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Bonjour | 21/03/2010 14:12 | English Make DC Home page | RSS feed

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La loi sur le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ne suffira pas pour que cette institution entre en fonction, car il faudra attendre les lois organiques organisant les autres cours dont les membres siègeront au CSM. Un minimum de douze mois est nécessaire avant que ces cours voient le jour ! Les magistrats réalistes l’ont compris : dès lors ils dénoncent le Synamag, qui se fait passer pour un syndicat unique ! Il ne se passe pas un jour sans que l’on dé­plore les méfaits de ceux à qui l’Etat a confié la charge de dire le droit. Pour le commun des mortels, ces man­quements n’étaient pas considérés comme des fautes pro­fessionnelles, mais comme les pratiques d’un régime. Per­sonne ne s’étonnait du fait que d’un côté on parlait de l’indé­pendance de la magistrature, de l’autre, on mettait les forfaits de ce pouvoir sur le pouvoir exé­cutif, particulièrement sur le chef de l’Etat. Devant cet état des choses, le chef de l’Etat ne pouvait pas ne pas être in­terpellé. C’est de un.

De deux, la Rdc s’est engagée dans un vaste chan­tier des réformes. Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’il n’y aura pas de réformes valables sans changement véritable des mentalités. Et le changement de mentalités n’est possible qu’avec la fin de l’impunité. Qui dit impunité dit justice. C’est pourquoi, on ne peut pas de­mander au gouvernement de réussir ces réformes tout en créant des zones où il n’aurait pas accès. Le pouvoir est un, même s’il fonctionne à travers des institutions différentes. Ce que la magistrature fait aujourd’hui influera demain sur le bilan de l’exécutif.

Quel est alors le sens de l’indépendance de la justice face à l’exécutif? D’abord, il est important d’envisager l’indépendance des institutions les unes des autres de façon positive. Cette indépendance n’est pas une sorte de liberté de faire ce qu’on veut. C’est pourquoi, l’in­dépendance de la magistrature tient avant tout au respect des règles. Car, lorsqu’il y a un pou­voir qui fait mal son travail, il y a un autre pouvoir pour le rap­peler à la raison. C’est cela le sens de contrepoids entre pou­voirs. Dire que la magistrature n’aurait au-dessus d’elle que Dieu, c’est faire le lit de l’impu­nité. Au-dessus de chaque ins­titution, il y a le respect de la loi.

La prétendue violation de la Constitution

Le Chef de l’Etat Joseph Kabila a signé deux ordonnan­ces nommant les magistrats du siège et ceux du ministère pu­blic. C’est le tollé dans les milieux de certains magistrats. La raison, c’est que le chef de l’Etat aurait violé la Constitution pour cause que les nominations faites n’auraient pas requis l’avis préalable du Conseil su­périeur de la magistrature. On évoque l’article 152 de la Cons­titution de la République qui n’autorise pas au Chef de l’Etat d’interférer dans le fonctionne­ment de la  justice ce, parce que le Conseil supérieur de la magistrature est l’organe de gestion du pouvoir judiciaire. Il est composé du président de la Cour constitutionnelle, du procureur général près la Cour constitutionnel, (...).

Intentionnellement, on s’arrête en si bon chemin dans l’énumération des éléments constitutifs de ce Conseil supérieur. On emprunte le rac­courci pour dire qu’il suffisait que le chef de l’Etat attende la loi sur le Conseil supérieur de la magistrature qui, du reste, est déjà au niveau de la cham­bre haute du parlement. De là, on fait croire qu’il suffirait de cette loi pour que le Conseil supérieur de la magistrature se mette en place. Faux et archi­faux. Car, si la loi prévoit que le CSM soit composé de telle ou telle autre cour, il faut que cha­cune de ces cours commence par exister. Ces cours n’auront pas leur existence à partir de la loi sur la CSM. Chacune d’elle doit être régie par une loi organique ou une loi ordinaire selon le cas.

Si on doit attendre que toute ces lois soient mises en place afin que le Csm ait une existence effective, on en aura pour ou moins une année en­core. Ce serait un vrai gâchis. Car, le peuple attend que la jus­tice soit faite afin que tout le mondé se sente sécurisé. On ne peut pas construire le pays avec un peuple non ras­suré, un peuple qui craint cha­que jour que se rabatte sur lui la loi de la jungle où règne la loi du plus fort. Comme l’a plus d’une fois dit le ministre de la Justice, chaque fois que la jus­tice est mal rendue, c’est le président de la République qui est interpellé. Elu, Joseph Kabila avait fait parmi les promesses électorales celle de la justice pour tous. Pour cette raison impérieuse, indépen­damment des raisons juridi­ques avancées, le gouverne­ment, par le ministre de la Jus­tice n’a aucune raison de s’ar­rêter en si bon chemin en écou­tant les chants des sirènes.

La Rdc a pris une option de l’économie sociale de mar­ché. Un appel pressant est lancé aux investisseurs. Mais aucun investisseur n’apportera ses capitaux dans un pays où règne l’insécurité juridique. Si les investisseurs ne viennent pas, il n’y aura pas d’emplois, un des cinq chantiers de la République. Sans investisse­ments, il n’y aura pas augmentation des contributions au Tré­sor de l’Etat au titre des impôts et autres. La décision du chef de l’Etat de mettre de l’ordre dans la magistrature a réjoui les investisseurs qui atten­daient des garanties juridiques et judiciaires pour apporter leurs capitaux.

C’est une rai­son de plus pour le ministre de  la Justice de se boucher les oreilles devant des personnes qui, en empêchant la réforme de la magistrature, veulent bloquer la réalisation des cinq chantiers que le peuple congolais attend impatiemment. Il suffit de s’arrêter sur l’identité de ceux qui protestent contre ces nomina­tions pour comprendre la destination de la manœuvre.  On peut s’étonner de constater que ceux qui crient haro sur le bau­det sont les mêmes qui estiment que le gouvernement va lente­ment dans les réformes à faire et concluent à la léthargie. Après les élections, la Rdc a fait un pas important dans la direc­tion d’un Etat de droit. Un Etat de droit dans l’environnement in­ternational actuel, c’est celui où la justice est rendue avec équité.

La communauté interna­tionale qui a applaudi la tenue des élections libres, démocra­tiques et transparentes dans ce pays, attend voir s’installer au cœur de l’Afrique une oasis de justice. Le ministre de la Jus­tice à donc toutes les raisons de continuer des réformes afin de bâtir la crédibilité de la Rdc sur le plan international. Car, ceux qui protestent se voient couper l’herbe sous les pieds. Ils auraient voulu voir se prolon­ger le statu quo, afin d’avoir à accuser le gouvernement.

Dans un communiqué publié dans la presse au lende­main des nominations des magistrats, le MLC estimait que ni les circonstances exceptionnel­les, ni l’urgence et la nécessité évoquées pour justifier ces dé­cisions prises « dans la préci­pitation, ne peuvent avoir pour effet de contourner la Constitu­tion, au moment où le projet de loi sur le Conseil supérieur de la magistrature est en examen au Parlement ». Dans d’autres circonstances, ce parti de l’opposition demande que le gou­vernement aille vite, même en brûlant les étapes. Veut-on comprendre par là que c’est une simple façon de chercher des poux sur la tête du gouverne­ment ? Telles digressions ne peuvent pas arrêter l’élan qu’a pris le gouvernement dans ce domaine précieux de la justice.

Indépendamment de ce qui vient d’être dit, le gouverne­ment n’a pas voulu procéder par sanction. Auquel cas, il y aurait des magistrats radiés ou révo­ques. Tel n’a pas été le cas. On est surpris que ceux qui parlent de respect de la loi, considèrent la mise à la retraite comme une sanction. Et pourtant, il s’agit d’un honneur fait à une personne qui a rendu de louables servi­ces à son pays qui, après la fin de sa carrière va se reposer.

Le Synagom pas un syndicat unique

A la suite de la nomina­tion des magistrats et du tollé général que cela a provoqué dans les milieux des magistrats, l’Intersyndicale a opté pour une mission de bons offices et d’in­formation plutôt que pour une grève sans préavis et sans ca­hier des charges, indique un communiqué de cette organisation syndicale.

« En rapport avec les ré­centes ordonnances présiden­tielles de mise à la retraite et de promotion de Magistrats, l’Intersyndicale des Magistrats a effectué une mission de bons offices et d’information auprès du Ministre de la justice et des droits humains, parallèlement à sa demande d’audience adressée au Président de la Republique, Magistrat Su­prême ».

A ce sujet, l’Intersyndi­cale fixe l’opinion des Magis­trats sur ce qui suit :

« 1. Les deux chefs de corps concernés par les Ordonnan­ces dont question sont en pleins préparatifs de la remise et reprise, sans aucun incident;
2. Les autres hauts Magistrats ont introduit, en sus d’une let­tre collective adressée au Pré­sident de la République, de re­cours individuels, des recours gracieux préalables à d’éven­tuels recours juridictionnels comme exigé par la loi, étant entendu que les actes de no­mination ou de mise à la retraite sont des actes administratifs à portée individuelle, en dépit du fait que  les ordonnances entre­prises reprennent une liste de plusieurs Magistrats;
3. Les intéressés ayant choisi la voie de la légalité, I’Intersyn­dicale les encourage et invite les Autorités saisies d’accorder diligence à l’examen de recours administratifs en leur posses­sion;
4. Dans l’entre-temps, il est conseillé aux Magistrats d’observer leur devoir de réserve en évitant des actes de démons­tration politique de nature à compromettre l’issue desdits recours et sa mission de bons offices; aussi la centrale syn­dicale n’est-elle pas partie pre­nante à une grève décrétée en association et synergie avec des fonctionnaires, sans quelconque préavis et sans quel­conque cahier des charges dûment adressés au partenaire indiqué;
5. Préoccupée comme d’habi­tude par l’amélioration des con­ditions de travail et de vie de ses membres, par un syndica­lisme de cadres, elle a obtenu l’implication du Ministre pour l’acquisition des véhicules individuels des Magistrats.

Comme on le voit, la pré­cipitation dans laquelle a été décrétée la grève démontre que le respect de la loi n’est pas la motivation principale de cette agitation. Sinon les grévistes auraient réfléchi deux fois avant de violer la loi en matière de grève.

(Ern.)

J. Diana G/L’Avnir


Last edited: 19/02/2008 17:45:17

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