La guerre n’est pas encore tout à fait déclarée entre les diverses composantes de l’Opposition, mais c’est tout comme si. Au centre des tiraillements qui s’annoncent : la perspective de la désignation du porte-parole du groupe au Parlement.

Contrairement à ce que d’aucuns avancent, la fracture ne se dessine pas seulement entre l’Opposition parlementaire et celle dite extra-institutionnelle. Au sein même de l’Opposition parlementaire, la position du courant majoritaire conduit par le MLC ne semble pas partagée par les autres regroupements. Au centre du des accord, les modalités de l’élection du porte-parole si pour le MLC, la tendance est à privilégier le scrutin à main levée à défaut du consensus, chez les ténors des Chrétiens démocrates la préférence va plutôt au vote secret. En toile de fond de cette querelle de procédure, le cas Bemba Certaines têtes d’affiche de l’Opposition parlementaire redoutant qu’une élection à main levée ne favorise JP Bemba.
En ce sens que certains parlementaires de l’Opposition seraient obligés de voter sous la pression de la dynamique de la salle. Ce combat des coulisses à fleuret moucheté donne à penser qu’il y aura plusieurs candidats au poste de porte-parole. Compte-tenu de l’importance stratégique et protocolaire du poste l’on comprend que des appétits s’aiguisent dans l’opposition.
Si au sein de l’Opposition parlementaire la principale pomme de discorde semble le mode, de vote, au niveau de l’Opposition extraparlementaire, les revendications tiennent à l’implication effective de ce regroupement dans le processus même de désignation du porte-parole de l’Opposition dite extra-institutionnelle exige de participer à l’élection du coordonnateur de l’Opposition.
Impossible, rétorquent les opposants institutionnels, car les textes ne prévoient pas une possibilité pareille. Le corps électoral étant constitué uniquement des députés et sénateurs de l’Opposition. Moralité, estime-t-on au sein de l’Opposition parlementaire, les opposants extra-institutionnels n’ont qu’à présenter leurs candidats.
A l’Opposition extra, on crie à la tentative d’exclusion. L’une des têtes de cette opposition à même argue: “les amis du Palais du peuple cherchent tout simplement à écarter Etienne Tshisekedi de la course”. On l’aura compris, une frange de l’Opposition extra entend jouer la carte Tshisekedi. Même si le leader de l’UDPS n’a pas encore dévoilé ses intentions quant à ce. Là aussi, rien d’étonnant. Contrairement à certains des ses partis satellites l’UDPS n’a pas changé d’un iota sa position vis-à-vis des institutions issues des élections de 2006.

Le parti d’Etienne Tshisekedi, ne reconnaît pas du moins jusqu’ici l’ordre institutionnel en place au motif que le processus ayant débouché sur celui-ci était truffé d’irrégularités. Que va alors faire l’UDPS? Terrible question Participer directement ou indirectement à la désignation équivaudrait pour la Xème Rue Limete de reconnaître la légitimité du pouvoir issu du marathon électoral de 2006. Ne pas s’impliquer dans l’élection du coordonnateur de l’Opposition condamnerait l’UDPS et ses alliés à demeurer totalement en dehors des institutions. Une stratégie qui en Afrique ne s’avère toujours pas payante. Car pour espérer influer notablement sur le cours des choses, il importe de détenir une sphère de pouvoir.
Et plus fondamentalement, le boycott adopté par l’UDPS profite jusqu’ici au MLC et à son leader Jean-Pierre Bemba. D’un rebelle néo-mobutiste, le “Chairman” a gagné en peu de temps, les galons de l’Opposant numéro un au système, du fait notamment de l’absence d’Etienne Tshisekedi. D’un mouvement politico-militaire de création récente, le MLC est aujourd’hui la principale formation de l’Opposition en raison notamment du retrait de l’UDPS.
(Th)
José Nawej/Forum des As
Last edited: 05/02/2008 17:10:07