George W. Bush, Président des Etats-Unis est annoncé à Kigali pour une brève visite, le 19 février prochain. Son programme ne prévoit pas d’escale en RD Congo. Méprise, mésestime ou simple hasard de calendrier : dans tous les cas de figure, Kinshasa s’inquiète.

« Le président américain, George Bush, est attendu le 19 février 2008 à Kigali pour une brève visite au Rwanda », qui s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays, a annoncé mardi la secrétaire d’Etat rwandaise à la Coopération, Mme Rosemary Museminali, citée par la presse internationale. « Nous sommes fiers d’accueillir le Chef de l’Etat américain sur le sol rwandais », a-t-elle ajouté, précisant que cette visite du président Bush au Rwanda est aussi un signe de reconnaissance pour le Rwanda qui participe à différentes missions de maintien de la paix dans la sous-région et partout dans le monde ».
Selon une source proche de l’ambassade des Etats-Unis au Rwanda, « le programme à l’ordre du jour de cette visite du président n’est pas encore connu pour des raisons de sécurité ». A deux reprises en 2006 (avril et mai) et tout récemment, George W. Bush et Paul Kagame se sont rencontrés dans la capitale fédérale américaine et ont salué les « excellentes relations bilatérales » entre Washington et Kigali.
Au sortir de la rencontre du 31 mai 2006, le président américain - cité par Stephen Kaufman, correspondant du « Washington File » - avait fait l’éloge du gouvernement rwandais pour avoir inclus « plus de femmes dans ses rangs que tout autre gouvernement Africain ». Ce qui avait-il déclaré, en dit long sur la sagesse de M. Kagame et sur sa compréhension de ce qui fait la solidité et l’unité d’une société ». Affirmant d’autre part que M. Kagame et le gouvernement du Rwanda travaillaient dur à la réconciliation de la société rwandaise après le génocide des années 1990 ».
« Dans toute la mesure où il souhaitera obtenir notre aide pour trouver certains auteurs de crimes, nous serons heureux de la lui donner », avait-il promis. IT/Washington-Kinshasa. « Besoin de travailler ensemble »? Lorsque le 26 octobre 2007, le président Joseph Kahila s’est entretenu avec son homologue américain, il s’est dégagé un vif sentiment de « travailler ensemble » à la résolution des problèmes qui se posent en RDC.
« Aujourd’hui, j’ai voulu en tout premier lieu féliciter le président pour avoir recueilli 58 pour cent des voix. Nous avons aussi parlé du besoin de travailler ensemble pour consolider les progrès accomplis », a dévoilé George W. Bush. Il a remercié le président Joseph Kabila d’avoir partagé avec lui « sa stratégie pour éteindre l’autorité du gouvernement sur toute l’étendue du pays », promenant de continuer à travailler avec lui « pour ramener la paix et la stabilité dans la région ». Le président congolais s’en est réjoui, disant « merci beaucoup pour le soutien continu que nous avons toujours reçu du gouvernement des Etats-Unis et de votre administration. Et, ensemble, allons encore plus loin ».
C’est dans cette perspective que les autorités politiques congolaises auraient souhaité voir l’escale de Kinshasa inscrite dans le programme du périple du président américain dans les Grands Lacs. Que non. La RDC est superbement ignorée. Pour des considérations que seule sa diplomatie devrait s’empresser de déceler et d’analyser au plus tôt. Parce que la visite de Bush à Kigali, aussi « brève » fusse-t-elle, suscite tout de même moult interrogations dans les salons politiques à Kinshasa.
En s’affichant à Kigali. Bush voudrait-il apporter la « preuve » du soutien des Etats-Unis à Paul Kagame dont il a déjà eu à vanter la « sagesse »? Ou, serait-ce une « façon » de sanctionner le chef de l’Etat congolais pour son absence au sommet d’Addis-Abeba sur la sécurité dans les Grands Lacs? Celui-ci a réuni les chefs d’Etat rwandais et ougandais en présence de Mme Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat américain mandatée par George W. Bush, quelques jours après la rencontre Bush-Kabila à Washington. En tous les cas, le gouvernement congolais doit se sentir interpellé. Le « besoin de travailler » ensemble, exprimé à Washington par les deux hommes d’Etat, ne devant pas demeurer de simples déclarations d’intentions.
(Th)
Le Potentiel
Last edited: 15/02/2008 13:54:18