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Bonjour | 01/12/2008 22:33 | English Make DC Home page | RSS feed

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Des mandats d’arrêts ont été lancés par la Justice espagnole contre une quarantaine de responsables militaires du régimes rwandais sous, l’accusation de génocidaires et d’avoir fomenté des affrontements ethniques avec visée de mise en place au Rwanda d’un régime de terreur. La justice espagnole a annoncé mercre­di avoir émis des mandats d’arrêt contre 40 militaires du régime rwandais, accu­sés de « génocide » et d’avoir fomenté des affrontements ethniques dans les années 90 afin de s’emparer du pou­voir et de mettre en place un « régime de terreur ». L’Audience nationale, prin­cipale instance pénale espagnole, poursuit ces 40 militaires, parmi lesquels 11généraux, pour « génocide, crime contre l’humanité et terrorisme ».

Le président Paul Kagame, dont l’ar­rivée au pouvoir en 1994 avait mis fin au génocide rwandais, n’est pas pour­suivi en raison de l’immunité que lui confère son statut présidentiel, précise l’Audience nationale. Le génocide de 1994 avait fait selon l’ONU environ 800.000 morts, majoritairement parmi la minorité tutsie ainsi que chez les Hu­tus modérés. Mais la justice espagnole estime que les hommes de Kagame ont sciemment déstabilisé le régime extré­miste hutu de Juvénal Habyarimana, en place à l’époque, en commettant des actes terroristes avant de s’emparer du pouvoir. Il existe des « indices ration­nels » selon lesquels « à partir d’octobre 1990, un groupe de structure politico-­militaire, fortement armé et organisé; a entamé une série d’actions criminelles, à partir de l’Ouganda, sur le territoire du Rwanda », selon l’acte de renvoi.

Le cœur de cette structure, l’APR et le FPR (Armée patriotique rwandaise et le Front patriotique rwandais), est compo­sé essentiellement de Tutsis réfugiés en Ouganda avant 1990, explique la justice espagnole. Elle leur reproche toute une série d’attaques et d’attentats sur le ter­ritoire rwandais, notamment contre des leaders hutus, ce qui, selon l’Audience nationale, a déclenché le génocide contre les Tutsis. L’APR/FPR a commis des attaques sélectives contre différents leaders intellectuels hutus afin de les éliminer de la vie sociale, provoquer la terreur et tester la réaction de la population civile « qui à son tour commet­tait des tueries en représailles », selon l’acte de renvoi. En 2006, un magistrat français avait émis neuf mandats d’ar­rêt contre des proches du président Ka­game, qu’il soupçonne d’être impliqués dans le meurtre du président Habyari­mana, dont la mort a marqué le début du génocide.

Kigali avait ensuite rompu ses relations diplomatiques avec Paris. La procédure espagnole « n’est pas (dif­férente) de la campagne menée par (le juge Jean-Louis) Bruguière », a protesté mercredi le porte-parole de l’armée rwandaise, le major Jill Rutaremara. « Cela ne vise qu’à ternir l’image du Rwanda dans son ensemble ». La jus­tice espagnole affirme que « durant les années 90, plus de quatre millions de Rwandais ont été assassinés ou ont dis­paru dans le cadre d’un plan d’exter­mination pour raisons ethniques et /ou politiques ». Un chiffre jusqu’à présent jamais évoqué.

L’Audience nationale accuse aussi les militaires de Kagame d’avoir « pris le pouvoir par la force (...), prenant le contrôle absolu de la structure de l’Etat et mettant en place à partir de ce mo­ment-là (après le génocide) un authen­tique régime de terreur ». La justice es­pagnole poursuit les 40 militaires pour avoir commis des crimes contre la po­pulation civile, nationale et étrangère, sélectionnée pour des raisons ethniques et/ou politique (...) sous prétexte d’as­surer la sécurité ».

Elle s’octroie une compétence universelle pour les faits de « génocide » et de « crimes contre l’hu­manité », ce qui avait notamment permis au juge Baltasar Garzon d’obtenir en 1998 l’arrestation à Londres de l’ancien dictateur chilien, Auguste Pinochet. La justice espagnole avait démarré son en­quête en 2005, portant initialement sur la mort de neuf ressortissants assassinés au Rwanda entre 1994et 2000, à la sui­te d’une plainte du Forum international pour la vérité et la justice dans l’Afrique des Grands Lacs.

(Ern.)

Madrid/Le Soft

Last edited: 07/02/2008 16:53:36

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