Réputé pour ses coups tordus, Honoré Ngbanda a choisi précisément la période où s’effectue l’autodétermination du kosovo pour évoquer un plan de démembrement de la RDC soutenu, à l’en croire, par l’Angola et l’Afrique du Sud. Dans un document en circulation sur le web. Il pointe du doigt respectivement Luanda (pour une rébellion qui partirait du Bas-Congo avec pour bras séculier le mouve­ment politico-religieux Bundu dia Kongo) et Pretoria (pour une rébellion qui partirait du Katanga avec la « bénédic­tion » du gouverneur Moïse Katumbi).

Devrait-on prendre au sérieux cette information? Si Et pour cause! En 1996, un document avait circulé au pays. Intitulé « No paper », il avait été at­tribué au Pentagone (siège du ministère de la Défense, de l’Etat-major général de l’ar­mée et des Services de sé­curité américains). Les auteurs, non identifiés à l’épo­que, évoquaient justement un plan de démembrement du Zaïre certaines provinces frontalières devant être ratta­chées à certains Etats voi­sins. Le prétexte trouvé était le fait pour le pays d’être trop grand pour être bien gou­verné.

Ainsi, le Kivu devrait être réparti entre le Burundi et le Rwanda. Une bonne partie de la Province Orientale placée en territoire ougan­dais. Le Katanga devrait être rattaché à la Tanzanie et  la Zambie pendant que l’Angola se serait offerte le Bandundu Ouest et l’ensemble du Bas­-Congo. Depuis, quelques es­prits éveillés soupçonnent Honoré Ngbanda d’en être l’initiateur.

Carte « Washington ­Paris »

Vraisemblablement, « Spécial » continue d’y tra­vailler en accusant cependant les autres de vouloir favoriser la balkanisation du pays. C’est facile à démontrer. En effet, l’homme n’est pas sans savoir que la seule puissance capable de déci­der du sort de la RDC par rap­port à l’intégrité territoriale ou à la désintégration de l’unité nationale est l’Amérique : Les Etats- Unis.

Or, quelle est sa cons­tante depuis le déclenche­ment, en 1990, de l’Afdl? La réponse est dans son ouvrage « Ainsi sonne le glas!  Les derniers jours du maréchal Mo­butu ». Une lecture intelli­gente de ce livre relève com­ment il avait joué le jeu des Américains et même des Sud-africains pour pousser Mobutu à la sortie. Cette tra­hison (qui ne dit pas son nom) devrait tout de même avoir des motivations au nombre desquelles on peut supposer une récompense. Celle-ci n’est pas venue en des ter­mes escomptés.

Pour s’en rendre compte, on n’a pas besoin d’une lecture intelligente pour sentir l’anti-américanisme qui traverse le deuxième ouvrage consacré aux réseaux maffieux américano-rwandais dans les crimes économiques perpétrés en RDC à la faveur de la guerre du 2 août 1998. Dans ce livre, on perçoit facilement le jeu ngbandien con­sistant à opposer Américains aux Français en Afrique pré­cisément dans la sous-région des Grands Lacs !

Pourtant, quand on a une lecture géopolitique con­séquente, on réalise facile­ment qu’une confrontation Washington-Paris dans les Grands-Lacs avec pour pays protagonistes l’Ouganda, le Rwanda, la RDC, le Burundi et même la Tanzanie ne peut nullement être favorable à l’Hexagone. De même qu’une confrontation Washington-Paris en Afrique australe avec pour pays protagonistes la RDC, la Zambie, l’Angola, le Zimbabwe, la Namibie ou l’Afrique du Sud.  Par contre, la même confrontation au niveau de l’Afrique centrale avec pour pays protagonistes la RDC, le Congo-Brazzaville, la Rca, le Gabon, le Cameroun et le Tchad donne un léger avantage à Paris

Réflexes « kosovards »

Concrètement, cela veut dire que les provinces congo­laises comme la Province Orientale et le Grand Kivu peu­vent passer sous la coupe de l’Ouganda et du Rwanda répu­tés pro-américains. Celle du Katanga peut passer sous la coupe d’Afrique du Sud répu­tée pro-américaine. Le Bas-­Congo peut passer sous la coupe d’Angola réputée pro-américaine. Par contre, une province comme celle de l’Equateur peut facilement passer sous la coupe de la Rca ou du Congo-Brazzaville réputés pro-français!

Originaire justement de l’Equateur, précisément d’un Nord-Ubangi plus à la portée de la Rca que ne l’est le Sud-­Ubangi, Honoré Nbganda joue la carte française contre la carte américaine pour ses propres intérêts.

(Th)

Omer Nsongo die Lema/l’Avenir