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Bonjour | 05/07/2008 6:38 | English Make DC Home page | RSS feed

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Il y a exactement 16 ans le 16 février 1992 se déroulait la célèbre marche des chrétiens réclamant la réouverture de la Conférence nationale souveraine bloquée délibérément par le pouvoir de l’époque. Le devoir de mémoire impose l’évocation de l’événement qui eut une portée décisive dans le pays. La marche des chrétiens avait eu lieu il y a 16 ans. Ses organisateurs sont vivants, hormis François Kandolo qui a quitté la terre des hommes sur la pointe de pieds et dans l’anonymat. L’initiative de cette marche vient des chrétiens catholiques à la suite de la suspension des travaux de la Conférence Nationale souveraine. Personne n’y croyait ses oreilles lorsque le Premier ministre de l’époque, Jean Nguz Kar I Bond, prenait la parole à la télévision nationale. Il dénonce la dérive de la Conférence nationale qui, selon lui, était en voie de se transformer en un coup d’Etat civile. Après avoir pleinement informé le chef de l’Etat, dira-t-il, je prends la décision de fermer « avec force les travaux de la Conférence nationale ». Le premier ministre avait-il minimisé la portée d’une telle décision ? Apparemment oui.

Car, pour les Congolais, cette conférence était comme on disait, le forum de la dernière chance. Personne ne voyait une autre issue à la crise congolaise en dehors de ce forum.

Le premier ministre lui-même était assis sur une impopularité qui faisait qu’il gouvernait par défi contre la volonté de la majorité des Congolais. C’est donc par défi qu’il suspendra la Conférence nationale. Pour rappel, Nguz Kar I Bond est devenu premier ministre à la suite des négociations du Palais de marbre II.

Le Palais de marbre I avait choisi comme premier ministre Etienne Tshisekedi. Au moment de prêter serment, le leader de l’opposition biffe certaines mentions, dont celle sur la qualité de garant de la nation reconnue au chef de l’Etat, avant de signer le Pv de prestation de serment. Six jours après, Tshisekedi est démis de ses fonctions après de vaines tentatives de lui faire signer un autre document non raturé.

Mungul Diaka est nommé Premier ministre. Il se donne comme mission de faire oublier l’opposition de la 12ème Rue. Vingt-neuf jours après, il est démis de ses fonctions en acceptant le poste de gouverneur de la ville de Kinshasa, l’opposition ayant accepté de renégocier avec Mobutu. C’est au cours de ce deuxième épisode des Palais de marbre que Nguz sera désigné Premier ministre dans un tollé de protestations.

Les raisons de ne pas aimer la Cns

La Conférence nationale fortement dominée par les tshisekedistes n’épargne pas le Premier ministre qui avait toutes les raisons personnelles d’arrêter cette machine politique de diabolisation.

La Conférence nationale est dirigée par un Evêque, Mgr Monsengwo au top de la popularité. Suspendre les travaux de la Conférence, c’était faire injure à ce prélat catholique. A travers Monseigneur Monsengwo, c’est toute l’Eglise catholique qui se sentait visée.

A tout cela, il faut prendre en compte l’impopularité du président de la République, le maréchal Mobutu que beaucoup dans l’opinion voyaient derrière cette décision du Premier ministre. Suspendre la Conférence nationale était donner à Mobutu une voie de sortie. Car, pour beaucoup, ce forum était la seule occasion de faire partir Mobutu.

Il y a enfin, l’environnement international. La réussite de la Conférence nationale de Bénin a fait des émules. On pensait donc que c’était la meilleure façon de régler les problèmes de légitimité du pouvoir en mettant fin au règne des partis uniques.

En suspendant la Conférence nationale de la Rdc, Nguz Kar I Bond n’avait pas pensé à tout cela. La première réaction viendra des chrétiens.

(Yes)

J. Diana G./L’Avenir

Last edited: 16/02/2008 14:23:22

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