L’immoralité et les anti-valeurs ont aujourd’hui trouvé leur canal de distillation via la musique dite de la troisième génération. L’amorphisme de l’autorité nationale et provinciale y est pour beaucoup !

Contrairement à ses jeunes collègues JDT Mulopwe, Ferre Gola Bataringe, Chair de poule, Didier Lacoste..., Kalonji Bill Clinton a opté pour un nouveau style de musique, à savoir l’obscénité et les insanités. Après les albums « Kizoba zoba et Palpitation totale » qui sont passés presque inaperçus, il a décidé d’emboîter les pas à ses aînés J-B Mpiana, et Werrason dans la dépravation des mœurs. Il a, ainsi donc, largué « Bompikiriki », un single en faveur de son sponsor officiel.
Etant donné que l’immoralité se porte à merveille en République démocratique du Congo, ce single d’une obscénité révoltante, est, curieusement assez adulé des jeunes Kinois. Tous sexes confondus. Se débarrassant de tous ses gants, le patron des Samouraïs se déchaîne: « Biloko ya mama, ezalaka elengi na nzoto ya papa ! Biloko ya papa, ezalaka elengi na nzoto ya mama ! Biloko ya Loli, ezalaka elengi na nzoto ya Christian !.. .Caleçons ya bango na bikini petepete ! Bazalaka lolendo ya pamba, bikidi petepete !... ». pour les fêtes de fin d’année, Bill Clinton prépare encore une bombe impudique.
« Yak’otia et Visa bomengo » : une apologie de l’obscénité
S’inspirant des aînés du clan Wenge et tirant toutes les leçons de l’amorphisme des autorités provinciales face à l’obscénité toujours croissante dans la musique, ce jeune Congolais d’en face a largué « Fuga Fuga Yakotia », une véritable apologie de l’obscénité qui n’a non à voir avec la musique. « Ce matin, ce matin, Ah, Ah, Ah ! Nalobi na ye : Petite, kota na ndako ! Petite akoti na ndako, akoti na ndako ! Nalobi lisusu: Petite, kota na chambre ! Petite akoti na chambre, akoti na chambre ! Nabule lisusu: Petite, longola forme ! Petite alongoli forme, alongoli forme ! Nabule lisusu Petite, longola kadi Petite alongoli kadi, alongoli kadi Nasala ye nini ? Saduku ! Ale, matisa ye likolo ! Ale, kitisa ye likolo !.. ». Est-ce là la musique ? Quelle leçon morale peut-on en tirer ?
Pour sa part, Mabele Elesi fait l’apologie du sexe féminin, lequel est considéré comme un visa pour acquérir des voitures, des parcelles; pour arracher un voyage en Europe... Un véritable appel à la prostitution, à l’infidélité conjugale, tout en bravant la pandémie du siècle à savoir le VIH/sida: « Bolingo ya motema oooh ! Mabanzo mpe l’amour oooh ! (x2). Tika ngai na loba eeeh ! Tika ngai na panza oooh ! Eloko oleki diamant, yango oyo ! Esomba lopango, yango oyo! Esomba mpe mituka, yango oyo ! Poto mpe mikili, yango oyo ! Bakolo mbonda, biso oyo ! Bakolo dongodongo (spermatozoïdes), biso oyo ! Topanza sango na eloko oyo ! Toloba vérité na eloko oyo ! Ba mama ya Zando, yango oyo ! Ba mama ya Gambela yango oyo ! Ba mama ya moziki, yango oyo !
JB Mpiana-Werrason:quel modèle pour la jeunesse !
De par sa définition, la musique est appelée à adoucir les mœurs, à lui prodiguer des sages conseils. Quel héritage ces deux stars de la musique congolaise vont-elles léguer à des générations futures ? L’immoralité ? Les anti-valeurs ?
La Commission de censure : une institution de facto !
A savoir ce qui se passe dans notre pays, et plus particulièrement à Kinshasa, il y a lieu de se poser un certain nombre de questions. La première question est celle de savoir s’il existe, en République démocratique du Congo, une Commission de censure. S’agit-il d’une Commission de censure ou d’une commission d’accompagnement de l’obscénité ? Et comment fonctionne-t-elle ? Intervient-elle en aval ou en amont? En d’autres termes, la censure des chansons et des clips se fait-elle avant la sortie des œuvres ou après que celle-ci soient déjà sur le marché des disques ?
En effet, il est inconcevable que les artistes musiciens s’adonnent à cœur joyeux à la dépravation des mœurs, à l’impudicité, à l’obscénité, aux insanités au vu et au su de toutes les autorités, de toutes les institutions. Feu Grand Franco Luambo Makiadi fut écroué au CPRK (ex-prison centrale de Makala) à cause des chansons impudiques : « Hélène et François ». Quelques années plus tard, Antoine Koffi Olomide et Nyokalongo avaient subi le même sort à cause de la danse « Etutana, yango na yango », laquelle, pour rappel se chante comme suit : « Etutana, yango na yango! (x2). Etutana, etutana, etutana, Ah ça c’est bon ça !
Avec ce dérapage, mieux cette dérive spectaculaire de notre musique, il devient impératif de rééduquer nos musiciens. Il faut leur apprendre des notions élémentaires de la moralité, de la pudeur. La meilleure façon de rééduquer, c’est envoyer au CPRK.
Les autorités du pays doivent rouvrir les portes de la prison à nos stars qui veulent faire de l’immoralité, de l’obscénité, un nouveau style de musique. Imaginez vous un jeune garçon qui danse le « Ngorido ou le Lidusu » avec tous les gestes devant sa maman. Ou encore une jeune fille en train de tourner ses postérieures avec « Lopele » devant son père. Quelle jeunesse préparons-nous pour notre relève ! 0 tempora, 0 mores !
(Ern.)
Michel LUKA/Le Phare
Last edited: 02/02/2008 13:03:25