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Bonjour | 07/10/2008 5:05 | English Make DC Home page | RSS feed

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Des instructeurs belges viennent d’assurer à Kananga à près de 300 éléments de l’armée nationale l’apprentissage de l’électricité, maçonnerie, plomberie, menuiserie et la fonction de contremaître dans le cadre de la formation de l’armée du développement dont la Rdc tient à se doter. Près de 300 militai­res congolais, venus de 11 provinces, ont bénéficié, à Kananga, d’une formation à la pratique de certains métiers manuels. Ils ont déjà mis leurs connaissances à profit sur des chantiers so­cialement utiles. Trois cents membres des Forces Ar­mées de la République Démocratique du Congo, venus de onze provinces du pays, viennent de béné­ficier d’un apprentissage à l’électricité, la maçonnerie, la plomberie, la menuiserie et la fonction de contremaî­tre. La formation de quatre mois, organisée par le con­tingent militaire belge à ka­nanga, chef-lieu de la pro­vince du Kasaï-Occidental, s’est terminé en janvier et, déjà, ses premiers résultats apparaissent. Pour Margue­ritte Lukampeta, maire in­térimaire de la ville, « cette formation a un impact positif sur la ville de Kananga. Ces soldats ont déjà réalisé plu­sieurs projets communau­taires comme la réhabilita­tion des écoles et un foyer social au camp militaire Bobozo, la fabrication des bancs pour des écoles, la construction d’un petit pont au quartier Malandji Nord...

L’objectif premier de cette formation était de préparer les hommes aux différents métiers, afin qu’ils contribuent à la reconstruc­tion du pays, selon le lieu­tenant Van Daele, respon­sable du coaching de la for­mation. Ce que confirme le Major José Katambayi, du détachement congolais de la Formation Continue du Genie. (FCG), en précisant que l’art du génie doit être « civile-militaire », c’est-à-dire contribuer aux oeuvres sociales et à la reconstruc­tion du pays. En outre, les soldats formés pourront y trouver une source de re­venus. D’où la décision des deux gouvernements, con­golais et belge, de mettre sur pied cette formation, financée par la Belgique, dont l’armée a envoyé des instructeurs sur place.

Pour une meilleure image...

Une seconde mo­tivation apparaît toutefois en filigrane. Les militaires congolais, comme d’autres fonctionnaires, n’ont pas un salaire suffisant, explique un officier, ils sont donc ten­tés de compenser en ran­çonnant la population lors de multiples tracasseries, selon l’expression locale. Et d’ajouter qu’une telle for­mation contribue aussi à les diminuer. Maurice Defays, le commandant de l’arrière-­garde du détachement belge, confirme que cette formation consiste  aussi à valoriser l’armée afin de changer la mauvaise ima­ge des militaires. Outre les métiers déjà cités, les par­ticipants ont aussi appris à cultiver un champ de maïs, précise le Major Katambayi, afin de contribuer à l’auto­suffisance alimentaire.

Et, ajoute-t-il, pour que le soldat retrouve ainsi sa dignité et cesse d’être clochardisé. Les hommes ont d’ailleurs aussi été formés aux « Va­leurs morales » que sont les droits humains, la résolution des conflits, la notion de la patrie; etc. Peinture, nettoyage, remise en état de murs, dégagement d’un réseau sanitaire, entretien général des terrains, fabrication de bancs et de tables, assem­blage des portes et pose des fenêtres.. autant de plats au menu de la forma­tion. « L’enthousiasme des élèves et des instructeurs est élevé. Et leur inventivité aussi : ils se débrouillent avec le matériel qu’ils ont, signalait en cours de forma­tion le site web de l’armée belge.

Gagner sa vie

Et ça marche, ap­paremment. Déjà, durant la partie pratique de leur formation, les soldats ont été actifs sur différents chantiers sur la ville de Ka­nanga, parmi lesquels la construction d’un foyer pour enfants de la rue au centre Kankala. Ensuite, certains ont déjà pu monnayer leurs nouvelles compétences. Un médecin de Kananga a fait appel à eux pour construire sa maison au centre-ville. D’autres ont débouché des toilettes à l’hôtel Elite, dans le quartier Azda de Kanan­ga. D’autres encore, rentrés chez eux à Kalemie après la formation, ont été engagés pour restaurer la ville de la base militaire de Kamina.

L’avis de Jacqueline Ken­da, propriétaire de l’Hôtel Elite, est révélateur « Ces militaires ont suivi une formation de qualité. Plu­sieurs plombiers de la ville qui prétendent connaître le métier avaient tenté ce dé­bouchage, en vain, et mes clients en souffraient. Avec les plombiers FCG, le résul­tat est là. »

« C’est surpre­nant de voir les militaires au service de la reconstruction, enchaîne Mimy Tshama, une couturière de la place. On sent un changement dans cette province ». C’est aussi l’avis de Nico Shun­gu, étudiant à l’Université du Kasaï, qui regrette ce­pendant que le nombre de militaires formés soit trop réduit : « Que les autorités compétentes élargissent ce programme », suggère-t-il. « Que les militaires formés forment les autres ! », rétor­que Mimy Tshama.

Mais les plus en­thousiastes restent sans doute les apprenants eux-­mêmes. « Je suis très con­tent de cette formation qui a ajouté les connaissances d’un métier à mes capacités militaires, conclut l’un d’eux, Menga Matuzolela. J’ai aussi beaucoup acquis sur le savoir vivre, la santé... Et désormais, je gagne quel­que chose; je viens d’ache­ter un téléviseur grâce à ce métier ».

(Th)

Henriette Kumakana/Syfia International/Le Phare

Last edited: 26/02/2008 16:19:04

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