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Bonjour | 17/05/2008 5:32 | English Make DC Home page | RSS feed

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Le public et bien de respectables personnes avisées signalent la multiplication des attaques ou autres actes d’intimidation que subissent la plupart des victimes que ciblent les miliciens à la solde du leader de la secte Bundu dia Kongo, de surcroît député national. Ce sont les «Makesa », de jeunes gens de BDK, qui font la loi maintenant. Ils gardent les frontières. Ils ont tout le pouvoir. La police est absente. Ce sont ces  « Makesa » qui sont là-bas. L’hymne national est interdit. Depuis samedi, il circule.

« l’hymne national » qui doit être enseigné dans toutes les écoles qui sont là. C’est l’hymne de BDK. Notre hymne national doit tomber. Nos frontières sont vides. Nos policiers sont presque invisibles.

Les makesa font la loi le long des frontières. Il n’y a pas longtemps les personnels de santé, notamment les médecins, ont abandonné leurs postes. Par exemple à Kibunzi. Nous nous inquiétons. Et maintenant, nos fidèles sont en difficulté: ils sont attaqués. L’Etat qui est appelé à protéger les personnes et leurs biens, semble être invisible.

Pas parce que l’Etat est faible, mais la situation de BDK n’est pas facile à traiter. Notre Eglise condamne tous ces actes de BDK. Notre Eglise demande que soit vite instaurée l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la province. Et que les élèves, les enseignants, les prêtres, les pasteurs, partout travaillent en toute quiétude.

Nous pensons aussi que le silence de l’Etat nous dérange. La xénophobie règne depuis un bon moment ».

Abbé André Mingiedi de la paroisse Kimuaka, secteur de Kinkenge, territoire de Luozi torturé le 21 janvier 2008: « Cela s’est passé le jeudi 21 janvier 2008. Très tôt à 7h 30’, trois makesa étaient venus à la Cure après la messe. J’étais en soutane. Ils sont venus me prendre pour aller me faire juger à 300 m de la mission. J’avais résisté. Et puis, ils m’ont amené de force jusque-là où il y avait le réseau. Ils m’ont enlevé de force, Parce qu’on avait négocié de 7h 30’ jusqu’à 11h, pour que cela n’arrive. Mais, ils n’ont pas voulu, Malgré le numéro de téléphone de M. Kibila, numéro deux de Bundu dia Kongo. Celui-là voulait un peu nous interroger, mais le réseau ne marchait pas «A partir de 100m de leur »  « zikua », ils ont commencé à me tabasser, à me torturer jusque-là où se trouvait leur « zikua ».

Au lieu qu’ils me jugent, c’était plutôt l’humiliation la plus totale. Ils vont me mettre à terre, à me faire asseoir par terre, à malaxer de la boue. Après, ils vont me demander de me coucher sur cette boue. Après m’être couché, ils vont commencer à jeter de l’eau sur tout mon corps. J’étais mouillé. J’avais beaucoup d’eau sur ma tête. De la boue.

Un moment donné, je verrai un tabouret qui va cacher ma tête. Après ils viendront avec un bassin d’eau plein de piment. Deux «Makesa » vont s’approcher.

L’un va ouvrir grandement mon oeil gauche. Il va introduire du piment dans mes yeux. Ainsi de suite. J’ai beaucoup crié, j’ai beaucoup pleuré pendant une dizaine de minutes. J’avais perdu même le souffle. Les gens pensaient que j’étais mort de souffrance. Au lieu qu’ils arrêtent les tortures sur mon corps, ils vont continuer parce qu’ils jugeaient également d’autres gens pendant ce temps-là. La torture avait duré de 12h jusqu’à 17h.

Et leur chef va venir dire à ses hommes que je n’allais pas passer au procès sinon il va recevoir 72 coups de bâtons. Cette parole sera me jugée par les makesa.

 Pour eux, il fallait me tabasser jusqu’à ce que mort s’ensuive. Parce qu’il fallait me juger et après me tuer. Ils vont renoncer au jugement, fort heureusement. Et un moment donné, l’heure était arrivée pour la bastonnade. Ils vont me coucher encore au sot, dans la boue, la tête cachée. Deux personnes vont venir avec deux bâtons, d’à peu près un mettre cinquante, de caféier. Je me suis comprimé parce que je me disais que s’ils me frappaient au dos ou aux côtes, je m’étais dit que les côtes allaient se casser. Mais Dieu était avec moi, j’ai fait un signe de la croix. Mes tortionnaires vont me donner l’ordre de ne pas bouger sinon chaque coup devait être recommencé.

Le premier va commencer avec toute son énergie. Il m’a frappé très fort en comptant : un, deux, trois. . . J’ai crié très fort, essoufflé... Les gens ont commencé à fuir, les élèves ont déserté l’école. . . Tout le monde s’est mis à pleurer. Je n’en pouvais plus. Jusqu’au vingtième coup, je n’avais plus de parole. Après le 32ème coup... et ainsi de suite, il va dire 36éme comme si on  allait changer de personne qui viendra encore frapper fort jusqu’au 72ème coup. Il me frappe aux fesses et au 72ême, II dit « voilà, il a bougé deux fois. Comme il a bougé deux fois, il faut encore deux autres coups ». Il va frapper les deux autres coups » et comme par un réflexe, je vais sortir mon bras. Raison pour laquelle, ils vont frapper vers mon bras et le bras s’est facturé en ce moment-là.

Quand le silence du gouvernement central et du Parlement inquiète

Alors que le phénomène BDK et ses effets sont réels, s’exclament    les observateurs, le silence du Gouvernement central et de l’Assemblée nationale inquiète plus qu’il ne rassure la population au Bas-Congo. Apparemment, note-t-on dans ces deux institutions, on ne semble pas prendre à mesure réelle de la situation.

Rien ne semble encore fait pour dissuader les adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) où pour contrer ce plan de déstabilisation de la RDC.

Ce silence peut tout aussi être interprété par le BDK, concluent les observateurs avertis comme un signe de faiblesse surtout que, plus d’une foi, on a donné l’impression de négocier avec Ne Muanda Nsemi et le BDK sans que ne cessent les différents abus déplorés.

Au contraire, le BDK défie, très visiblement, le Gouvernement central au point que même les policiers commis à certaines tâches au Bas-fleuve et à Luozi ne sont pas eux-mêmes en sécurité pour prétendre sécuriser les populations, expliquent des témoins.

Même si, pour sa part, l’inspecteur provincial de la police, le général Raüs, parle plutôt de situation passagère.

Optimiste, le premier policier de la province du Bas-Congo attend de recevoir des moyens de Kinshasa en vue de faire face à la situation. Optimisme partagé également par le ticket Mbatshi-Nkusu (respectivement gouverneur et vice­gouverneur du Bas-Congo) qui entend restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la province en comptant, bien sûr, sur le soutien du Gouvernement central parce que la menace BDK guette toute la RDC en procédant, stratégie oblige, par rendre le    Bas-Congo ingouvernable.

En tout cas, redoutent les observateurs, si rien n’est fait dans les meilleurs délais afin de juguler les effets de BDK dans la province du bas-­Congo, le Gouvernement central de la RDC et l’Assemblée nationale courent le risque de ne se réveiller que quand il sera trop tard pour arrêter l’hémorragie.

(Milor)

Forum Des As

Last edited: 26/02/2008 17:18:38

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