Les rumeurs et autres racontars sur la mort du Chef de l’Etat qui ont envahi la place publique il y a deux semaines ont mis longtemps avant de s’évanouir, après le démenti apporté par le secrétaire général du PPRD.

Ces rumeurs, qui procèdent d’une campagne machiavélique d’intoxication ourdie par l’Opposition désemparée de l’annonce du début en fanfare imminent des grands travaux annoncés dans le cadre des cinq chantiers, risquent de faire mouche face au déficit communicationnel qui a élu domicile dans le camp présidentiel ! Le Congo vit actuellement une guerre implacable qui ne dit pas son nom, celle de la survie du discours de l’Opposition par rapport au démarrage des 5 Chantiers. Dans son message de nouvel an, Joseph Kabila en a fixé la période : fin premier trimestre 2008. En clair : fin mars-début avril prochain. Dans une quarantaine de jours. Si le go est donné pour les grands travaux nécessités par les infrastructures de base notamment les routes, les chemins de fer, les ports, les aéroports, les écoles, les centres de santé, les stations d’épuration d’eau ou bornes fontaines, les centrales hydro électriques et les cites résidentielles il sera effectivement pénible pour l’Opposition de passer dans l’opinion nationale tout discours anti-Kabila.
En effet, le peuple ne comprendra pas que l’on puisse s’en prendre à l’homme qui, pour la première fois en 48 ans (bientôt) d’Indépendance, leur aura prouvé « a quoi aura servi son cobalt, nickel ou cuivre! ».
Le danger se situant précisément-là, toute la campagne de dénigrement actuellement menée contre le chef de l’Etat y trouve toute son explication. Pour ses instigateurs, il ne faudrait absolument pas que les chantiers démarrent au risque de signer leur arrêt de mort .
Alors, il faut tout noircir1 tout diaboliser... Naturellement, face a une politique de communication pour le moins déficitaire, ils pensent réussir leur coup en semant le doute dans la capacité du Président de la République d’instaurer la bonne gouvernance, ce vocable « fétichiste » venu s’ajouter à la terminologie politique congolaise, fort prisée des Occidentaux, constituée d’expressions du genre « changement », « radical », « forces progressistes », « forces conservatrices », « mouvance présidentielle »….
Vous avez dit « communicateurs du Pouvoir »
Recommandée essentiellement par les partenaires extérieurs et appliquée généralement sur la gestion des prêts et dons émanant des bailleurs de fonds, elle est devenue une sorte d’unité de mesure pour évaluer la bonne gestion des finances publiques et des ressources économiques tout comme des droits de l’homme.
Résultat: les efforts gigantesques déployés par le Pouvoir ou le Gouvernement sont minimisés, voire banalisés par contre, les ratages même normaux en matière de gestion de l’Etat sont surdimensionnés.
A lui seul, la chronologie des faits suivants est éloquente. Rien qu’au cours de ces 15 derniers jours (du 5 au 20 février 2008), ces efforts ont été enregistrés dans plusieurs domaines, allant de la politique à l’économie en passant par le social. Pêle-mêle ces quelques preuves :
-5 févier, la base de Kengezi située à Bunia est repassés sous l’autorité congolaise après dix ans de présence soudanaise ! Pas un seul coup de fusil n’a été tiré ; la solution ayant été trouvée par voie diplomatique. Les communicateurs du Pouvoir ne l’ont même pas relevé ;
-5 février, une feuille de route établie par le Pouvoir a été remise aux nouveaux mandataires pour l’amélioration de la gestion du Portefeuille. Les communicateurs du Pouvoir ne l’ont pas suffisamment relevé ;
-7 févier, le trafic routier a repris entre Kisangani et, Bunia Isiro, Beni et Butembo. Les communicateurs du Pouvoir ne l’ont pas suffisamment relevé ;
-11 février, l’électricité a été rétablie à Lubumbashi après 14 jours d’interruption. Les communicateurs du Pouvoir n’ont pas prêté l’attention nécessaire ;
-12 février, Joseph Kabila a mis en place le Comité de pilotage pour l’éradication des groupes armés étrangers. Les communicateurs du Pouvoir ne l’ont pas relevé ;
-13 février, il a été organisé à l’attention de l’armée et de la police nationales un programme de lutte contre les violences faites aux femmes. A peine les Communicateurs du Pouvoir y ont fait allusion ;
-13 février, une délégation sud-africaine a séjourné à Lubumbashi pour la construction imminente de « Lwano City ». Les communicateurs du Pouvoir n’y ont à peine fait allusion ;
-14 février, l’hôtel de ville de Kinshasa a réceptionné des nouveaux taxis et bus pour le transport en commun. Les communicateurs du Pouvoir n’en ont pas fait le suivi ;
-14 février, il a été procédé au lancement du programme de réforme de la police nationale. Les communicateurs du Pouvoir n’y ont presque pas fait cas ;
-15 février, la RDC et le Pnud ont signé un accord sur la bonne gouvernance 2008-2012 pour un montant de Usd 390 millions. Les communicateurs du Pouvoir n’y ont pas fait cas ;
-15 févier, il a été annoncé le retour progressif à la vie normale à Rutshuru. Les communicateurs du Pouvoir n’y ont prêté l’attention nécessaire ;
-16 février, un accord a été signé entre la ville de Kinshasa et Ned-Bank pour la gestion des immondices. Les communicateurs du pouvoir en ont à peine parlé ;
-18 février, i1 a été procédé à la réception du jardin botanique de Kisantu réhabilité avec le concours de l’Union européenne. Les communicateurs du Pouvoir n’y ont pas prêté l’attention nécessaire ;
-18 février, au Bandundu, une société d’exploitation forestière s’est engagée dans les oeuvres sociales. A peine les communicateurs du Pouvoir l’ont relevé ;
-19 février, Beni a connu la reprise du trafic sur la route de Niania avec ses 450 km complètement achevés. A peine encore les communicateurs du Pouvoir en parlent ;
- hier mercredi 20 février 2008, Kindu a enregistré la reprise du trafic ferroviaire avec Kalemie. Les communicateurs du Pouvoir l’ignorent superbement…
Preuve de bonne gouvernance
A dire vrai, il en a toujours été ainsi. Ou presque : les grandes actions subissent une couverture médiatique au rabais. A peine quelques initiatives, mal soutenues du reste, surgissent ici et là, et malheureusement vite étouffées. Pourtant :
- depuis l’avènement de Joseph Kabila à la magistrature suprême en janvier 2001, il n’a plus jamais été enregistré au pays une seule file d’attente aux stations-service pour crise de carburant, même quand le baril atteint le seuil fatidique de Usd 100 preuves d’une bonne gouvernance ;
- bien que « petit » producteur, le Congo n’a pas à proprement parler de problème d’approvisionnements en produits pétroliers alors que de gros producteurs comme le Nigeria éprouvent énormément de difficultés pour répondre aux besoins des consommateurs locaux! Preuve d’une bonne gouvernance ;
- le taux de croissance qui était de 7% en 2000 est passé à + de 6 % sous le mandat Kabila !
Preuve d’une bonne gouvernance
- le budget de l’Etat congolais est en constante augmentation sous le mandat Kabila, allant de Usd 300 millions en 2001 à Usd 400 millions en 2002 et, de là, successivement à Usd 500 millions en 2003, Usd 600 millions en 2004, Usd 750 millions en 2005, Usd 1 milliard en 2006, Usd 1.600 millions en 2007 et Usd 2.200 millions en 2008; ce qui fera même dire au Premier ministre Antoine Gizenga que, c’est seulement avec l’avènement de Joseph Kabila que le Budget de l’Etat est en accroissement réel en ce qui concerne les ressources internes ». Preuve d’une bonne gouvernance ;
- la monnaie congolaise, en dépit de tous les aléas qu’elle subit, est restée stable sous la houlette du gouverneur Jean-Claude Masangu. Il y a lieu de noter que depuis 10 ans pour la première fois, le pays a gardé les mêmes signes monétaires alors que sous le régime Mobutu, singulièrement à l’époque de la Transition, c’est chaque année sinon tous les six mois qu’on en avait des nouveaux.
Preuve d’une bonne gouvernance
- la liberté d’expression reste remarquable sous Kabila ; les opposants disposant de toute la latitude de dire ce qu’ils veulent et ce qu’ils pensent sur les chaînes de télévision et de radio. Preuve d’une bonne gouvernance ;
- la plupart des journalistes poursuivis en justice le sont plus pour les infractions relevant du droit commun que pour les délits dits de presse. Preuve d’une bonne gouvernance ;
- bon nombre de journaux paraissent à Kinshasa avec des manchettes qui font frémir même les diplomates, sans cependant que leurs responsables soient inquiétés. Preuve d’une bonne gouvernance ;
- au Niger, deux journalistes ont été mis aux arrêts pour avoir approché un mouvement rebelle alors qu’au Congo, des journalistes sont libres d’interviewer les Nkunda, accompagner même de leurs troupes dans des expéditions militaires contre les Far-dc et revenir à Kinshasa sans être inquiétés.
Preuve d’une bonne gouvernance.
- la constante aura manqué la gestion par Kabila de plusieurs crises surgissant au pays (agression rwando-burundo ougandaise, rébellion Rcd-Mlc et Consorts via le Dialogue inter congolais et l’insécurité au Nord et au Sud-Kivu via la Conférence de Goma). Preuve d’une bonne gouvernance ;
- la recherche de la résolution de la crise des Grands Lacs au travers de la Conférence internationale sur la Paix, la Sécurité et le Développement est le trait caractériel dominant chez Kabila. Preuve d’une bonne gouvernance ;
- la révisitation des contrats miniers par voie négociée pronée par Kabila en lieu et place du fait de prince est aussi la preuve d’une bonne gouvernance.
Autocritique...
A la lumière de ces faits pris à titre purement énumératif et non exhaustif, on ne peut pas retenir dans le chef du Pouvoir quelque intention de pratiquer la mauvaise gouvernance. La vérité est que la volonté et la capacité de promouvoir la bonne gouvernance sont annihilées par une politique de communication pour le moins déficitaire. L’admettre, c’est déjà faire preuve de courage politique, et faire preuve de courage politique se concrétise par l’autocritique qui, elle, traduit la détermination de faire mieux. Simplement.
(Milor)
OmerNsongo die Lema/L’Avenir
Last edited: 21/02/2008 17:01:43