville de Lubumbashi et de la province du Katanga face à cette manœuvre montée et entretenue délibérément par des inciviques à un moment où ce parti est en procès avec la dissidence condamnée par le jugement RC 98 190/G.I.G du Tribunal de grande instance de Gombe rendu le 18 août 2007 - en appelle à leurs Excellences le Président de la République et le Premier ministre ainsi qu’à toutes les autorités du pays de prendre leur responsabilités pour rétablir l’ordre et faire respecter la Constitution de la République.
(Milor)
Junior Ngongo/Uhuru/Le Potentiel
Last edited: 27/02/2008 18:29:37