Un membre de l’Observatoire congolais de l’éthique professionnelle (OCEP) qui s’est exprimé au sujet des ordonnances relatives à la mise à la retraite des magistrats ayant atteint la limite d’âge ou dépassé le temps statutaire d’accomplissement de la carrière au sein de la Fonction publique, et également au pourvoi de nouveaux magistrats aux postes laissés vacants par les retraités donne le point de vue de son association.

Un membre de l’Observatoire du code d’éthique professionnelle (OCEP) chargé de la lutte contre la corruption en République Démocratique du Congo estime qu’en signant les dernières ordonnances sur la magistrature, le Président Joseph Kabila a pris « une décision d’homme ». Mme Annick Ndala, juriste de formation et fonctionnaire à l’OCEP, réagissant aux critiques en cours dans certains milieux qui brandissent « l’inconstitutionnalité » de ces mesures, a déclaré à l’ACP que le Conseil supérieur de la magistrature n’étant pas encore créé, le Président de la République, garant de la nation, peut agir suivant le principe de la continuité de l’Etat.
« Il faut sauver la nation ; la corruption a tellement planté des racines dans la société congolaise qu’il faut des décisions courageuses pour l’extirper », a martelé Mme Ndala.
Selon un sondage diligenté par l’Observatoire du code d’éthique professionnelle, une structure du ministère de la Fonction publique ayant pour mission la moralisation de la société congolaise, la magistrature vient en deuxième position, derrière l’OFIDA et devant l’Enseignement, parmi les institutions publiques congolaises les plus corrompues.
Le Président Laurent-Désiré Kabila, qui s’en était vite rendu compte, n’avait pas hésité à balayer la maison, en mettant au placard 360 magistrats réputés corrompus, mais qui ont fait ensuite un « come back » dans la profession active, à la faveur de certaines pressions, sans pour autant s’amender, comme qui dirait « chasser le naturel, il revient au galop ».
Dans son discours du 6 décembre 2007 devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, le Président Joseph Kabila n’avait pas mâché ses mots pour souligner la nécessité et l’urgence de la réforme de la magistrature congolaise qui, avait-t-il reconnu, n’a pas aujourd’hui bonne odeur.
« La RDC n’est pas une République des juges. L’indépendance de la justice, voulue par la Constitution, n’est pas une licence accordée à l’arbitraire », avait martelé le Chef de l’Etat, ajoutant : « Il est temps que dans ce pays, les citoyens soient rassurés que devant le juge, seuls comptent les faits et le droit, et nullement l’éthnie, la race, la nationalité, la couleur politique ou le rang social ».
Le Président de la République avait en outre déclaré qu’en tant que garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions, il était quotidiennement saisi des recours contre des décisions de justice.
Tout en reconnaissant qu’il y a dans la magistrature congolaise de la bonne et de la mauvaise ivraie, le Chef de l’Etat estime inacceptable que cette dernière catégorie des magistrats ternisse l’image de toute une corporation, voire de l’ensemble du pays.
« Il faut que les décisions de justice redeviennent justes », avait-il conclu.
Pour Mme Annick Ndala, dont la profession s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la corruption, il faut que l’impunité cesse et que la sanction contre les personnes corrompues ait force de dissuasion pour les autres membres de la société, à l’instar des décisions courageuses de M’Zee Laurent Désiré Kabila qui n’avait pas hésité de mettre en prison des ministres, pour dilapidation des fonds publics.
Elle déplore à cet effet la réaction négativiste de certains organismes des droits humais qui s’érigent en « défenseurs » face à des cas de réprimande justifiée des personnes à la moralité douteuse avérée, au nom des fameux droits de l’homme mal compris.
(Yes)Acp
Last edited: 20/02/2008 13:33:05