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Bonjour | 02/12/2008 1:45 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les nouveaux mandataires des entreprises publiques ont reçu de la ministre du Portefeuille les nouvelles orientations du Gouvernement sur la transparence dans la gestion et pour la croissance de leurs activités. Cette réunion avait tout l’air d’une pressante interpel­lation et d’une campagne de moralisation. La représentante... du gouvernement leur a communiqué le con­tenu de la « feuille de route » qu’ils devraient observer tout au long de leur man­dat.

Celle-ci se décline en neuf points : bonne gouver­nance, production des états financiers, maîtrise des dé­ficits, informatisation de la gestion, actions à impact visibles orienté, intégrité, gestion  judi­ciaire, versement des divi­dendes; climat social sain et responsable.

Le front de bataille ouvert par le ministre du Portefeuille consiste à éra­diquer la culture du « par­tage du gâteau », laquelle a fait jusqu’ici des dégâts irréparables dans le secteur des unités appelées à créer des richesses nationales.

Cette fois, l’Etat propriétaire tient à impulser une généra­tion de managers capables de sortir du tunnel les entre­prises publiques menacées de faillite ou de capitaliser davantage la prospérité de celles qui tiennent le cap.

« Ainsi, ne pas éla­borer des prévisions budgé­taires au début de chaque exercice et ne pas produire des états financiers aux échéances réglementaires sont des actes de mauvai­se gestion », dixit Jeannine Mabunda. Selon les statis­tiques du ministère du Por­tefeuille, 22 entreprises sur 55 seulement produisent des états financiers.

Déficits d’exploitations chronique

L’état des lieux indique que la plupart d’en­treprises publiques se sont spécialisées dans la décla­ration des déficits d’exploitations. « Nombre de dirigeants s’estiment, à tort, satisfaits lorsqu’ils arrivent à assurer la paie du personnel, qu’ils considèrent comme prin­cipal, sinon unique critère de performance, peu importe l’état de dégradation de l’outil de production ou l’envolée de l’encours de la dette impayée », s’indigne la ministre du Portefeuille.

D’où, la nouvelle philoso­phie de gestion du patrimoi­ne communautaire devrait se fonder sur la  « crois­sance et le développement multidimensionnels ».

Jeannine Mabunda a pris, dans le tas, quatre cas de manque de vision managériale. « Sonas : ne pas diversifier les produits possibles et ne pas payer de prime en cas de sinistre RVA: ne pas avoir d’eau dans une unité à fort pas­sage international ; OCPT: ne pas améliorer le service des postes à potentiel de rentabilité et avancer de façon désordonnée dans les Télécoms CEEC : ne se concentrer que sur l’experti­se des produits de diamants alors que l’or ou le tantarium sont des ressources addi­tionnelles ».

Les nouveaux indicateurs de performance

Cinq indicateurs de performance devraient dé­sormais guider le travail des nouveaux gestionnaires des sociétés de l’Etat. Ils s’iden­tifient, en définitive, aux cinq chantiers du chef de l’Etat: eau et électricité, infrastruc­tures, éducation, emploi et santé. La « feuille de route »  à suivre par les nouveaux mandataires publics devrait s’étaler sur trois ans et s’ar­ticuler autour des actions à impact immédiat, dont trois en province selon le cas.

Chaque PCA et chaque ADG devraient lutter contre les déficits d’exploitation en vue d’impulser la croissan­ce, informatiser la gestion de leur entreprise, produire des états financiers dans les délais requis, verser des dividendes dus au Trésor public.

Dans l’immédiat, il est question que chaque entreprise  publique affiche sur son site Internet ou portefeuille ses états financiers de 2006 et 2007 avant le 30 avril 2008.

Tolérance zéro

Selon la ministre du Portefeuille, le Premier mi­nistre Gizenga reste attaché à son option de  « tolérance zéro ». Il faut entendre par là que toute faute de gestion serait sévèrement sanctionnée au double plan adminis­tratif et judiciaire.

Et,  afin d’aider les informateurs in­ternes et externes à dénon­cer d’éventuels abus dans la gestion administrative et financière des mandatai­res publics, il doit être insti­tué un dispositif dit « Ligne d’intégrité ». Ce serait un support soit téléphonique, soit électronique permettant aux tiers de communiquer au ministère du Portefeuille tous les actes négatifs des gestionnaires des entrepri­ses publiques en vue de leur exploitation après les investigations d’usage.

L’Etat-providence est-il mort ?

Il a été instamment demandé aux Présidents des conseils d’administra­tion de ne plus s’encombrer des « cabinets politiques ».

Dans leurs bureaux, à organiser hors des entre­prises publiques, ils auront droit à un service réduit de secrétariat   « coordonné par un Assistant à recruter au sein de l’entreprise, parmi les cadres de direction. Il peut, à titre exceptionnel et sur autorisation écrite du ministère du Portefeuille, faire engager avec un con­trat à durée déterminée une seule unité rattachée à son bureau. Cette unité quitte l’entreprise à la fin du mandat du PCA ».

Il dit est aussi que les administrateurs, non membres du comité de gestion n’ont pas de bureau permanent dans l’entreprise.

S’agissant des indemnités de sortie, elles sont fixées à  la hauteur d’un mois de leur rémunération mensuelle pour les PCA et les administrateurs direc­teurs, pour autant qu’ils ne trouvent pas une autre af­fectation au sein des entre­prises publiques. Chaque PCA entrant a droit à une al­location d’installation égale à un mois de rémunération. Les membres des comités de gestion, pour leur part, se conforment aux disposi­tions de l’ordonnance n° 86-202 du 11 juillet 1986.

Les administrateurs délégués généraux et leurs adjoints sortants bénéficient des indemnités de sortie équivalentes à six mois de leur rémunération s’ils ne sont pas réaffectés immé­diatement dans d’autres en­treprises publiques.

La grande question reste de savoir si les bonnes intentions énoncées par la ministre du Portefeuille vont réellement consacrer la rup­ture avec le passé, dans ce pays où la cohabitation en­tre mandataires politiciens et technocrates a souvent été viciée par le trafic d’in­fluence, le clientélisme voi­re gangstérisme politique, l’impunité, le parrainage des mandataires assure de l’impunité.

Au vu de la configuration des conseils d’administrations et des co­mités de gestion, il y a gros à parier que les leçons re­latives à la bonne gouver­nance risquent de connaître des difficultés d’application. Pour ce qui est de la tolé­rance zéro, les Congolais vont commencer à y croire si les prisons accueillent, à bref délai, les détourneurs des deniers  et des biens sociaux, lequel ne vont pas manquer de se manifester dans les semai­nes à venir.

(Milor)

Kimp/le Phare

Last edited: 06/02/2008 16:07:31

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