Pendant que le brassage a du plomb dans l’aile, il s’est ouvert au Grand Hôtel Kinshasa les travaux de réforme du sys­tème de sécurité de la Rdc.

Les objectifs globaux de la réforme de l’armée sont ressortis, chacun un chronogramme qui se déroulera en 3 étapes.

De 2008 à 2010, la mise en œuvre d’une force de réaction rapide, composée de 12 bataillons et chargée d’assurer la relève de la Monuc. La 2ème étape, de 2010 à 2015, la formation d’une force de couverture chargée de la production. Cette force de couverture sera aussi chargée de réconcilier les forces armées entre elles et avec la population. Cette reforme est une priorité congolaise, certes, mais elle a besoin des apports extérieurs dans la politique d’apprendre à pêcher au lieu de donner toujours du poisson.

Au moment où  l’on célèbre les six ans de l’ouverture des travaux du dialogue inter congolais, un des problèmes qu’on croyait avoir résolu au cours de ce forum est de nouveau sur le tapis. Il s’agit des for­ces de sécurité. Partant de la thèse selon laquelle il y avait plus d’une administration dans ce pays pendant la guerre, on avait tiré la conclu­sion qu’il y avait trois armées. Le ministre de la dé­fense, Cikez Diemu situe l’ob­jectif de cette réforme. Après la réussite du processus électoral, il faut en consolider les acquis. Pour ce faire, es­time-t-il, la réforme du secteur de sécurité est une priorité des priorités.

Sans sécurité, les faits le démontrent, il n y a pas de développement. Pas étonnant que la puissance économique passe par la Ca­pacité de se défendre. C’est en fait après ce qui est arrivé au Nord-Kivu que la néces­sité de la réforme de la sécu­rité est présentée comme priorité pendant que le pays faisait face à une rébellion qui bénéficie d’une étonnante com préhension. Que l’idée ait été lancée par les partenai­res ou qu’elle vienne du gou­vernement congolais, sa con­crétisation a besoin des apports extérieurs. Cikez Diemu le reconnaît, il préconise la voie qui va de « l’assistance à la libération en rappelant le proverbe chinois selon lequel : « Donne-moi un pois­son, je mangerai un jour, ap­prends-moi à pécher, je man­gerai toute ma vie ». Il ne peut en être autrement en matière de sécurité pour tout pays qui se veut indépendant et souverain.

Cikez Diemu, faisant l’état des lieux de son sec­teur, a évoqué l’organisation générale de la défense au re­gard de la loi n°04/023 du 12 novembre 2004 sur l’organisa­tion générale de la Défense et des Forces armées. Cela passe par les programmes Pnddr et Psnifa. Il s’agit des programmes amorcés pen­dant la transition dont le pa­rachèvement est en souf­france faute de financement.

Les trois objectifs globaux

Le ministre Chikez Diemu a donné 3 objectifs globaux ressortis chacun d’un chronogramme qui se dérou­lera en 3 étapes. De 2008 à 2010, il y aura la mise en œuvre d’une force de réaction rapide, composée de 12 bataillons et chargée d’assurer la relève de la Monuc.

La 2ème étape, de 2010 à 2015, consistera en la formation d’une force de cou­verture chargée de la produc­tion. Une production servant à l’alimentation des membres des forces armées. Cette force de couverture sera aussi chargée de réconcilier les for­ces armées entre elles, mais aussi avec la population.

La 3ème étape du chronogramme présenté par ministre couvrira la période 2015 à 2020. C’est l’étape de la modernisation de l’armée, avec la formation d’une force dissuasive qui dépendra sur­tout de la réussite des deux premières.

Comment développer ce plan? Chikez Diemu a reconnu que c’est une priorité congo­laise même si l’aide exté­rieure est requise. Et le mi­nistre de la défense repose tous ces objectifs sur un pro­gramme de synergie reposant sur quatre piliers que sont « la dissuasion, la production, la reconstruction et l’excel­lence ». Il est vrai que l’armée, c’est le gros du système de défense. Pour être complet, elle a besoin des autres secteurs à l’instar de la Justice et de la police.

C’est dans ce cadre que le ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, De­nis Kalume, a dévoilé sa vision d’une police qui devra être civile, unique et professionnelle pour le peuple con­golais. Les éléments de cette police devront être recrutée sur de bases d’impartialité. Dans son comportement, cette po­lice est celle qui respecte l’égalité, et observe les droit de l’homme.

La sécurité et les autres secteurs

Tout doit se faire dans un Etat de droit. Et qui dit Etat de droit dit Justice. Pour Mutombo Bakafwasenda, le ministre de la Justice, la jus­tice implique avant tout l’ap­plication de la Constitution afin d’assurer à la population un meilleur accès à la justice. Le tout passe par une butte contre la corruption et l’impu­nité. Il y a, selon Mutombo Bakafwasenda nécessité d’assurer aux magistrats de bonnes conditions de travail. Le ministre a également mis l’accent sur les conditions de recrutement efficace afin de construire et de réhabiliter les services judiciaires et péniten­tiaires.

Le paradoxe dans les réformes que la Rdc mène, c’est que les partenaires mul­tilatéraux ou bilatéraux sont chauds au départ au point de paraître plus congolais que les Congolais. Mais, ils aban­donnent le bateau en pleine marée sous divers prétextes. Dans le cadre de la réforme de la sécurité, la Belgique en a fait une préoccupation prin­cipale. Présent à la cérémo­nie d’ouverture des travaux de la réforme de la sécurité, l’Ambassadeur de Belgique a appelé l’implication des pays voisins de la Rdc et des autres pays partenaires. C’est tout dire dans le cadre de la Rdc. Ce pays souffre de la mauvaise presse à tel point qu’à la dernière réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, il a été épinglé comme une menace pour la paix interna­tionale à cause de la pré­sence des milices rwan­daises que personne n’avait invitées dans ce pays.

Mais jusque quand les pays voisins seront-ils impliqués dans les problèmes de la Rdc, même ceux comme souveraineté ? Il est temps pour la Rdc de penser à une diplomatie de grandeur.

Dipbomatie et sécurité

Tant que l’on se mettra  dans la peau d’acquiesseur avec un sourire dément, on pourra for­mer et reformer le système de sécurité, on n’assurera pas la grandeur de ce pays. La grandeur d’un pays, c’est aussi à travers ses prises de position. Un adage kinois le souligne avec beaucoup d’a propos: « On peut manquer à manger, mais on ne peut manquer à dire ». Surtout lorsqu’on parle de vous, se taire est signe de faiblesse. Si l’armée est appelée à em­pêcher le viol du territoire na­tional, la diplomatie et la presse empêchent de violer la dignité nationale. Dommage que ces deux secteurs ne soient pas associés dans la réforme du système de la sécurité nationale.

(Ern.)

J. Diana G./L’Avenir