La tenue de la table ronde sur la réforme du secteur de sécurité en Rdc s’est révélée une occasion d’évoquer aussi les réformes appelées dans les services de la Police nationale comme s’y est attelé le ministre de l’Intérieur et même de la Justice revenant à la tutelle de ce ministère

Les raisons de la Réforme de la Police Nationale Congolaise (PNC), ses modalités pratiques ainsi que les attentes formulées par le ministère de l’Intérieur, de la décentralisation et de la sécurité ont été présentées, lundi, à Kinshasa, par le ministre d’Etat titulaire de ce ministère, Denis Kalume Numbi, à l’occasion de l’ouverture de la Table Ronde sur la réforme du secteur de sécurité en RDC.
La cérémonie d’ouverture de ces travaux initiés par le Premier ministre, chef du gouvernement, sous le haut patronage du Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a été présidée au Grand Hôtel Kinshasa par M. François Joseph Mobutu Nzanga, représentant le Premier ministre, Antoine Gizenga.
M. Denis Kalume Numbi a présenté d’abord l’état des lieux de la Police au démarrage de la période de transition et le dysfonctionnement qui la caractérisait, avant d’évoquer la démarche suivie dans le cadre de cette réforme, à savoir la mise en place d’un groupe de réflexion composé d’experts, la production, l’enrichissement et la validation d’un rapport des experts par la société civile et les autres acteurs étatiques et non étatiques, rappelant que la PNC de l’époque était née des cendres de quatre forces de la gendarmerie et de la Garde civile auxquelles il faut ajouter les polices des ex-fractions belligérantes. Cette police avait une configuration hétéroclite. Elle était mal formée et mal encadrée, dotée de maigres moyens d’action, a-t-il dit.
Le chef de la PNC a relevé ensuite le bien fondé de la création du groupe mixte de réflexion sur la réforme et la restructuration de la police, composé d’experts nationaux et internationaux. Ces derniers avaient, à la faveur d’un séminaire organisé en novembre 2005, la mission de procéder à un état des lieux de l’actuelle PNC, de formuler des recommandations pour la définition de la future police et de rédiger un avant projet de loi organique sur son organisation et son fonctionnement.
Un séminaire national d’enrichissement et d’appropriation par les cadres de la police nationale s’est tenu en décembre 2006, au cours duquel le Premier ministre réaffirmait la volonté du gouvernement de s’atteler à la refondation de l’Etat et à l’instauration d’un Etat de droit en RDC.
Vision de la nouvelle Police nationale
La nouvelle Police nationale de la RDC sera civile, unique, professionnelle et au service du peuple congolais, a martelé Denis Kalume Numbi, précisant que les éléments qui la composent seront recrutés, selon des critères bien déterminés et transparents, bénéficiant d’une gestion de carrière modernisée, d’une formation de qualité, d’un accès à l’avancement équitable et réglementé, des conditions de travail dignes d’un Etat moderne faisant d’eux des membres d’un service public intégré dans la population et à son service.
Le ministre d’Etat en charge de l’Administration du territoire congolais a fait valoir que l’organisation et le fonctionnement de la nouvelle police devront tenir compte du nouveau découpage administratif du pays avec 26 provinces. Cette réforme de la police se fera sous la supervision du comité de suivi de la réforme, citée parmi les actions prioritaires définies dans le contrat de gouvernance rappelé dans le plan d’action prioritaire du gouvernement, créé par décret du Premier ministre du 18 septembre 2007.
Quant aux attentes du ministère de l’Intérieur par rapport aux travaux de la Table Ronde, elles concernent le plan général d’action à court, moyen et long terme, les plans d’urgences spécifiques notamment la sécurisation immédiate de la population des grands centres urbains contre les vols à mains armées et autres criminalités.
Grandes lignes du plan directeur de la réforme de l’Armée

Le ministre de la Défense et des anciens combattants, Chikez Diemu, est intervenu, lundi, à la tribune de la Table Ronde sur la réforme de la sécurité en RDC, dans un exposé axé sur les grandes lignes du plan directeur de la réforme des Forces armées de la RDC (FARDC).
Les objectifs globaux qui soutendent les missions constitutionnelles dévolues aux FARDC sont, a-t-il précisé, ceux d’assurer l’instruction, et la formation aux éléments des Forces armées de la RDC, garantir l’acquisition d’équipements et de matériel à travers un partenariat actif et multiforme. Les objectifs spécifiques fixent, selon le ministre de la Défense, le chronogramme à court terme (2008-2010) destiné à la mise en œuvre d’une force de réaction rapide, à moyen terme (2008-2015) pour une force de couverture et enfin à long terme (2015-2020) pour une force de défense principale.
L’armée devra appuyer la reconstruction des infrastructures civiles et militaires et, à ce titre, consolider la réconciliation armée-peuple, notamment en participant à la production nationale pour garantir l’autosuffisance alimentaire.
La réforme de la justice, une nécessité
Succédant à son collègue de la Défense et des anciens combattants, le ministre de la Justice et droits humains, Mutombo Bakafwa, a affirmé que les travaux de la table Ronde sur la réforme du secteur de sécurité en RDC constitue le point de départ des mutations que connaîtra le système de sécurité en particulier et judiciaire en général. Car la justice, la paix et la sécurité sont intimement liées.
Me Mutombo Bakafwa a reconnu « le grave dysfonctionnement du système judiciaire congolais » que le peuple congolais, par la voix du Chef de l’Etat, a stigmatisé le 06 décembre 2007 dans son discours au Congrès sur l’état de la Nation. Il a rappelé la nécessité de réformer l’arsenal judiciaire et la justice congolaise.
Cette nécessité a été recommandée non seulement par la Conférence nationale souveraine (CNS) mais aussi réaffirmé lors de l’organisation des états généraux de la justice (1996-1997) et par l’audit de 2004. Un comité composé de bailleurs de fonds et des représentants du Code judiciaire a été chargé de coordonner les initiatives d’appui de la réforme.
Le plan d’action pour la réforme de la justice en RDC a pour objectifs de transposer dans un ordre juridique interne les principes énoncés dans la constitution, assurer à l’ensemble de la population un meilleur accès à la justice, lutter contre l’impunité et l’extorsion etc.
Mutombo Bakafwa a également évoqué dans ce contexte la finalisation et l’implantation des tribunaux de paix et de commerce avant de signaler le recrutement de nouveaux magistrats, la construction et la réhabilitation des établissements pénitentiaires en vue de donner une nouvelle image de la justice congolaise.
ACP
Last edited: 26/02/2008 17:33:29