Le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) a rendu public, mercredi 20 février, à l’hôtel Memling, à Kinsgasa, un rapport intitulé « Commerce au service de la paix » très accablant sur l’évasion fiscale qui a élu domicile aux frontières de la RDC.

Le secrétaire général adjoint du Comesa, Sindiso Ngwenya, a expliqué que ce rapport découle de plusieurs observations faites sur terrain. « L’Etat congolais perd l’essentiel de ses revenus à cause de l’évasion fiscale », a-t-il fait observer.
Selon lui, les revenus d’importation chiffrés actuellement a un milliard de dollars par année sont en réalité 3 ou 4 fois plus que ce qui est déclaré. Sindiso Ngwenya a indiqué qu’au lieu de 4 services légalement institués au niveau des postes frontaliers, on en trouve 20 à chaque poste en RDC.
Les sommes d’argent versées auprès de ces services finissent dans les poches des individus et c’est l’Etat qui perd l’essentiel de ses revenus.
Le Comesa prône l’efficience dans la politique de collecte des revenus. Il souhaite également que le système financier puisse accorder des crédits aux opérateurs économiques.
Le secrétaire généra! adjoint de cette institution régionale cite l’exemple des exploitants du cuivre et de l’or congolais qui n’ont pas des capitaux pour faire leurs affaires. « Il n’est pas normal qu’un pays de près de 80 millions de personnes ne puisse disposer que 100.000 comptes bancaires », a-t-il déclaré.
Un problème de leadership
Faisant le diagnostic de tous ces maux qui rongent le secteur du commerce en RDC, S.Ngwenya a plaidé pour l’avènement d’un pouvoir fort; susceptible de rétablir de l’ordre en RDC. Les institutions étatiques doivent être fortes que ce soit sur le plan du pouvoir central ou des entités décentralisées.
Il a aussi ajouté que la réhabilitation et la construction des infrastructures sont importantes. Il a cité le cas de 1000 containers de marchandises bloqués à Matadi et qu’on ne sait pas acheminer à Kinshasa. En outre, le port n’est plus en mesure d’accueillir de grands bateaux. D’où, la nécessité de développer le projet du port de banana.
En ce qui concerne l’apport du commerce En RDC, cette structure a édicté des normes sur le commerce régional. Un programme de logiciel dénommé Sidonia est entrain d’être mis en oeuvre pour assurer la transparence dans le domaine douanier.
Le Comesa travaille aussi avec le gouvernement pour rechercher des secteurs qui peuvent attirer les investisseurs. « Nous voulons réduire l’informel en RDC chiffré à 80% afin d’assurer la croissance de l’économie congolaise », a-t-il insisté.
Il faut signaler que le ministre de l’industrie, des Petites et moyennes entreprises, Simon Mboso Kiamputu, a présidé la cérémonie de présentation du rapport. Il a indiqué que cette étude faite suite à la réunion des ministres du 14 novembre 2007 à Djibouti: ils avaient décidé de mener une étude sur les flux commerciaux afin de pouvoir disponibiliser d’une bonne information sur le commerce. Il a fait observer que le rapport présenté hier vise la bonne distribution des ressources afin de réduire la pauvreté. Il va aider à améliorer les échanges commerciaux en RDC, en Afrique de l’Est et australe.
(Milor)
J-Alain Kabongo/Le Phare
Last edited: 21/02/2008 17:26:57