Les affrontements survenus le week-end entre deux groupes de soldats à la base militaire de Kamina au Katanga se sont estompés pour laisser le calme revenir ainsi qu’il a été constaté depuis lundi matin, le temps de permettre de voir clair sur les tenants et les aboutissants des déplorables incidents.

La nature a peur du vide, dit-on. A propos des militaires, beaucoup d’observateurs estiment que lorsqu’on les met ensemble, il faut les occuper. Le retard mis dans le travail de brassage des soldats récemment déplacés du Kivu à Kamina a dégénéré, rapporte Okapi net. La même source indique que le calme est finalement revenu ce lundi au centre de brassage de Kamina. Les affrontements avaient opposé des commandos FARDC à des militaires essentiellement venus du Kivu. Pour parer au plus pressé, le désarmement et l’identification des militaires présents au centre de brasage a débuté hier lundi en début d’après-midi. Selon le général Mbuja Mabe, commandant de la base Kamina, ces combats à l’arme légère ont débuté le dimanche vers 19 heures pour s’arrêter ce lundi vers 7 heures du matin.
La cause de ces incidents graves, indiquent les officiers militaires présents sur le lieu d’affrontement, serait des provocations entre les deux groupes. Ce genre de provocations très courantes entre nouveaux venus et les anciens jaloux de leur rôle de maîtres de lieu, ont mis le feu aux poudres. Cela est un vrai thermomètre pour mesurer la tension au centre de brassage. Il reviendra à l’encadrement efficient de faire éviter ces incidents en apprenant aux nouveaux venus et aux soldats trouvés surplace des notions de la philosophie de groupe.
Des échanges verbaux ont conduit à une bousculade. Finalement, dans un réflexe de combattant, les militaires se sont rués vers le dépôt d’armement. Les commandos ont réussi à prendre quelques grenades. L’autre groupe s’est emparé de quelques armes légères du dépôt. Les coups de feu sont partis immédiatement. La source signale que les commandos ont jeté deux grenades défensive.
Même si la situation est redevenue calme, indique la même source, les soldats ne se sont pas encore rendus. Les commandos restent retirés dans une ferme à deux kilomètres du centre de brassage. Peut-être craindraient-ils des sanctions disciplinaires ? L’autre groupe, celui des soldats venant du Kivu reste dans le campement, chacun gardant ses armes. Compte tenu de la délicatesse de la situation et pour éviter des susceptibilités qui pourraient faire croire qu’on tendrait de punir tel ou tel autre groupe, il a été fait appel à la neutralité de la Monuc pour désarmer ces soldats et faire régner définitivement le calme à la base militaire de Kamina.
Selon un instructeur du centre de brassage qui a requis l’anonymat, cette situation était prévisible car tous ces soldats sont là depuis longtemps, mais jusque-là le processus d’intégration n’a pas démarré.
Notons qu’une délégation de plusieurs officiers militaires FARDC est arrivée de Kinshasa hier matin. Conduite par le chef d’Etat major de la Force terrestre, elle s’est réunie hier même à la base militaire de Kamina pour examiner cette situation.
(Ern.)
J. Diana G./L’Avenir
Last edited: 19/02/2008 16:36:55