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Bonjour | 17/05/2008 5:31 | English Make DC Home page | RSS feed

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Il n’y a jamais eu de problème avec Adamo, Thylon et Mondial et tous les autres anciens. Quant à ceux de ma génération, je peux comprendre qu’ils se posent des questions sur ma promotion à la tête du groupe des recrues à Kinshasa. L’avenir de l’orchestre Zaïko Langa Langa va peut-être se jouer dans les jours à venir avec le retour annoncé de longue date à Kinshasa de son leader Jossart Nyoka Longo, mais surtout celui du fils prodigue Lola Mwana, ce chanteur devenu un élément majeur du groupe. Son professionnalisme tranche avec le dilettantisme et la suffisance de certains de ses collègues. Afriqu’Echos Magazine (AEM) a interrogé Lola Mwana sur ce retour annoncé, l’envergure qu’il a prise au sein de l’orchestre, ses rapports avec d’autres musiciens du groupe et son propre avenir et celui du groupe.

AFRIQUECHOS.CH (AEM) : Des sources proches de Zaïko Langa Langa parlent de votre retour imminent à Kinshasa. On parle même du 2 février 2008.

LOLA MWANA (L.M) : J’ai effectivement déjà réservé mon vol auprès d’une agence à Paris pour le samedi 2 février. Mais, à ce jour, il reste certaines choses à régler avec Papa Jossart (Nyoka Longo) qui a promis de m’appeler et de me recevoir à Bruxelles pour mettre toutes les choses au point. En dehors de cela, j’attends aussi des nouvelles du producteur de l’album RencontreS pour mes royalties.

AEM : Avant le retour au pays, auriez-vous réglé votre situation de séjour en France comme beaucoup de vos collègues ?

LM : Je ne souhaite pas m’installer en Europe. Ça serait signer ma mort artistique comme c’est le cas pour beaucoup de mes collègues. J’ai mon passeport avec un visa renouvelable tous les six mois, que j’obtiens chaque fois que j’en fais la demande, avec, à l’appui, une attestation de prise en charge. C’est ainsi que je peux aller et revenir comme je veux. Je n’ai donc pas besoin de papiers de séjour d’ici. Je suis père de famille ; ma femme et mes enfants sont à Kinshasa. C’est une raison de plus pour ne pas m’exiler.

AEM : On comprend que vous soyez l’un des rares à rentrer au pays.

LM : C’est vrai ! Beaucoup de mes camarades ne vont peut-être pas rentrer. Ils ont obtenu leur carte de séjour et vaquent à d’autres occupations. La musique ne les intéresse pratiquement plus. Or, moi, je suis né artiste musicien ; je ne me vois en tout cas pas faire autre chose que la musique.

AEM : À Kinshasa, vous avez travaillé avec un groupe de nouvelles recrues et ici en Europe, avec l’équipe de base. Avez-vous senti la différence entre les deux groupes et à quel niveau ?

LM : Les jeunes que j’ai recrutés et encadrés à Kinshasa sont beaucoup plus motivés et prennent leur travail au sérieux. Ils sont toujours présents et viennent à l’heure aux répétitions. Ils veulent faire la musique et pas autre chose. Ils s’impliquent à fond et ne comptent pas les heures. Votre reporter à Kinshasa (Kapo) a d’ailleurs pu le constater lors de nos répétitions. Ce n’est pas pareil avec mes collègues d’ici qui ne viennent aux répétitions que quand ils ont le temps car ils ont un boulot rémunéré à 800 € ou 600 € voire plus. Ce n’est pas le cas pour moi. La musique ne rapporte pas forcément dans l’immédiat et demande beaucoup de patience et de sacrifices. Il faut vraiment l’aimer passionnément pour pouvoir la pratiquer…

AEM : L’encadrement du groupe à Kinshasa, c’est vous ; un clip dans le nouvel album, des va et vient à Kinshasa…vous êtes, en quelque sorte, l’enfant gâté du groupe par rapport à ceux qui vous ont précédé. Cela pourrait faire des jaloux …

LM : Absolument ! Beaucoup se demandent pourquoi je jouis par exemple de ce privilège de voyager aux frais du groupe notamment quand je suis parti travailler sur le nouvel album avec ceux de Kinshasa. Mon charisme et mes talents pourraient faire des jaloux, c’est possible, c’est humain mais Papa Jossart fait tout pour que le climat reste sein au sein de l’orchestre. Le fait aussi que je vive en France contrairement à quasiment tous les collègues permet d’éviter des accrochages inutiles.

AEM : Logiquement avec les anciens, il devrait y avoir moins de risques de friction

LM : Tout à fait ! Il n’y a jamais eu de problème avec les vieux, notamment Adamo, Thylon et Mondial et tous les autres anciens du groupe qui m’ont plutôt facilement adopté. Quant à ceux de ma génération, je peux comprendre qu’ils se posent des questions sur ma promotion à la tête du groupe des recrues à Kinshasa. Le fait aussi de me voir en vedette sur scène et surtout à l’aise aussi bien au chant qu’à la basse, à la batterie, aux claviers, aux congas pourrait donner l’impression d’une prise de pouvoir… Je suis simplement un artiste complet.

AEM : Le nouvel album RencontreS dans lequel vous avez signé un titre est plutôt un excellent produit, mais la promotion ne semble pas suivre

LM : Depuis la sortie de cet album, qui a été plutôt bien accueilli par les amateurs de la bonne musique, en effet, rien n’a été fait pour assurer sa promotion, ce qui est bien dommage. Le tournage des clips de l’album se fait toujours attendre ; Chebli et la maison Wedoo Music n’ont pas fait grand’chose et le producteur devrait réagir.

AEM : Et vous les artistes qu’avez-vous donc déjà fait ou que faites-vous ?

LM : Comme je l’ai déjà souligné, la plupart de mes collègues s’intéressent très peu à ce qui touche aux activités du groupe à part les concerts. Ils n’ont pas le temps, et peut-être pas la motivation d’assurer la promo de l’album. Pour ce qui me concerne, je fais de temps en temps des play-back mais, c’est clair que tout seul, je ne peux déplacer les montagnes. Puisque les jeunes de Kin sont beaucoup plus motivés, c’est avec eux que je compte y travailler. Avec mon retour et celui de Papa Jossart dans les semaines qui vont suivre, je suis sûr que la promotion au niveau de Kinshasa aura un retentissement en Europe et ailleurs. Cela va, à coup sûr, propulser l’album RencontreS aux sommets des hits.

Jossart Muanza (AEM)/MMC

Last edited: 01/02/2008 17:43:12

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