Le chef rebelle Laurent Nkunda a décidé de retirer sa délégation de toutes les réunions relatives à l’Acte d’engagement, signé le 23 janvier à Goma par tous les groupes armés du Kivu, en faveur de la paix.

Le prétexte qu’il brandit est que la Monuc avait dénoncé, mercredi 21 février, de graves violations des droits de l’homme par le CNDP, et plus précisément, le massacre de plus de 30 civils.
Dans sa livraison de jeudi, Le Palmarès, votre quotidien préféré, se faisait fort de vous rapporter les propos tenus mercredi par Kemal Saiki, porte-parole de la Monuc, au cours d’un point de presse hebdomadaire de cette organisation. Lors de ce face-à-face avec les journalistes (qui a eu lieu au quartier général de la Monuc, l’orateur a fait état du massacre par les rebelles tutsis du Cndp - mouvement politico-militaire de l’ex-général Laurent Nkunda - d’une trentaine de civils hutus.
Et de préciser que cette tuerie a été perpétrée entre le 16 et le 20 janvier, autour du village de Kalonge, à une centaine de kilomètres à l’Ouest de Goma, dans le Nord-Kivu. Pour Kemal Saiki, « étant donné que toutes les victimes identifiées jusqu’ici sont des Hutus, la qualification de génocide ne peut être exclue ».
Du côté du Cndp, cette révélation a suscité de la part de Nkundabatware, une réaction fort musclée. Les faits rapportés par le chef rebelle dans sa lettre de « protestation adressé » à la Monuc, par le porte-parole interposé, ne sont autre chose qu’une déclaration de guerre en bonne et due forme.
Dans une dépêche du journal Le Monde datée du 22 janvier, Nkundabatware a annoncé hier que son mouvement, le Cndp, suspendait sa participation aux réunions de suivi du cessez-le-feu dans la partie Est de la Rdc. En d’autres termes, le Cndp a fait savoir le retrait de sa délégation, de toutes les réunions relatives à « l’Acte d’engagement » signé le 23 janvier par tous les groupes armés du Kivu en faveur de la paix.
Pour Laurent Nkunda, ces informations, dont la presse a fait large écho, constituent ni plus ni moins, des élucubrations “ et une évidente intention de nuire “ de la part des nations. Par ailleurs, le porte-parole, qui dit détenir des éléments de preuve, n’y est pas allé avec le dos de la cuiller pour indiquer mercredi au quartier général de la Monuc, que “ les éléments du Cndp auraient commis ces actes, apparemment prémédités à titre de représailles contre la population civile “. A ces victimes, il était reproché de s’être réfugiées dans une zone contrôlée par le Pareco (Patriotes résistants congolais), un groupe d’auto-défense Maï-Maï très hostile au Cndp.
Exigences ?
Laurent Nkunda, loin de s’avouer vaincu et conscient du sort qui l’attend - ce dernier pressenti à la porte de la Cpi - exige la mise en place d’une mission d’enquête indépendante. Question de faire toute la lumière sur cette troublante affaire. En outre, le Cndp exige que toutes affaires cessantes, une vérification mixte constituée du gouvernement, de la Facilitation internationale et du Cndp soit menée pour établir la vérité sur les faits allégués.
Il importe de noter que Nkunda, qui ne se retire toutefois pas de l’Acte d’engagement, décide également la suspension de toute collaboration avec la Monuc. Non sans exprimer son intention de rester à la disposition des autres membres de la Facilitation internationale, laquelle compte notamment des représentants des Etats-Unis et de l’Union européenne.
(Th)Le Palmarès
Last edited: 23/02/2008 15:08:42