Jamais une ville n’a été autant la proie des incendies d’origine accidentel que Kinshasa. Au service de la lutte Anti-incendie de l’Hôtel de ville de Kinshasa, les équipes de sapeurs pompiers sont rarement en pause !

Après alerte avec précision d’adresse, un véhicule anti-incendie descend sur le lieu à toute vitesse, sirène ronflante, gyrophares allumés. Dans une course contre la montre, l’engin doit se battre contre les embouteillages monstres et les routes défoncées, semblables aux pistes de rallye. Une heure plus tard, le véhicule arrive enfin sur le lieu où les habitants des environs sont parvenus à maîtriser le sinistre avec des moyens du bord.
Effort vain, malgré la volonté des sapeurs pompiers d’intervenir. Ils rentrent bredouilles, après avoir brûlé inutilement du carburant. A peine, ils regagnent la base, un autre appel sollicite leur intervention. Les voilà qui reprennent la même épreuve de vitesse sur des voies bouchonnées. A l’adresse indiquée, ils sont accueillis par des jets de pierres et quolibets. Ici, ce sont des corps calcinés que l’on dégage des décombres. Kinshasa flambe de nouveau, à chaque court-circuit ou renversement de bougie sur un meuble en bois ou sur un matelas en mousse plastique.
Un échantillon d’incendies
Une lampe tempête allumée dans un coin de la chambre à coucher est à la base du drame vécu samedi dernier, sur l’avenue Kifuma n° 53 bis, quartier 3, à Ndjili. Au domicile de M. Dibanze, cette lampe à pétrole est tombée accidentellement sur une table en plastique, déversant tout son contenu sur le mobilier. Le feu s’est vite propagé sur d’autres mobiliers, rideaux et effets vestimentaires.
En moins de trente minutes, toute la maison s’est transformée en bûcher incandescent. La petite Sarah Musanzi, 4 ans, qui dormait dans la chambre à coucher, est morte asphyxiée et grièvement brûlée. Bien que les voisins du quartier ont pu maîtriser l’incendie, la mort de la fillette à laquelle il faut ajouter des dégâts matériels importants, a rendu Dibanze et sa famille inconsolables.
Quatre corps calcinés à Lemba
Le sinistre le plus émouvant est celui survenu deux jours plus tôt à Lemba. Jeudi dernier en effet, c’est une bougie qui endeuillé une famille. Restée longtemps allumée, cette bougie a fini par se renverser sur un matelas en matière plastique. Et c’était le point de départ d’un incendie qui a atteint d’autres pièces de la maison sise avenue Lombo n° 72, quartier Ecole.
Des flammes montaient avec rage sur les rideaux, dégageant des fumées qui ne permettaient pas aux secouristes improvisés d’intervenir. Il était 20 heures 15’. Une heure plus tard, l’incendie était maîtrisé. Des bénévoles du quartier ont extrait quatre corps grièvement brûlés des décombres: Mme Maso Povani, 36 ans, Gédéon Emeka, 11 ans, Masangute Emeka, 7 ans et Ngoy Emeka, 4 ans. Le véhicule anti-incendie de l’Hôtel de ville de Kinshasa n’est arrivé que deux heures plus tard, pour circonscrire le sinistre.
Un quadragénaire brûle à Mfinda
Dégâts matériels importants tel est le premier bilan que les habitants de l’avenue Nkola, quartier Mfinda, à Ngaliema, ont enregistré au n° 25, dans incendie qui s’est déclaré samedi dernier, vers 3 heures, au domicile de Jean Nzolameso. Lors de l’opération évacuation de quelques biens qui ont pu échapper au feu, les secouristes ont retrouvé dans la chambre à coucher, un corps calciné, identifié comme étant celui de Nzolameso, âgé de 41 ans.
L’arrivée tardive d’un véhicule anti-incendie de l’Hôtel de ville de Kinshasa, sur l’avenue Nkola, n’a pu sauver grand-chose. Aujourd’hui, dans toute la ville, on se demande pourquoi des efforts ne seraient-ils pas déployés par le gouvernement provincial pour doter chaque commune de son véhicule anti-incendie. Faut-il encore beaucoup des morts pour songer à pourvoir chaque maire d’une logistique appropriée en matière de lutte contre les incendies ? La question reste posée.
(Th)
J.RT/Le Phare
Last edited: 12/02/2008 16:29:59