Antipas Mbusa Nyamwisi, ministre des Affaires étrangères et à la Coopératio internationale, a séjourné samedi 23 février à Oyo, en République du Congo où il a remis au Président Denis Sassou Nguesso un message personnel du Président Joseph Kabila en perspective de la tenue d’un sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEEAC sur la crise tchadienne.

Cette initiative a vu le jour au lendemain de la visite qu’une importante délégation de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, CEEAC, a effectué à N’Djamena. Juste après la tentative du coup de force des rebelles tchadiens pour prendre le pouvoir. Cette visite avait réconforté le président Idriss Déby qui n’avait pas hésité à solliciter du président en exercice de la CEEAC la tenue d’un sommet extraordinaire sur le Tchad tant il y va de la sécurité des pays de toute la région. Depuis, Kabila ne cesse de multiplier des efforts dans ce sens. Raison pour laquelle il dépêche le ministre des Affaires étrangères auprès de ses collègues de l’Afrique centrale.
Après Brazzaville, le ministre Mbusa Nyamwisi qui est accompagné du Conseiller principal du président de la République en charge de la diplomatie, Marcellin Chisambo, devrait se rendre dimanche à Libreville, rencontrer le président Bongo. Il est fort possible que cette même délégation poursuive sa mission à Bangui, Bujumbura, Luanda, Yaoundé, Malabo, capitale de la Guinée Bissau, avant de tirer les leçons qui s’imposent sur la tenue de ce sommet extraordinaire sur le Tchad.
Vous venez de recevoir le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Antipas Mbusa Nyamisi, porteur d’un message du président Kabila, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC). En quoi consiste ce message ?
Je ne peux pas vous révéler le contenu d’un message qui m’a été transmis par voix diplomatique. Mais vous pouvez imaginer que le président Kabila étant président en exercice de la CEEAC, cette organisation est préoccupée par quelques problèmes de sécurité, comme celui du Tchad. Il était normal que nous l’évoquions étant donné que lors du dernier sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, mon frère Kadhafi et moi-même avions été investis du mandat de médiateur dans cette crise tchadienne. Ce sujet a été évoqué amplement au cours de cette audience.
Quelle lecture faites-vous de la réaction tchadienne quand son président estime que l’Union Africaine a abandonné le Tchad en ne condamnant pas en des termes sans équivoque cette agression contrôlée par le Soudan ?
Je ne pense pas que l’Union Africaine ait abandonné le Tchad. Lors du sommet d’Addis-Abeba, l’Union Africaine a condamné l’attaque des rebelles contre le gouvernement légitime du Tchad et a apporté son soutien au gouvernement de N’Djamena. Je crois que l’UA n’a pas abandonné le Tchad.
Les forces de la CEEAC ne sont pas intervenues dans la bataille de N’Djamena. Dire que dernièrement, des manœuvres militaires de la CEEAC se sont déroulées au Tchad même. Qu’en dites-vous ?
Les manœuvres militaires de Basel Gazal ont justement pour but d’exprimer la mise en œuvre de cette brigade sous régionale en attente. Tous les mécanismes ne sont peut-être pas encore au point pour permettre une intervention instantanée dans le cadre du corps de paix de la brigade sous-régionale de l’Union Africaine. Au moment où nous nous entretenons, nos ministres sont en réunion à Libreville, justement pour accélérer la mise en œuvre concrète de la mise en place de cette brigade.
La manœuvre de Basel Gazal au Tchad est un signal de la sous-région pour prouver qu’elle est en mesure de s’organiser et de faire face à une situation de sécurité collective. Mais c’est un processus qui est en marche.
Le Tchad est en train de solliciter la convocation d’un sommet extraordinaire de la CEEAC. Qu’en pensez-vous ?
Nous soutenons l’idée de la convocation de ce sommet. Et si le président en exercice de la CEEAC, le président Kabila, convoque un tel sommet pour analyser la situation dans la sous-région, nous participerons activement à la tenue de ce sommet.
Vous le voyez à Brazzaville, à Kinshasa, ou à N’Djamena…
Nous sommes près à aller partout. D’une manière générale, nous n’avons jamais été absents à quelle que réunion que ce soit ; qu’il soit au niveau de l’Union Africaine, sous-régional. Lorsque des problèmes d’Afrique surgissent, nous sommes toujours présents.
(Yes)Propos recueillis par Freddy Mulumba Kabuayi/Le Potentiel