Réfléchir des solutions à un problème est une chose, mais appliquer les stratégies des décisions prises en est une autre.

Tel est, l’avis général des chefs des missions diplomatiques et postes consulaires ayant pris part à la première conférence des ambassadeurs. Interrogés par la presse, à l’issue de ces assises, sur la tenue de la conférence, la coopération bilatérale et l’apport des Congolais au développement de leur pays, quelques ambassadeurs et chefs de missions diplomatiques ont livré leurs impressions à la rédaction de notre journal.
Ce qu’ils pensent de la tenue de cette conférence...
Eric Paluku, ambassadeur de la RDC en Angola : « Cette conférence va, certainement, nous permettre d’élever l’image de la diplomatie congolaise. Au cours de ces assises, nous aurons, à exposer tous les problèmes que nous rencontrons et, nous espérons qu’ils soient bien canalisés pour arriver à une bonne diplomatie.
Répondant à une question lui posée sur l’expulsion des Congolais en situation irrégulière en Angola, Eric Paluku a déclaré qu’il évoque presque tous les jours, ce problème avec les autorités angolaises et se rend régulièrement dans les provinces auxiliaires afin de voir les effectifs des Congolais refoulés. C’est un problème délicat, a-t-il reconnu, avant d’indiquer qu’il est aussi difficile, de contrôler tous les mouvements d’entrée et de sortie au niveau de longues frontières, soit environ 2.500 km entre l’Angola et la RD. Congo.
Aussi, convient-il de relever l’aspect important que l’ambassadeur a souligné, celui du strict respect de l’application de la loi angolaise sur l’immigration. A ce sujet, il a conseillé aux Congolais qui veulent se rendre en Angola, de se munir d’une carte d’identité et d’un laissez-passer qui est renouvelable afin d’échapper quelque peu à ces expulsions en attendant de se mettre en règle avec les papiers adéquats. Toutefois, il a rassuré que notre pays est en pourparlers avec l’Angola en vue d’alléger cette loi. Mais, il a souligné qu’il n’y a pas que des Congolais qui sont refoulés, cette loi touche tout le monde en situation irrégulière, même les ouest africains etc.
Côté diplomatie, il a confié que notre pays est entrain de relancer la coopération économique avec l’Angola sur le pétrole, le diamant... Cette même démarche va s’appliquer au profit de la recherche d’une coopération commerciale en vue d’augmenter des échanges commerciaux qui se font déjà aux marches frontaliers.
Albert Tshiseleka Felha, ambassadeur de la Rdc en Italie et représentant permanent auprès de la FAO, FIDA et PAM : « Nos impressions sont bonnes dans la mesure où nous avons fait un état de lieu nous permettant d’identifier tous les défis auxquels nous devons faire face, nous avons envisagé des solutions, des stratégies d’action pouvant nous permettre de redynamiser l’appareil diplomatique ». Le diplomate a relevé que ces défis rencontrés sont d’ordre financier, matériel et humain. Au terme de cette conférence, il se réjouit du fait qu’ils ont tous eu, une vision plus claire de la diplomatie de paix et de développement qu’ils comptent mettre en œuvre et espèrent que le gouvernement et le ministère de tutelle puissent rapidement les mettre en oeuvre.
Il a également déclaré être entrain de sensibiliser les Congolais qui vivent en Italie et qui sont estimés à environ 2.000, pour les inciter davantage à contribuer au développement de notre pays.
Marcel Mulumba, ambassadeur de la Rdc au Japon : « Cette conférence était très importante, elle nous a permis à nous qui vivons sur le terrain et aux autorités politiques d’échanger sur les expériences dans nos missions diplomatiques spécifiques. Nous pouvons considérer cette conférence comme une sorte ou un pas vers les états généraux de la diplomatie congolaise et espérons que la mise en œuvre des recommandations se fasse pour un fonctionnement harmonieux de notre diplomatie ». Quant à la coopération bilatérale, il a fait savoir qu’elle se porte bien et que le Japon est l’un des grands partenaires de notre pays rappelant qu’il a été le premier pays à ouvrir un consulat général en 1955, avant l’indépendance.
François Balumene, ambassadeur de la Rdc en Inde : Ce dernier a dit que ses impressions étaient positives puisqu’il s’agit de l’instauration d’une nouvelle tradition. Comme ses collègues également, il espère que leurs aspirations atteignent l’autorité suprême afin de remettre notre vieille diplomatie dans des conditions internationales acceptables.
La coopération bilatérale se porte bien a-t-il dit, l’Inde est considéré, après la Chine comme un grand exemple. Nous nous souviendrons de l’aide de 53,5 millions de dollars accordée pour 4 projets en Rdc dont l’acquisition de 250 bus pour le transport en commun à Kinshasa, de l’aide accordée à la MIBAZ, etc. L’Inde organise aussi plusieurs forums dont le forum Inde-Afrique qui se tiendra du 19 au 21 mars auquel prendront part les ministres congolais de l’Energie, Industrie et celui des Mines.
Johnson Baelongandi, ambassadeur de la Rdc en Zambie : Il a noté la volonté des autorités congolaises de changer des choses en instituant une nouvelle diplomatie de paix et de développement. Toutefois, comme ces collègues, Johnson Baelongandi a souhaité que les recommandations soient appliquées contrairement comme par le passé. Ceci, avec l’avènement de la démocratie, et la nouvelle vision de la diplomatie initiée parle Chef de l’Etat qui est, d’après lui, une diplomatie inhérente car, Joseph Kabila a rétabli les relations avec quelques pays voisins avec qui nous étions en conflit et a élaboré le plan de développement connu sous le nom de 5 chantiers.
Quant à la coopération bilatérale, le diplomate congolais a souligné que les deux pays entretiennent de bonnes relations et doivent les renforcer car, précise-t-il, la Zambie et la Rdc partagent une longue frontière longue de 1.900km de part et d’autre, où l’on retrouve aussi les mêmes peuples et tribus. En outre, il y a des mines qui se trouvent » à 1km de la frontière, ce qui appelle nécessairement à une coopération entre les deux pays. Certes, a-t-il reconnu, il existe aussi des problèmes liés aux personnes et aux marchandises au niveau des frontières, lesquels seront abordés lors de la grande commission mixte qui se tiendra à Kinshasa, dans un proche avenir. L’ambassadeur n’a pas manqué de rappeler le rôle important que la Zambie a joué lors de l’agression rwando-ougandaise que la Rdc a connu en 1998. Lusaka, la capitale, a donc été le lieu de rencontre des belligérants où a été signé le premier accord de cessation des hostilités en 1999.
Enfin, Johnson Baelongandi a évoqué l’accord tripartite signé entre la Zambie, la Rdc et le HCR pour le rapatriement des Congolais réfugiés dont le nombre est estimé à environ 100.000. A ce sujet, trois convois ont été effectués dans ce sens. Rappelons aussi qu’une contribution financière de ces Congolais a dernièrement été remise pour l’opération « Paix en Rdc »
(Ern.)
Clarisse Nsisi/Uhuru
Last edited: 25/02/2008 15:44:24