À Bukavu, des constructions non ou faiblement armées ont peu résisté aux secousses, a indiqué un père jésuite expert en construction et il en donne les raisons.
Le Rwanda, le Burundi et une partie de l’Est de la République Démocratique du Congo, RDC, ont été secoués le dimanche 3 février 2008 par un séisme estimé à 6 sur l’échelle de Richter. A Bukavu, des constructions non ou faiblement armées ont peu résisté aux secousses, a indiqué un père jésuite expert en construction et il en donne les raisons.
« Sur l’avenue Patrice Emery Lumumba, ce sont surtout les anciennes constructions (maisons, magasins) qui présentent les plus gros dégâts, principalement au niveau du pignon ou de la couronne. Ce sont des constructions non armées ou faiblement armées, rapporte le père André de Ridder, expert jésuite en construction. Le prêtre énumère quelques cas. Au quartier La Botte, des bâtiments ont des pignons latéraux endommagés. Le pignon du bâtiment abritant le ministère de l’Intérieur a été attaqué. La façade tour de la société Datco a été gravement fissurée. L’immeuble de Soficom a le pignon latéral endommagé. L’Hôtel Bugugu a une fissure sur la façade et à l’intérieur du bâtiment.
« Dans la majorité de ces constructions on a simplement posé les pignons ou les couronnes au dessus de l’immeuble ou de la toiture sans utiliser la moindre armature », a affirmé l’expert jésuite qui le donne le cas du collège Alfajiri, l’œuvre de sa congrégation. « Par contre beaucoup de maisons de facture récente et assez correctement armées ont parfaitement bien résisté », a ajouté le père de Ridder.
Et derrière la gendarmerie, on peut voir une maison presque achevée qui s’est partiellement effondrée. Selon le prêtre de nationalité beige, il s’agit d’erreur technique visible. Près du lac, des maisons récentes ont été sérieusement fissurées. La cause probable, selon le religieux belge, est le caractère encore instable du terrain¸ les bâtisses ont été construites, les murs de clôture effondrés sont légion, a constaté le prêtre jésuite.
Selon le comité de crise de l’archidiocèse de Bukavu, le tremblement de terre a provoqué la mort de 5 personnes et blessé 118 autres. « Il n’est pas exclu qu’il y ait des victimes non encore identifiées, dans les maisons et autres Centres hospitaliers », indique Mgr Bulambo, vicaire général de l’archidiocèse de Bukavu, membre de ce comité. Le nombre des victimes est plus élevé dans le Rwanda pays voisin. Les médias avancent le chiffre de 23 morts et de 250 blessés.
Lors de sa première messe en tant qu’archevêque de Kinshasa, Mgr Monsengwo a au début de la célébration demandé à l’assistance de prier pour leurs compatriotes de Bukavu. Et le prélat a annoncé qu’une partie des offrandes récoltées lors de cette Eucharistie sera destinée à soulager les personnes qui ont été touchées par le séisme dans cette partie du pays.
L’épicentre du séisme, est situé à 20 km au nord de Bukavu. « Il s’agit de l’un des plus importants tremblements de terre jamais enregistré dans la région des Kivu », selon l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG), situé au Nord-Kivu, rapporte l’agence Afp.
« Les gens ont dormi à la belle étoile et c’est seulement maintenant qu’ils rentrent timidement chez eux pour constater les dégâts », écrit l’abbé Justin Nkunzi de la Commission diocésaine Justice et paix de Bukavu. « Mais, toute la nuit et jusque ce matin à 6h05’ , les secousses étaient encore ressenties », a ajouté le prêtre. Ces informations ont été confirmées au téléphone par le père jésuite Michel Lobunda.
La Prospérité
Last edited: 07/02/2008 15:23:35