Trop, c’est trop. La musique congolaise est devenue le champ clos où les artistes musiciens se livrent impunément aux atteintes aux bonnes mœurs, sous la barbe et au nez des pouvoirs publics ! Réaction tardive, mais salutaire quand même, de la Commission de censure.

La Commission nationale de censure des chansons et spectacles vient d’Interdire toute diffusion et présentation publique des cris : « Lidusu, towuta na lidusu, tokotaka na lidusu, sakana na lidusu... » de l’orchestre Wenge Maison Mère de Noël Ngiama Werrason, « Kamata ngondo, nakobamba ngondo, ezo kota, ezo bima... » de Wenge BCBG de J-B Mpiana Tshituka, ainsi que la chanson « Yako tia » de DJ Ouasama.
Tout en saluant cette décision courageuse de notre Commission nationale de censure, nous déplorons, toutefois, ce réveil très tardif de cet organe national de régulation des mœurs dans la musique et les spectacles. Ces danses et cris très obscènes ont été largués sur le marché des disques à la fin du dernier semestre de l’année 2007. Ils ont eu suffisamment de temps, comme l’épidémie d’Ebola, de faire des dégâts aussi bien à la Foire internationale de Kinshasa (FIKIN) que lors des festivités de fin d’année, à la Noël et au Nouvel an, ils continuent, d’ailleurs, leur oeuvre destructrice des mœurs auprès des mélomanes, tous les âges et tous les sexes confondus..
Les mélomanes ont eu assez de temps pour se procurer des bandes cassettes, les CD et DVD, originaux comme piratés. Des concerts en live, en direct ou en différé sur des chaînes de télévision ...ont déjà désabusé les bonnes consciences. Dans des nganda, des bars, des night clubs, voire même des fêtes et autres retrait de deuil, ces cris et danses obscènes figurent toujours au menu. Les jeunes filles et garçons maîtrisent déjà les textes et les pas de danse. Et c’est alors que vient tomber la décision de la Commission nationale de censure.
La question qu’il convient de se poser est celle de l’impact d’une telle décision si tardive, comme les camions anti incendie de la ville de Kinshasa. Est-ce une façon, pour cette Commission, de se dédouaner aux yeux du public. Surtout qu’elle est accusée de complicité et d’accompagner les insanités et obscénités. Mieux vaut tard que jamais, certes, mais n’oublions pas qu’un petit retard dans l’administration des soins de santé peut entraîner la mort d’un patient.
Loin d’être contre tel ou tel orchestre, tel ou tel leader, le quotidien de l’avenue Lukusa n’a fait que son devoir d’éveil de conscience, de rappel à l’ordre. Savez-vous que DJ Ouasama a encore largué sur le marché un nouveau tube intitulé : « Masoko », entendez « les fesses ».
Un père de famille indigné
Monsieur l’Editeur,
A travers vous, je salue le journaliste Michel LUKA que je ne connais pas, mais qui, au fait, dans sa pensée insondable, mène une lutte âpre pour la réeducation de notre jeunesse et le classement de bonnes mœurs dans le social, par son article cité supra paru dans votre édition du mardi 17 décembre 2007. L’obscénité est bien là, en gros plan. Les insanités déversées sur nos enfants par des stars de notre musique m’indignent au plus haut point. Il est désolant de constater que certaines mesures préventives prises par certains ministres pour suspendre quelques chaînes de télévisions afin de juguler ce fléau sont mal vues.
A la lecture de l’article visé, l’interpellation me va tout droit au coeur en tant que responsable de l’éducation et de l’encadrement des enfants. Je vous demande de ne pas relâcher un seul instant ce combat qui sera long et dur. Nous, parents, sommes derrière votre journal pour changer aussi les mentalités chez nos musiciens qui, au lieu d’éduquer et d’instruire par la chanson, tirent nos mœurs vers le bas, en les maintenant constamment en-dessous de la ceinture.
Vous parlez de l’immobilisme des autorités face à l’obscénité toujours montante dans notre musique et de l’irresponsabilité de la commission de censure, mais non c’est plus vrai. A quel niveau doit intervenir la censure? N’est-ce pas en amont ? Hélas, ici, il n’y a censure ni en amont, ni en aval. C’est le règne de la licence. N’est-ce pas un crime contre la société que de fermer les yeux devant l’apologie du sexe dans la musique congolaise? Patriotiquement et colériquement vôtre...
(Th)
Michel LUKA/ Papa Etienne/Le Phare
Last edited: 01/02/2008 16:09:40