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Bonjour | 20/11/2008 11:31 | English Make DC Home page | RSS feed

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Trop, c’est trop. La musique congolaise est devenue le champ clos où les artistes musiciens se livrent impunément aux atteintes aux bonnes mœurs, sous la barbe et au nez des pouvoirs publics ! Réaction tardive, mais salutaire quand même, de la Commission de censure. La Commission nationale de censure des chansons et spectacles vient d’Inter­dire toute diffusion et pré­sentation publique des cris : « Lidusu, towuta na lidusu, tokotaka na lidu­su, sakana na lidusu... » de l’orchestre Wenge Mai­son Mère de Noël Ngiama Werrason, « Kamata ngon­do, nakobamba ngondo, ezo kota, ezo bima... » de Wenge BCBG de J-B Mpiana Tshituka, ainsi que la chanson « Yako tia » de DJ Ouasama.

Tout en saluant cette décision courageuse de notre Commission nationale de censure, nous déplorons, toute­fois, ce réveil très tardif de cet organe national de régulation des mœurs dans la musique et les spectacles. Ces danses et cris très obscènes ont été largués sur le marché des disques à la fin du dernier semestre de l’année 2007. Ils ont eu suffisamment de temps, comme l’épidé­mie d’Ebola, de faire des dégâts aussi bien à la Foi­re internationale de Kins­hasa (FIKIN) que lors des festivités de fin d’année, à la Noël et au Nouvel an, ils continuent, d’ailleurs, leur oeuvre destructrice des mœurs auprès des mélomanes, tous les âges et tous les sexes confon­dus..

Les mélomanes ont eu assez de temps pour se procurer des ban­des cassettes, les CD et DVD, originaux comme piratés. Des concerts en live, en direct ou en différé sur des chaînes de télévi­sion ...ont déjà désabusé les bonnes consciences. Dans des nganda, des bars, des night clubs, voire même des fêtes et autres retrait de deuil, ces cris et danses obscè­nes figurent toujours au menu. Les jeunes filles et garçons maîtrisent déjà les textes et les pas de danse. Et c’est alors que vient tomber la décision de la Commission natio­nale de censure.

La question qu’il convient de se poser est celle de l’impact d’une telle décision si tardive, comme les camions anti incendie de la ville de Kinshasa. Est-ce une fa­çon, pour cette Commis­sion, de se dédouaner aux yeux du public. Surtout qu’elle est accusée de complicité et d’accompa­gner les insanités et obs­cénités.  Mieux vaut tard que jamais, certes, mais n’oublions pas qu’un petit retard dans l’administration des soins de santé peut entraîner la mort d’un patient.

Loin d’être contre tel ou tel orchestre, tel ou tel leader, le quotidien de l’avenue Lukusa n’a fait que son devoir d’éveil de conscience, de rappel à l’ordre. Savez-vous que DJ Ouasama a encore largué sur le marché un nouveau tube intitulé : « Masoko », entendez  « les fesses ».

Un père de famille indigné

Monsieur l’Editeur,

A travers vous, je salue le journaliste Michel LUKA que je ne connais pas, mais qui, au fait, dans sa pensée insondable, mène une lutte âpre pour la réeducation de notre jeu­nesse et le classement de bonnes mœurs dans le social, par son article cité supra paru dans votre édition du mardi 17 décembre 2007. L’obs­cénité est bien là, en gros plan. Les insani­tés déversées sur nos enfants par des stars de notre musique m’in­dignent au plus haut point. Il est désolant de constater que certaines mesures préventives prises par certains mi­nistres pour suspendre quelques chaînes de télé­visions afin de juguler ce fléau sont mal vues.

A la lecture de l’ar­ticle visé, l’interpellation me va tout droit au coeur en tant que responsable de l’éducation et de l’en­cadrement des enfants. Je vous demande de ne pas relâcher un seul ins­tant ce combat qui sera long et dur. Nous, parents, sommes derrière votre journal pour changer aussi les mentalités chez nos musiciens qui, au lieu d’éduquer et d’instruire par la chanson, tirent nos mœurs vers le bas, en les maintenant constamment en-dessous de la ceinture.

Vous parlez de l’immobilisme des autorités face à l’obscénité toujours montante dans notre musique et de l’irresponsabilité de la commission de censu­re, mais non c’est plus vrai. A quel niveau doit intervenir la censure? N’est-ce pas en amont ? Hélas, ici, il n’y a cen­sure ni en amont, ni en aval. C’est le  règne de la licence. N’est-ce pas un crime contre la soc­iété que de fermer les yeux devant l’apologie du sexe dans la musi­que congolaise? Patriotiquement et co­lériquement vôtre...

(Th)

Michel LUKA/ Papa Etienne/Le Phare

Last edited: 01/02/2008 16:09:40

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