Pour la énième fois, le gouvernement a décidé le déguerpissement des services non autorisés à œuvrer aux postes frontaliers et ce, depuis la Deuxième République. Ces agents non autorisés facilitent le dédouanement frauduleux au grand dam de la Trésorerie.

L’annonce de ces décisions laisse sceptique le commun des Congolais. Même si des sanctions ont été préconisées contre les responsables qui n’obéiraient pas à l’injonction gouvernementale. Le scepticisme de la population est dû au fait que les chefs de l’Exécutif (le Président de la République et le Premier ministre) connaissent parfaitement les responsables des services publics qui encombrent les postes frontaliers et qui érigent des barrières sur les routes. Ils n’ont donc pas besoin d’attendre l’issue des délibérations du Conseil des ministres pour leur intimer l’ordre de vider les lieux.
Etant donné qu’aucun service de l’Etat n’échappe à leur contrôle. La menace de sanctions suffira-t-elle pour persuader les responsables des services publics réfractaires. ?
Rien n’est moins sûr. En effet, rien ne nous garantit que le gouvernement, qui n’a pas su faire respecter ces décisions depuis des lustres, pourra le faire maintenant. L’espoir fait vivre, dit-on. Le peuple congolais espère que cette fois sera la bonne.
Invasion des postes frontaliers
Le gouvernement doit donc prendre toutes les dispositions pour que ces décisions et toutes les autres qu’il a prises ou qu’il prendra soient de stricte application. Le pléthore des services publics aux postes frontaliers ternit non seulement l’image de marque de notre pays, mais contribue aussi à la hausse des prix des biens et des services.
Les étrangers qui débarquent à l’aéroport international de Ndjli ou aux ports internationaux de Boma et de Matadi sont littéralement assiégés par une multitude d’agents, dont chacun utilise tous les subterfuges pour leur soutirer de l’argent. Les agents des services autorisés à oeuvrer aux postes frontaliers sont ainsi contraints à collaborer avec des marginaux pour accomplir leurs missions respectives.
Une autre décision prise par le dernier conseil des ministres est le démantèlement des barrières érigées sur les routes, les voies fluviales et lacustres. La multiplicité des barrières handicape considérablement la bonne circulation des personnes et des biens à travers le pays. Les méfaits commis par les agents de l’ordre ou d’autres services en faction aux différentes barrières sont connus des autorités administratives, judiciaires, policières et militaires, extorsions, amandes fantaisistes, exactions, arrestations arbitraires, bastonnades, etc.
Bref, automobilistes et passagers sont obligés de délier la bourse pour franchir chaque barrière.
Sur la nationale n°1, les agents de l’OFIDA se distinguent par un excès de zèle qui ne s’explique pas. A chaque barrière, ces derniers ne se contentent pas de viser les documents relatifs au dédouanement. Ils poussent le zèle jusqu’à refaire les calculs des droits perçus à Boma ou à Matadi. Alors que leurs collègues de Boma et de Matadi ont autorisé la sortie de la marchandise, après vérification et contre-vérification. Les communications étant devenues très faciles dans notre pays, les agents de la Brigade douanière devraient se limiter à contacter leurs collègues du lieu de dédouanement, pour vérifier si la déclaration qui leur est présente est authentique. En définitive, l’OFIDA a l’obligation d’informatiser ses services sur toute l’étendue du territoire national, pour faciliter la tâche de sa brigade.
Les voies fluviales et lacustres sont aussi envahies par des barrières où s’affairent les agents de nombreux services publics. Comme sur les routes, les commerçants, les voyageurs et les propriétaires des unités fluviales sont contraints de graisser la patte des préposés pour continuer leur route. Les exigences des agents qui campent aux carrières routières, fluviales et lacustres sont telles qu’on a l’impression de franchir la frontière pour entrer dans un pays étranger.
Les gouvernements précédents n’étaient jamais parvenus à débarrasser de nos voies de communication les sangsues qui s’y accrochent, envers et contre tous. On peut les comprendre partiellement: Ils n’avaient aucune légitimité. Or tel n’est pas le cas du gouvernement actuel, issu des élections libres qui ont permis au peuple Congolais de se choisir ses dirigeants. Le gouvernement Gizenga n’a donc de compte à rendre qu’au peuple congolais et non à l’une ou l’autre autorité politique, policière, militaire ou judiciaire qui tirerait profit de la présence des services non autorisés aux postes frontaliers des barrières érigées le long des routes, des cours d’eau ou des lacs navigables.
Le moment est venu de rétablir effectivement l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national sous le contrôle du gouvernement légal. Si, après les décisions du conseil des ministres, les services non autorisés continuent a être présents aux postes frontaliers et que les barrières routières, fluviales et lacustres ne sont pas démantelées, le peuple congolais n’aura qu’à constater l’incapacité du gouvernement de gouverner.
D’ores et déjà force est de constater, malheureusement, que les preuves de cette incapacité abondent...
(Milor)
Luzolo lu Nzambl/L’ Etoile
Last edited: 25/02/2008 16:16:54