Des musiciens congolais expriment leur désapprobation suite à l’incarcération d’un de leurs collègues Evoloko Atshuamo, estiment qu’il ne mérite pas ce sort alors que l’«immunité artistique » n’existe pas.

Beaucoup des musiciens congolais parmi lesquels de grosses pointures sont montés au créneau pour protester à travers les déclarations à la télévision après la décision du juge d’incarcérer l’un des leurs, Evoloko Atshuamo au centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa « Cprk »(ex prison de Makala) où depuis quelques jours il médite sur les faits qui lui sont reprochés par la justice (Cfr article n° 2 Musique Digital Congo.net).
La grande question que l’opinion se pose suite à cette réaction des faiseurs congolais de l’art d’Orphée est celle de savoir si les musiciens sont des intouchables et peuvent tout se permettre, ou encore sont au dessus de la loi, comme si l’exception aux poursuites judiciaires dite « immunité » faite à certaines personnalités comme les parlementaires, les diplomates à cause de leur statut, qui d’ailleurs à certaines exceptions peut être levée les concerne aussi. Non, l’« immunité artistique » n’existe pas.
C’est ainsi que même dans les pays de vieille démocratie, plusieurs artistes ont fait l’objet des poursuites. C’est le cas aux Etats- Unis, du pugiliste Mike Tyson qui a passé des moments en prison pour les mêmes faits que ceux reprochés à « La Carte qui Gagne », après un procès très médiatisé. Et que dire, dans ce même pays, de Michael Jackson, l’une de stars, ou de plus grandes célébrités de la planète qui a lui aussi connu ces dernières années de moments de tourments dans sa vie, à cause d’un « acharnement judiciaire » pour les faits de pédophilie bien qu’ayant été par la suite élargi.
En France, notre compatriote Papa Wemba n’a pas lui aussi échappé à la justice française, en dépit du fait qu’il a conquis les cœurs des mélomanes. Il était poursuivi pour « trafic d’êtres humains ».
Mais ce n’est pas tout. Ya Jossart Nyoka Longo en ce qui le concerne lui aussi garde encore frais dans sa mémoire les jours qu’il a passés à la prison de Forest en Belgique. La justice ce pays ne l’a pas épargné. Pourtant « Le vieux bombas » est à la tête d’un groupe, Zaïko, l’un des plus populaires de la Rdc qui a fait danser même les Belges.
Chez nous, Franco Luambo Makiadi, paix à son âme, l’un de grands monuments de la musique congolaise moderne, a aussi séjourné en prison pour avoir exploité dans l’une de ses chansons des «histoires » contraires à nos mœurs.
Donc nos compatriotes musiciens devront savoir que le fait que l’on soit star ne signifie pas que l’on peut enfreindre à la loi et une infraction reste une infraction quelque soit la qualité ou le statut de la personne qui l’a commise. Mais pourquoi alors beaucoup d’entre eux se prennent pour de petits dieux ? Pourquoi commettent- ils volontairement certaines infractions à la loi établie alors qu’ils devaient servir d’exemple, de modèle pour notre société.
La justice devra aller loin parce que le cas Evoloko n’est qu’un cas isolé parmi tant d’autres que le public ainsi que les médias ont à plusieurs reprises décrié et dénoncé.
Sinon comment des véhicules, appartenant à certains musiciens peuvent circuler sur le territoire congolais avec des immatriculations françaises, belges … ou avec des plaques minéralogiques portant le noms de leurs propriétaires ou encore, pire, sans immatriculation alors que les lois du pays interdissent cette pratique ? Combien de musiciens ont oublié leur devoir social qui est celle d’éduquer la population. Au contraire ils contribuent d’une large part, à la dépravation des mœurs en distillant des insanités dans leurs œuvres discographiques, en faisant des gestes peu recommandables ou encore en exposant les parties intimes du corps des filles qu’ils utilisent comme danseuses alors qu’eux- mêmes s’habillent plus ou moins (c’est selon) correctement.
En tant que musicien, Evoloko doit-il purger sa peine ? Oui si les faits qui lui sont reprochés sont vérifiables. Et vous qu’en dites- vous ? Réagissez à la rédaction de Digitalcongo.net en écrivant à bonitsala@yahoo.net.
Mais l’incarcération de Evoloko Atshuamo, cet artiste que nous aimons beaucoup à cause de sa belle musique et loin de nous réjouir du malheur qui le frappe, c’est une pilule amère, difficile à avaler pour les musiciens. Mais ces derniers doivent tout de même accepter de l’avaler même si cela touche à l’honneur d’un des leurs et à toute leur corporation . Au lieu de chercher à défendre l’indéfendable, ils doivent tout faire pour changer leur manière de se conduire en adoptant des comportements exemplaires. L’humilité ne réduit pas le succès et le succès n’est pas une raison pour commettre des dérapages. De même qu’ils doivent se pencher sur le sort de leur collègue, en se solidarisant avec lui par des visites, des exhortations et d’autres actions de bienfaisance compte tenu de sa situation…et non en s’opposant à la décision du juge. Oui. Entre –temps une question reste posée : A qui donc le prochain tour ?
B. Tsala/MMC
Last edited: 01/02/2008 17:41:59