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Déception et désarroi parmi la population du village Zamba dans le Bas-Congo après que leur localité ait fait l’objet de destruction méchante avec perte de maisons, champs, cheptel et autres biens par des soldats du Camp Colonel Ebeya n’ayant encouru aucune sanction. Depuis qu’ils avaient perdu leurs maisons, cheptel, champs et autres biens suite à la furie destructrice des militaires du camp Colonel Ebeya, les ”sinistrés“ du village Zamba près de Mbanza ­Ngungu continuent à attendre l’intervention des gouvernements central et provincial. Dernièrement, ils ont reçu la visite d’un député et d’un sé­nateur en la personne de Jacques Lungwana et Siluvangi.

Ces deux honorables ont apporté de sacs de riz, des seaux, des gobelets et des assiettes en plastique. Mme Ma­rie Mienze Kiaku, secrétaire gé­néral adjoint du Pprd, de passage à Mbanza-Ngungu a fait aussi une visite de réconfort à la centaine de sinistrés. Mais à part ces quelques visi­tes, la situation des sinistrés est restée en l’état depuis le lende­main du 11 janvier qui avait vu des années d’efforts s’envoler en fu­mée.

En attendant la fin des vacances parlementaires

En attendant la fin des vacan­ces parlementaires, la population de Zamba qui continue à broyer du noir espère voir les députés élus de Mbanza-Ngungu poser leur problème au niveau de l’Assemblée nationale afin que justice leur soit rendue. Ceci, compte tenu du fait que dans le dossier qui est le leur, il est aujourd’hui démontré qu’ils étaient pour rien dans l’assassi­nat du militaires retrouvé mort le long de la voie ferrée motif invo­qué par les militaires du camp Ebeya pour piller le village Zamba. Selon les éléments en notre possession, l’adjudant assassiné l’a été par ses compagnons d’arme.

Agent du Bureau 2, il avait appris de certaines sources que des militaires du camp Ebeya en complicité avec certains policiers de l’Onatra déterraient le gros câble électrique en cuivre servant pour les communications entre les gares de Mbanza-Ngungu et Mwala-Kinsende au niveau du vil­lage Kinzau. Arrivé sur place, il voulut pren­dre la part du lion dans la vente du câble volé, ce qui déplut aux autres militaires impliqués qui l’ont poi­gnardé. Depuis lors, deux de militaires à la base de cet assassinat sont en cavale, deux autres sont aux arrêts.

Une justice militaire qui traîne les pieds

Toujours dans le cadre d’une éventuelle suite à réserver à ce dossier, l’Auditorat militaire du Bas-­Congo avait dépêché une équipe de magistrats militaires au lende­main des événements de Zamba sur le lieu. Des auditions réalisées auprès de la population et des principaux témoins, trois noms des militaires sortent du lot. Parmi ceux-ci Debora, Mabele et Nandé de la Compagnie génie.

Le premier était celui qui poussait la masse de militaires et déversait de l’essence sur certaines maisons. Les mili­taires pilleurs étaient suivis de leurs épouses qui s’emparaient des biens de paisibles villageois. Malgré ces témoignages acca­blants, aucune action n’a été en­gagée contre ces meneurs, ni con­tre les deux autres militaires soup­çonnés d’être à la base de l’as­sassinat.

Cependant, malgré ces faits troublants qui sautent du reste au yeux, les militaires du camp Ebeya séquestrent un jeune villageois qui jusqu’ici est sous les verrous du nom de Lelo depuis plus d’un mois. On réclame à la famille le paiement de 150 dollars pour sa relaxe. Pour quel crime ? Pourquoi cette acharnement sur une pau­vre population démunie ?

Les pluies s’annoncent

En guise de cerise sur le gâ­teau, malgré l’innocence des villa­geois, les militaires déciment les champs de manioc, découpent les plants de chou sur pied, de carottes, de cibbule etc. Comme si le but poursuivi et d’affamer et d’appauvrir la pauvre population. Et cela, sans aucune réaction des gouvernements central et provin­cial.

Depuis la mise à sac du village Zamba, les villageois victimes dor­ment dans des tentes. Mais alors quelles tentes ! Parce que ces dernières, suinte à la moindre petite pluie. Or les dernières pluies avant la venue de la saison sèche s’annoncent. Que vont-ils devenir ? Cette question vaut son pesant d’or. Car depuis le passage du gouverneur Mbatshi et la remise de 50.000 FC à chaque famille, ni l’administrateur de district ni le commandant du camp n’ont plus effectuer une quelconque visite sur le lieu.

Partant de tous ces éléments réunis, la peur est grande de voir les espoirs suscités auprès des sinistrés de voir leurs demeures reconstruites après le passage des agents de la province du Bas-Congo, du ministère des Travaux publics, demeurés des vœux pieux. Devant cette triste situa­tion, vu l’inertie du gouvernement central de venir en aide aux sinis­trés de Zamba alors que ces ac­tes ont été perpétrés par des militaires de l’armée nationale, vu le fait que les auteurs de ces actes répréhensibles semblent bénéficier de la compréhension de certains chefs militaires, le gouvernement provincial doit prendre à bras le corps ce problème afin qu’une solution définitive soit trouvée et que les maisons soient construites pour les dédommager. Ce qui du reste n’est que justice.

(Th)

Philippe Mbayi Wete/L’Observateur

Last edited: 21/02/2008 14:11:17

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