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Bonjour | 08/08/2008 23:03 | English Make DC Home page | RSS feed

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Seize ans après l’événement de la marche des Chrétiens, il est bon de savoir maintenant que l’un des principaux artisans du haut fait politique accompli ce jour-là n’était autre que l’actuel ministre Pierre Lumbi alors modeste leader d’une Ong qui avait pignon sur rue à l’Est du pays. Qui sont ces chrétiens ? On connaît ces personnalités qui s’affichaient comme catholiques engagés. Mais ce ne sera pas d’eux que viendra l’organisation de cette marche. On retrouve aux avants postes de cette organisation un homme venant du Kivu. A l’époque, on le connaissait à peine comme responsable d’une Ong dénommé « Solidarité paysanne ».

Pierre Lumbi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, actuel ministre des Travaux Publics, se fait remarquer déjà au moment où l’ouverture de la Conférence nationale se faisait attendre à cause des manœuvres diverses. Il organise avec une partie de la société civile une grève de la faim à l’Hôtel Invest de la Rtnc. C’était la première manifestation de soutien à la Conférence nationale souveraine.

Quand Nguz suspend les travaux de ce forum, on retrouve Pierre Lumbi dans le cadre du Comité laïc de Coordination. C’est lui et François Kandolo qui signent le communiqué appelant les chrétiens à descendre dans la rue le 16 février. Dans les différentes paroisses, le stratège comité laïc de coordination installe des comités de sensibilisation.

Le 16 février, la mobilisation était totale. Il était prévu que chaque doyenné se rende à un point de ralliement où un message devrait être lu à l’intention de tous les chrétiens. De tous les doyennés, c’est seulement à Sainte Thérèse que le mot d’ordre avait été respecté. La marche avait eu lieu jusqu’à la place Sainte Thérèse où le message avait été lu.

Ailleurs, les politiciens ont amené les manifestants vers la Place Victoire.

La répression

Lorsqu’on voyait la foule compacte qui venait de Kingasani et qui se dirigeait vers le centre-ville, il ne fallait pas être un devin pour comprendre que Mobutu ne laisserait pas faire ce qui avait les allures d’une révolution orange. Effectivement, la réaction ne se fera pas attendre. La foule qui venait de Kingasani est arrêtée au niveau du pont N’Djili sur le boulevard Lumumba.

Des soldats armés jusqu’aux dents, dans des jeeps roulant à tombeau ouvert, sans sommation, tireront sur la foule. Panique générale. Apparemment les manifestants ne s’y attendaient pas. Ils n’y étaient pas préparés. C’est le côté sombre de cette organisation. La panique des manifestants sera à la mesure de leur ignorance des méthodes de la répression du régime.

La répression est finalement généralisée. Les différents coins de la capitale connaissent des victimes. Combien ? C’est le mystère. On ne saura jamais cette répression avait fait combien de victimes. On l’aurait su avec l’initiative de transformer l’église Saint Joseph à Matonge en chapelle ardente. Mais, quelques heures après, des soldats armés jusqu’aux dents, avaient pris d’assaut l’église emportant tous les cadavres qui y étaient exposés.

La responsabilité

Pour le commun des mortels, le responsable, c’est Nguz et à travers lui c’est Mobutu. Mais les deux ont agi à travers Honoré Ngbanda alors ministre de la Défense. Ce dernier s’est toujours déchargé sur le ministre de l’Intérieur qui avait requis des forces combattantes dès le moment où les forces de police étaient débordées. Dans l’opinion, Honoré Ngbanda a vu se confirmer son sobriquet de Terminator.

Des leçons à tirer

L’Eglise s’était retrouvée devant un fait accompli en constatant que la marche qu’elle avait projetée était détournée de son sens.

Dans la suite, l’Eglise s’est montrée prudente quant aux actions pouvant avoir de connotations politiques. En clair, l’Eglise a pris ses distances avec les politiques.

Ce changement d’attitudes est de beaucoup dans le désaveu de Mgr Monsengwo qui se verra défenestré de la tête du Haut Conseil de la République, Parlement de transition par la coalition des mobutistes et des tshisekedistes.

Lorsqu’on voit comment Jo­seph Kabila a laissé faire le Dialogue intercongolais en dépit du discours intentionnellement provocateur, on peut dire que la dictature avait quitté le Congo définitivement le 17 mai 1997.

(Yes)

J. Diana G./L’Avenir

Last edited: 16/02/2008 14:23:52

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