Les armateurs de bateaux sur le lac Kivu se plaignent de mul­tiples (vingt-quatre) taxes illégales, de sur-taxes et de tra­casseries qui les découragent. Les voyageurs – dont de nombreux petits commerçants - ne sont pas mieux lotis. « Un total de vingt-quatre taxes dont certaines illégales et d’autres payées deux fois, en plus des vingt et un services de l’Etat qui tracassent le person­nel des bateaux et les voya­geurs aux ports de Bukavu voilà les contraintes pesant sur chaque armateur naviguant sur le lac Kivu entre Bukavu et Goma », se plaint Elisée Mudimbi, présidente de l’Asso­ciation des armateurs sur le lac Kivu (Assalak). Il faut y ajouter les « taxes spontanées et les diverses perceptions illégales pavées à tous les services oeuvrant dans les ports à chaque embarquement et débar­quement », ajoute le gérant du bateau Safina.

De plus, selon les arma­teurs chaque jour, les autorités publiques font voyager des agents des services de l’Etat ou des membres de leurs familles, en indiquant  « Voyage à factu­rer au gouvernement congolais ». Or « nous n’avons jamais reçu de paiement ni quelconque avantage pour les services rendus. Et la situation perdure,  malgré  nos multiples réclamation », renchérit un agent de Safina.

Manque à gagner

Un décret-loi de mars 2002 limite à quatre les services autorisés à oeuvrer dans les ports les frontières et les aéroports: la Direction générale des migrations (Dgm), l’Office des douanes et accises (Ofida), l’Office congo­lais de contrôle (OCC) et le ser­vice de l’Hygiène. Pourtant, l’Assalak note, tant à Bukavu qu’à Goma, la présence de 21 services qui se bousculent.

Bien qu’exemptés des taxes de la province de la mairie, de la collectivité, de la chef­ferie et de la commune, les armateurs restent dès lors victimes de tracasseries ou de multiples taxes et de surtaxes. « 30$ US pour le permis de sortie par bateau. 20S US pour la taxe de partance, 10$ sans quittance pour la « collation » à remettre au commissaire maritime de la ville de départ et la même somme à son collègue de la ville d’arrivée, la surtaxe de prestation particulière 100$ US par unité et par an », regrette Prudent Mpama,  secrétaire exécutif d’Assalak. « Il faut y ajouter le paiement à la Régie des voies fluviales qui s’élève de 10, 5S US par an et par cheval  vapeur et de 2.5$ Us par an et par tonne de jauge net et la surtaxe de la redevance pho­nie à l’Agence nationale des renseignements de 150$ par an qui se confond avec celle de 425$ Us exigés à l’Office congolais des postes et télécommunication », ajoute-t-il…

…La Conférence de Goma sur la paix, la sécurité et le développement,  en janvier dernier, les armateurs ont « dénoncé les tracasseries et surtaxes, ré­clamé la réhabilitation des infrastructures portuaires, la sécurisation des bateaux, la création d’une taxe unique pour le service des Transports et Voies de communication ainsi que l’audit de la Régie des voies fluviales pour savoir la desti­nation de tout l’argent payé par les armateurs depuis 1998 », se réjouit Prudent Mpama, secrétaire exécutif de Assalak.

Une grève pour rien

Trois mois plus tôt, en oc­tobre 2007, ils avaient déjà fait pression sur les décideurs par une grève générale de quatre jours sur le lac Kivu. Le gouverneur a alors signé un arrêté qui supprime les taxes dues aux entités administra­tives décentralisées. Malheureu­sement, cette mesure n’a pas été couverte par un texte de la divi­sion provinciale des Transports et Voies de communication, et n’a donc pas été mise en application.

SYFIA GRANDS LACS/LP