Une déclaration d’appel à un engagement réel pour la reconstruction du pays a sanctionné le conseil de la Conférence épiscopale nationale du Congo organisé pendant cinq jours au lendemain de la prise canonique de l’archidiocèse de Kinshasa par son nouveau titulaire Mgr Monsengwo.
Cet appel a été lancé, samedi à Kinshasa à l’issue d’un conseil de 5 jours. Selon le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo, il faut un sursaut d’orgueil des congolais pour relever le défi de la reconstruction. L’invitation pressante des prélats à l’action est contenue dans une déclaration dénommée « Changeons nos cœurs ». Dans cette déclaration, les pasteurs catholiques soulignent les atouts dont dispose la RDC pour reprendre sa place dans le concert des nations. Le document pose ensuite les problèmes majeurs des Angolais, et dresse aussi des priorités pour une solution aux problèmes posés.
En effet, d’après l’abbé Léonard Santedi Kinkupu, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale, il y a nécessité d’un leadership plus visionnaire et dynamique à tous les niveaux et dans tous les secteurs, l’urgence de la création d’une armée républicaine qui pourrait garantir l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale ainsi que d’un programme économique prenant en compte les besoins réels de la population, notamment en ce qui concerne l’eau, l’électricité, les emplois et l’encadrement de la jeunesse.
Ci-dessous l’adresse des Evêques catholiques :
Changeons nos cœurs (Cf. J12,13)
Appel a un engagement réel pour la reconstruction
Message du Comité permanent des Evêques de la République Démocratique du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté.
Introduction
1. Nous, Archevêques et Evêques membres du Comité permanent des Evêques, réunis en session statutaire à Kinshasa du 05 au 09 février 2008, saisissons l’occasion, en ce début de Carême, pour adresser à notre peuple et à nos dirigeants un vibrant appel à un sursaut national et à un changement de mentalité en vue d’un engagement réel dans l’œuvre de la reconstruction de notre pays.
2. En effet, une année entière est déjà passée depuis la mise en place des Institutions nationales issues des élections. Cependant notre pays semble traîner les pas par suite de graves crises relatives à la question de la paix et de la justice, des exigences éthiques dans la gestion de la chose publique ainsi que d’un leadership visionnaire et dynamique susceptible de faire face aux différents défis que la Nation est appelée à relever. Il y va de l’avenir de notre pays, nous ne pouvons pas nous taire
Message d’espérance
3. Loin d’être un simple cri d’alarme pour effrayer les uns et les autres, notre appel se veut un message d’espérance, pour nous mobiliser en vue d’affronter notre pénible présent et envisager l’avenir avec optimisme et réalisme, lucidité et responsabilité. En effet, quel que soit le poids des épreuves du temps présent, nous ne devons pas être « abattus comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Th 4,13). Celui qui espère vit différemment; une vie nouvelle lui a déjà été donnée.
4. Ce message d’espérance, nous l’adressons particulièrement, en ce moment, à la population de Bukavu et à son pasteur, notre frère dans l’Episcopat, Son Excellence Mgr François-Xavier MAROY, touchés par la catastrophe causée le dimanche 03 février 2008 à la suite d’un violent tremblement de terre.
L’Archidiocèse de Bukavu compte des morts, des blessés et déplore des dégâts matériels importants. L’Eglise-famille de Dieu en RD Congo et dans le monde assure ses frères et ses sœurs de son soutien et de sa proximité spirituelle. Elle les exhorte au courage et à l’espérance. En même temps elle en appelle aux personnes de bonne volonté pour apporter l’aide à la population sinistrée et à la reconstruction de son soutien et de sa proximité spirituelle. Elle les exhorte au courage et à l’espérance. En même temps elle en appelle aux personnes de bonne volonté pour apporter l’aide à la population sinistrée et à la reconstruction de ce qui a été détruit. Pour sa part, la CENCO, à travers sa Commission épiscopale Caritas Développement, s’emploiera, dans la mesure de ses moyens, à les assister. Nous présentons nos condoléances émues aux familles éprouvées
Atouts majeurs
5. A l’heure actuelle, notre pays dispose de beaucoup d’atouts qui nous permettent de reprendre très vite une place de choix dans le concert des nations tant au niveau continental que mondial:
1° La dignité et la maturité d’un peuple qui a réussi le pari de tenir dans le calme l’ordre et la discipline les élections que d’aucuns qualifiaient d’élections de tous les dangers, et de se choisir ses dirigeants.
2° Le fonctionnement effectif des institutions issues des élections démocratiques (Présidence de la République, Sénat, Assemblée nationale et Assemblées provinciales, Gouvernement central et Gouvernements provinciaux), constitue un cadre général juridique et administratif de référence pour une gestion responsable du pays.
3° La présence des ressources humaines de grande qualité qui n’attendent que d’être mises à contribution.
4° Les ressources naturelles d’une valeur insoupçonnée qui justifient le qualificatif de « scandale géologique » (ressources minières, forestières, hydriques, énergétiques...).
5° L’intérêt de plus en plus manifeste dont jouit le pays à l’heure actuelle sur le plan international. Pour s’en convaincre, il suffirait de voir le nombre de missions de haut niveau venues non seulement présenter leurs civilités aux institutions élues, mais aussi exprimer leur volonté de coopérer avec la RD Congo. L’on assiste depuis l’avènement de la IIIème République à des visites ininterrompues des investisseurs à la recherche de partenaires en RD. Congo.
Problèmes majeurs
6. Hélas ! Malgré tous ces atouts, le peuple continue à vivre dans une misère sans cesse croissante et le pays est en proie à de nombreux problèmes sécuritaires, socio-économique et politique toujours inquiétants.
Malaise social
De façon générale, les populations sont impatientes, parce que fatiguées par la guerre, la pauvreté et la misère. Cette impatience se traduit par des grèves, notamment des enseignants du primaire et du secondaire ainsi que des professeurs d’université, du personnel de la santé et des agents de la fonction publique. Ces grèves successives attestent un malaise social profond et inquiétant pour l’avenir du pays. La non-réalisation de nombreuses promesses pour résoudre dûment le problème des salaires des enseignants et d’autres agents de la fonction publique, risque de plonger le pays dans une grave crise sociale.
L’avenir de la jeunesse
8. Nous ne pouvons dissimuler notre inquiétude sur l’avenir de la jeunesse. Nous sommes, préoccupés par le nombre de plus en plus croissant des enfants de la rue et dans la rue, et déconcertés par la baisse de niveau tant au point de vue intellectuel qu’au point de vue de la moralité. Comme nous l’avons souligné dans notre message « A vin nouveau, outres neuves », « aujourd’hui encore de nombreux jeunes ne vont plus à l’école à cause d’une paupérisation généralisée et d’une misère grandissante. D’aucuns, même avec un diplôme d’université, sont simplement au chômage ». Si la jeunesse est l’avenir de la Nation, que deviendra le pays dans vingt ou trente ans avec des jeunes aujourd’hui négligés et sacrifiés.
L’exploitation des ressources naturelles
9. L’exploitation des ressources naturelles ne cesse de soulever de graves problèmes de souveraineté, d’équité, de l’égalité, de respect des populations locales et de l’environnement. Avec d’autres organisations, nous dénonçons le manque de transparence dans la négociation et l’octroi des marches, les conflits d’intérêts non déclarés, le manque d’évaluation appropriée des atouts et des apports congolais aux marches, -et l’inclusion des gouvernements ainsi que de leurs institutions financières publiques de respecter ce processus, afin qu’il puisse être conduit de manière sérieuse et objective. Nous demandons à notre gouvernement de donner les mesures et les conditions de renégociation, et de rendre ainsi clair et transparent le cadre juridique de la signature des contrats miniers et forestiers. Les entreprises minières et forestières devront respecter leurs obligations en matière sociale et environnementale.
Notre Commission ad hoc suivra avec attention ce dossier.
Le Palmarès
Last edited: 11/02/2008 19:54:50