Le désordre dans l’exploitation minière au Nord-Kivu vient de pousser les autorités à décider la suspension des activités de ce secteur, particulièrement dans le territoire de Walikale, en vue de permettre une meilleure réorganisation des activités concernées.

Le gouvernement congolais a suspendu “jusqu’à nouvel ordre” l’exploitation minière dans le Nord-Kivu, région de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), pour réorganiser le secteur, a-t-on appris lundi de source officielle. Cette décision, qui concerne essentiellement le territoire de Walikale, a été annoncée dimanche en présence des autorités et élus locaux dans la capitale provinciale Goma, où le ministre des Mines, Martin Kabwelulu, effectuait depuis une semaine une visite d’inspection.
La région est notamment riche en coltan, un minerai très recherché entrant dans la composition d’alliages utilisés dans l’électronique de pointe. Selon M. Kabwelulu cité par la radio Okapi (parrainée par l’ONU), “un plan d’exploitation et d’encadrement des exptortants sera mis en vigueur dès le début du mois de mars pour remettre de l’ordre” dans ce secteur où opèrent également des militaires incontrôlés de l’armée congolaise.
La mesure a été également prise pour permettre à la population de Walikale de “bénéficier du fruit de l’exploitation” de ses ressources minières. Selon les autorités de Walikale contactées par l’AFP, plus d’une dizaine de rotations de petits porteurs s’effectuent quotidiennement dans ce territoire. Ces avions atterrissent à Goma avant de prendre la direction des pays voisins.
Plusieurs opérateurs miniers privés, congolais et étrangers, exploitent le coltan de Walikale. Un délai de quarante-huit heures a été accordé à tous les exploitants pour évacuer leurs produits vers Goma.
Le ministre des Mines corrige le dysfonctionnement du secteur minier au kivu
Le ministre des Mines du gouvernement central, M. Martin Kabwelulu, à effectué jeudi dernier une mission de travail de quelques heures au chef lieu de la province du Sud-Kivu consistant comme à Goma au Nord-Kivu, d’où il venait, à corriger le disfonctionnement constaté dans le secteur minier, annonce une dépêche dimanche à l’ACP.
Le ministre a révélé, lors de sa rencontre avec les exploitants miniers au gouvernorat de province que nombreux à qui ont été octroyés des permis de recherches voici deux à trois ans, ne parviennent pas à les mettre en service.
Il a indiqué qu’au Sud-Kivu, on dénombre 143 détenteurs de permis d’exploitation, mais seuls 23 sont actifs. Les défaillants, a affirmé le ministre, subiront la rigueur de la loi par le retrait de ces titres. Le ministre a également insisté, sur la nécessité d’imprégnation par tous les opérateurs miniers, du code ainsi que du règlement régissant ce secteur en RDC.
L’aspect lié au cadastre minier a également été évoqué en attendant la mise en place effective de ce service en province. S’agissant des trois entreprises d’exploitation implantées dans la province et dont les statuts, mieux, la légalité ne cesse de défrayer la chronique, en l’occurrence SAKIMA, SOMICO, BANRO, le ministre a tranché que BANRO jouit du régime juridique d’entreprise privée, tandis que SAKIMA est une entreprise publique, ayant remplacé l’ex-SOMINKI. Quant à la SOMICO, le ministre était formel. Celle-ci, n’existe pas.
Il a par ailleurs, demandé aux autorités provinciales de tout faire pour mettre fin à ses activités. Retenons que la courte durée de la mission du ministre Kabwelulu ne l’a pas empêché d’aller à Twangiza en territoire de Walungu pour visiter les sites de forage, le centre des recherches minières et le premier laboratoire de Banro dans la commune de Kadutu avant de remettre une contribution aux sinistrés du tremblement de terre.
(Th)
Uhuru/ACP
Last edited: 26/02/2008 16:34:11